Le problème dont on parle beaucoup moins
La semaine dernière, nous vous parlions de l’IMS, un roulement qui fait largement parler de lui… Mais une seconde pathologie est à prendre très au sérieux avant tout achat : le rayage des cylindres, ou « bore scoring » ! Ici, le problème est plus complexe à expliquer et, là encore, tous les spécialistes ne sont pas d’accord entre eux. Sur certaines Porsche 911, Boxster et Cayman produites entre la fin des années 1990 et 2008, Porsche utilise le procédé Lokasil pour la surface des cylindres. Sur le papier, rien de scandaleux… Mais, dans certains cas, la surface du cylindre finit par se détériorer. Le piston et sa jupe frottent alors anormalement contre la paroi, de fines marques verticales apparaissent, puis peuvent devenir de véritables rayures ! Et une fois que le phénomène est engagé, il ne va évidemment pas se réparer tout seul…
Pourquoi les cylindres se rayent-ils ?
Comme pour l’IMS, les explications sont multiples et les spécialistes ne s’accordent pas forcément sur une cause unique ! Température de fonctionnement, lubrification, jeux entre le piston et le cylindre, vieillissement du revêtement de la jupe des pistons ou encore conditions d’utilisation sont autant de facteurs évoqués… Le problème est d’autant plus délicat que toutes les voitures ne sont manifestement pas égales face au phénomène : certains moteurs accumulent les kilomètres sans broncher, alors que d’autres peuvent présenter des traces nettement plus tôt. Non, ce n’est donc pas une fatalité !
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Comment déceler le problème ?
C’est là une différence essentielle avec le fameux roulement. Un IMS peut, dans le pire des scénarios, casser avec peu ou pas d’avertissement ! Le rayage des cylindres, en revanche, est généralement nettement plus progressif… Plusieurs indices peuvent donc mettre la puce à l’oreille. Une consommation d’huile qui augmente, une sortie d’échappement anormalement noircie, des fumées ou encore un bruit métallique de plus en plus perceptible sont autant de signes qui doivent vous alerter.
Bien entendu, un moteur qui fume ou qui émet un cliquetis métallique n’est pas forcément un moteur rayé ! Dès lors, comment examiner l’état des cylindres ? En un seul mot : l’endoscopie, un examen réalisé à l’aide d’une petite caméra que l’on introduit notamment par les orifices des bougies. Un spécialiste habitué à ces moteurs peut alors examiner les parois et rechercher les fameuses marques verticales… Attention toutefois : un examen rassurant renseigne sur l’état du moteur au moment du contrôle, sans garantir l’absence de problème à l’avenir !
Quels sont les modèles concernés ?
À des degrés divers, plusieurs générations de Porsche 911, Boxster et Cayman refroidies par eau sont concernées. Parmi les moteurs les plus souvent cités figurent les 3,6 et 3,8 l des 911 type 997.1, ainsi que le 3,4 l des Cayman et Boxster S type 987.1. Les 911 type 996 peuvent également être touchées, notamment en 3,6 l. La cylindrée n’explique toutefois pas tout : la conception des pistons, leur revêtement et les conditions de fonctionnement entrent aussi en jeu.
Les générations suivantes, notamment les 997.2 et 991.1, ne sont pas totalement à l’abri, malgré l’abandon du Lokasil au profit de l’Alusil. L’arrivée de nouveaux revêtements des cylindres sur les 911 Carrera type 991.2 et les 718 à quatre cylindres réduit encore le risque.
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A contrario, les petits moteurs « de base » des Boxster et Cayman, les 2,5 l, 2,7 l et 2,9 l selon les générations, semblent très nettement moins exposés. Le 2,9 l des 987.2 semble ainsi un compromis particulièrement intéressant : pas d’IMS, un risque de rayage réputé faible, une injection indirecte et… davantage de couple que le 2,7 l précédent !
Les moteurs Mezger des 996 Turbo, GT2 et GT3, des 997.1 Turbo et des 997 GT2 et GT3 ne présentent pas la même faiblesse. Attention toutefois à ne pas mettre toutes les Turbo dans le même panier : la 997.2 Turbo abandonne le Mezger !
Et si les cylindres sont réellement rayés ?
Là, malheureusement, on change d’échelle, car il faut déposer le moteur, l’ouvrir et reprendre les cylindres concernés. Suivant l’ampleur des dégâts et la solution choisie par le motoriste, la facture peut rapidement devenir considérable ! Certains spécialistes proposent un rechemisage ou un autre traitement des cylindres pour remédier durablement au problème… Ce qui suppose donc une réfection importante du moteur, avec la facture qui va avec !
Combien ? Cela va fortement dépendre de l’usure du moteur, de l’usinage choisi, du spécialiste, du modèle… La facture peut ainsi varier entre 11.000 euros et… le triple ! Bref, voilà pourquoi l’endoscopie semble indispensable avant tout achat d’un modèle à risque…
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