Jeune enfant, mon papa m’emmenait souvent sur des rassemblements de véhicules anciens. À force, mon ouïe a fini par s’affiner : au staccato sourd, je savais qu’une grosse américaine arrivait sur le parking. Au feulement feutré mais puissant, j’hésitais parfois entre une belle Jaguar ou une BMW plus moderne. En revanche, pas de doute lorsqu’un « flap-flap-flap » se manifestait : c’était cette grosse bouboule reconnaissable entre mille, la Volkswagen Coccinelle ! Dès lors, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir qu’en fait, non, c’était quelque chose d’autrement plus avenant, sportif et sexy ! Bref, la Volkswagen Karmann-Ghia m’a longtemps intrigué. On la découvre ensemble ?
Des relents italiens
Long capot, ligne basse, ailes délicatement galbées, vitrage panoramique : la VW Karmann-Ghia semble tout droit sortie d’un studio italien. Ce qui n’est pas totalement faux, même si Karmann est un carrossier… allemand ! Déjà en charge de la production des cabriolets Coccinelle, celui-ci imagine un coupé plus sportif reposant sur la même base. Il faut dire que la plateforme de la Coccinelle se prête facilement aux rhabillages… Du concept à la route, il n’y a qu’un pas, ou presque : le dessin est signé Ghia, à Turin (nous y voilà…), tandis que la production démarre en 1955 à Osnabrück et se poursuivra jusqu’en 1974 pour le coupé. Vous la préférez sans toit ? Un cabriolet apparaît dès 1957.
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Une Coccinelle en smoking
Techniquement, la Karmann-Ghia reprend la base de la Coccinelle, avec moteur arrière refroidi par air. Les premières versions doivent donc se contenter d’un modeste 1.192 cm³ de 30 ch ! Bref, il ne s’agit pas d’une sportive, mais la Karmann-Ghia n’a jamais prétendu être la Porsche du pauvre ! Son truc à elle, c’est plutôt l’élégance. Au fil des années, les moteurs évoluent avec ceux de la Coccinelle : 1.200, 1.300, 1.500 puis 1.600 cm³, avec des puissances qui finiront par flirter avec les… 50 chevaux.
Coupé, cabriolet… et Type 34
Le modèle le plus connu, c’est le Type 14, disponible en coupé et en cabriolet. Bon à savoir : en 1961, une version Type 34 est lancée sur base de Volkswagen Type 3. Plus grande, plus anguleuse, plus rare, elle séduit un peu moins… Bon à savoir également, cette dernière n’existe pratiquement qu’en coupé, car seuls 16 cabriolets Type 34 furent produits !
Les plus désirables ? Comme souvent, les premiers exemplaires, dits Lowlight, produits jusqu’en 1959 et reconnaissables à leurs phares placés plus bas et à leurs formes encore plus douces.
À conduire ?
Sur la route, on s’en doute, les sensations rapprochent très fort la Karmann-Ghia de la Coccinelle. La direction est légère, la visibilité excellente, l’ambiance délicieusement vintage et le moteur arrière fait son petit bruit de machine à coudre. Le 1200 est anémique, mais les 1500 et 1600 se prêtent volontiers à la conduite sur le couple.
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Les modèles de la fin des années 60 sont les plus faciles à vivre, avec notamment des freins avant à disque, une installation électrique en 12 volts et des évolutions mécaniques bienvenues.
Ce qu’il faut absolument surveiller
Le vrai sujet, ce n’est pas le moteur, qui est archi-connu et ultra-robuste. Vous l’aurez compris, c’est la corrosion : inspectez les longerons, planchers, passages de roue, bas de caisse (surtout sur le cabriolet), baie de pare-brise, fond de coffre avant, supports de batterie… À l’instar de nombreuses Volkswagen refroidies par air, de nombreux exemplaires ont été personnalisés avec le temps. Cela va du moteur gonflé à la suspension rabaissée, en passant par des jantes ultra-larges. Bien entendu, tout ceci n’est pas toujours très légal… Ni simple à revendre ! Heureusement, les pièces sont, pour la plupart, faciles à trouver.
Combien ?
Si la base est prolétaire, les prix ne le sont plus du tout ! Comptez près de 20.000 euros pour un véhicule en bon état de fonctionnement… Les cabriolets ne cotent pas beaucoup plus, c’est peut-être le bon plan, d’autant que le marché est un peu essoufflé en ce moment !
On craque ?
Alors ici, il ne faut pas faire d’erreur de casting. Si vous cherchez une voiture élégante, respirant les fifties à plein nez, fiable et facile à vivre, c’est parfait, elle est pour vous ! D’autant que la demande ayant un peu baissé, vous devriez pouvoir négocier une petite ristourne… En revanche, évidemment, si vous êtes du genre sportif, passez votre chemin : ça se vit coude à la portière, vitre descendue, en « cruisant » sur les petites routes au son du boxer !
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