Après des années de croissance effrénées, Porsche doit changer de business. Depuis plusieurs années, la marque fondait sa rentabilité sur une production de plus en plus soutenue (plus de 300.000 voitures) et la multiplication des modèles. Mais ces derniers mois, la recette à succès a tourné court : les ventes se sont effondrées en Chine et les droits de douane américains ont plombé les revenus.
Pour retrouver sa rentabilité, le constructeur a lancé un plan de redressement baptisé « Sportwagenschmiede ‘35 ». Il prévoit que la marque gagne davantage avec moins de voitures. Elle fixe désormais son seuil de rentabilité sous 200.000 véhicules par an et vise une marge opérationnelle de 10 à 15 % à moyen terme. Elle prévoit aussi de relever de 20 % le prix moyen de ses modèles les plus chers et de multiplier par six le chiffre d’affaires de son programme de personnalisation Sonderwunsch. Last but not least, Porsche ne veut plus miser que sur la 911 comme modèle emblématique en sortant une nouvelle supercar qui, cette fois, ne serait pas limitée en exemplaires.
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Mission S.
— Porsche (@Porsche) October 16, 2026
Everything a sports car needs. Nothing more. pic.twitter.com/dWYXVnPHcQ
Un air de famille
Cette supercar existe déjà sous forme de concept : la Mission S a été dévoilée le 15 octobre à Queens. Sur le papier, le moteur est positionné en place centrale arrière juste derrière le conducteur et devant l’essieu arrière, ce qui contribue à équilibrer les masses. Ça donne évidemment une silhouette et un pavillon bas et une carrosserie large qui intègre un aileron actif. Porsche indique s’être inspirée de son histoire : la face avant rappelle la GT1, le toit de la 959, le ventilateur, la 917 et les jantes, la 928. À l’intérieur, la marque renonce à l’écran central et mise sur des boutons physiques et un compte-tours analogique. Tobias Sühlmann, chef du design, signe ici son premier concept seulement 8 mois après la demande d’un modèle à placer au-dessus de la 911 par le nouveau patron, Michael Leiters.
Mais quel moteur pour cette supercar ? C’est encore un mystère. Porsche a d’emblée écarté l’électrique, car Michael Leiters juge la demande inexistante dans ce segment. Mais il ne donne ni puissance, ni prix, ni date d’arrivée. La motorisation fait débat. Certaines sources évoquent une architecture compatible avec le thermique, l’hybride et l’hybride rechargeable tandis que d’autres avancent un moteur thermique seul. Un renfort électrique pour la puissance – comme sur la 918 – est plausible, mais rien ne le garantit non plus. Quant à la plateforme, Porsche la dit « nouvelle », sans préciser si elle est partagée avec Audi ou Lamborghini.
Pas une hypercar ?
Face à une supercar, on pense à un prix qui donne le vertige, surtout avec l’habitude de Porsche d’en faire des séries limitées. Sauf que la marque a indiqué qu’elle serait probablement une offre permanente au sein de la gamme. Si aucun prix n’a été avancé, des sources évoquent un tarif de 500.000 dollars (433.400 euros). On est donc loin du ticket d’entrée d’une Carrera GT (381.400 euros à l’époque, mais 680.200 euros aujourd’hui avec correction de l’inflation) ou d’une 918 Spyder (732.400 euros en 2013, ce qui équivaudrait à 1.059.400 euros aujourd’hui). La Mission S coûterait donc 36 % de moins que la Carrera GT et 59 % de moins que la 918, ce qui s’explique aussi par le fait qu’elle ne sera pas une hypercar. La Mission S sera-t-elle un coup gagnant ? À suivre...
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