Présenté à Bologne pendant le salon Auto e Moto d'Epoca, le 31e Classic Car Auction Yearbook passe au crible les ventes aux enchères internationales de septembre 2025 à août 2026. Verdict : environ 9.000 voitures vendues sur 11.800 proposées, pour un total record de 3,5 milliards de dollars, soit plus de 3 milliards d'euros. La hausse est spectaculaire, après trois saisons scotchées entre 2 et 2,2 milliards de dollars… Bref, tout va bien alors ?
Pas tout à fait et vous l’aurez peut-être remarqué si vous avez essayé de vendre une voiture des Trente Glorieuses, voire, tout simplement, une voiture ancienne relativement « ordinaire ». En effet, les chiffres impressionnants cités ci-dessus sont à largement nuancer, car on y compte la bagatelle de… 536 voitures dépassant le million de dollars ! Rien que ça : c’est tout simplement presque deux fois plus que l’année passée. Et ces voitures « millionnaires » pèsent à elles seules 53 % du montant total… Plus fort encore ? Les 7.660 autos restées sous la barre des 200.000 dollars n'en représentent que 16 %, soit autant que les 28 monstres sacrés partis au-delà de 10 millions.
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À Bologne, les anciennes sous 50.000 € boivent la tasse
Gagnant constamment en renommée, le salon bolonais (qui s’est tenu du 22 au 25 octobre) a aligné plus de 5.000 véhicules, avec une forte hausse (30 %) des exposants étrangers et des visiteurs internationaux, venus de 34 pays. Toutefois, les organisateurs restent lucides face au secteur et décrivent un marché actif et « plus sélectif ». En clair, sur le segment du haut de gamme et du très haut de gamme, les voitures partent comme des petits pains, tandis que les voitures affichées sous 50.000 € encaissent plus durement les difficultés économiques. Ce qui a la cote en ce moment ? Ce qui sort de l’ordinaire, à savoir les modèles rares, les séries limitées et même les hypercars contemporaines !
Pourquoi l'ancienne ordinaire coince ?
On peut y voir une raison bassement matérielle : lorsque les conditions économiques ne sont pas favorables, c’est le budget loisir qui trinque en premier ! En clair, lorsqu’un amateur lorgne sur un spider italien à 25.000 €, il puise dans son budget réservé aux loisirs, le premier sacrifié quand le ménage fait face à de grosses factures, comme en période de grosse inflation. C'est précisément ce segment de voitures que les organisateurs disent plus exposé. A contrario, le collectionneur qui s'offre une F40 joue dans une autre division…
L’autre raison est générationnelle et nous l’avons déjà largement évoquée : selon le Yearbook, les voitures produites depuis 2000 et les « instant classics » (soit ces modèles collectors dès leur sortie d’usine), pèsent désormais 48 % du total. Les icônes des années 1950 et 1960 stagnent ou reculent, surtout les modèles produits en nombre. Certains modèles ont même vu leur prix divisé par deux !
Dernière raison probable : l’acheteur a l’embarras du choix ! Xavier Molenaar d’Oldtimerfarm nous l’expliquait récemment : de nombreux collectionneurs ont décidé de se séparer de leur collection entière, ce qui a noyé le marché. Et au salon de Bologne, c’était un peu la même histoire : avec des milliers d'autos dans les mêmes halls, le client peut comparer, temporiser et négocier !
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Toutefois, ici encore, il reste évidemment de très belles exceptions. Les organisateurs expliquent ici aussi qu’il reste une vraie demande pour des exemplaires en parfait état, quel que soit leur âge ou leur prix. Celle qui souffre, c’est la voiture moyenne dans un état moyen...
Pour l'acheteur ? Plutôt une bonne nouvelle !
Pas besoin d’avoir étudié à Solvay pour comprendre que le rapport de force penche du côté de l’acheteur. Il a le choix, il peut généralement bien négocier son prix et prendre son temps pour trouver la perle rare qui a toutes les bonnes factures et l’état qui va avec ! Le marché des anciennes ne s'effondre pas : il se coupe en deux.
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