Il y a moins de dix ans, l’acheteur d’une voiture d’occasion avisé cherchait un Diesel. Il faut dire que cette motorisation avait toutes les qualités : un bruit atténué grâce à l’injection par rampe commune, du couple à foison, une consommation contenue et, bien entendu, une valeur résiduelle élevée. Elle constituait donc le choix rationnel par excellence.
Mais ce monde-là n’existe plus. Selon des données J.D. Power pour le marché belge, basées sur des centaines de milliers de transactions réelles et obtenues par le quotidien HLN, une voiture Diesel de cinq ans ne conserve plus que 39,8 % de son prix catalogue. L’essence tient sa côte à 49,5 % tandis que l’électrique, longtemps plombée par l’incertitude sur les batteries, passe devant le Diesel avec 41 % de valeur résiduelle.
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Selon cette étude, le mouvement se serait même accéléré depuis septembre dernier en raison des tarifs élevés qui perdurent à la pompe. Les modèles électriques accessibles de Volkswagen (ID.3) ou de Renault (5, Zoé, Mégane E-Tech) auraient gagné entre 800 et 1.700 euros de valeur marchande depuis le début de l’été. Ce n’est toutefois pas le cas des modèles premium qui restent encore trop cher sur le marché.
Victoire en trompe-l’œil
Que peut-on déduire de ce constat ? Que l’électrique a définitivement gagné ? Pas tout à fait, car une voiture à accumulateur coûte toujours en moyenne 20 % de plus à l’achat que les thermiques comparables selon l’Agence internationale de l’Énergie (AIE). Cela dit, en Belgique, il peut être bien moindre sur des modèles populaires. En effet, entre une Golf 1.5 TSI à 31.670 euros et une ID.3 Neo 50 kWh à 34.990 euros, la différence est de « seulement » 10,5 %.
Ça n’empêche pas la décote de frapper plus fort. Après cinq ans, la Golf conserverait donc 49,5 % de sa valeur (15.677 euros), soit une perte de 16.000 euros. Mais avec l’ID.3 et 41 % de valeur résiduelle, on tombe à 14.346 euros ce qui porte la perte à 20.600 euros. À prix de départ quasi identiques, l’électrique coûte donc près de 4.700 euros de plus en décote. L’automobiliste qui choisit l’électrique ne s’y retrouve qu’à une condition : que ses coûts d’usage soient suffisamment bas pour combler cette différence. Il faut donc recharger à domicile ou au bureau et évidemment éviter les bornes publiques, beaucoup plus chères.
LPG inattendu
Il y a toutefois une donnée qui surprend dans les données de J.D. Power récoltées par HLN : la valeur résiduelle des voitures LPG qui serait de 62,3 % après cinq ans, loin devant toutes les autres motorisations. Mais ça peut se comprendre, car le marché est très limité et l’intérêt des voitures qui consomment un carburant peu cher a certainement évolué ces derniers mois. Toujours selon JD Power, l’hybride classique suivrait avec 51,8 %. Les voitures électrifiées se placeraient donc même devant les essence, là aussi en raison de leur consommation moindre.
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En revanche, les modèles plugin hybrides fermeraient la marche derrière le Diesel. JD Power ne cite pas de chiffres, mais deux raisons : un prix d’achat parfois plus élevé que celui d’une voiture électrique et une polyvalence qui ne convainc pas les acheteurs d’occasions.
La bascule est-elle définitive ? Ce n’est pas certain, car il faut distinguer situation conjoncturelle et structurelle. Actuellement, ce sont les plus des carburants qui influencent le marché. Mais en sera-t-il de même si les tensions aux Moyen-Orient s’apaisent ? Pas sûr...
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