Si vous envisagez des vacances en voiture en France (et vous êtes nombreux dans ce cas), mieux vaut aussi garder un œil sur les discussions budgétaires à Paris : un conflit y prend de l’ampleur autour des recettes des autoroutes à péage. L’État veut en prélever une plus grosse part, tandis que les exploitants défendent bec et ongles leur rentabilité. Pour le touriste belge qui part en voiture, tout se résume finalement à une question : la facture finira-t-elle à la barrière de péage ?
800 millions d'euros de recettes supplémentaires
Dans son projet de budget pour 2027, le gouvernement français souhaite modifier la taxe sur l’exploitation des grandes infrastructures de transport. Instaurée en 2023, celle-ci vise notamment les concessionnaires autoroutiers et certains exploitants d’aéroports. Le taux unique actuel de 4,6 % serait remplacé par un barème progressif, pouvant atteindre 12,2 % pour les entreprises les plus rentables. Soit près de trois fois le taux actuel !
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L’État espère ainsi engranger environ 800 millions d’euros de recettes supplémentaires par an. Le rendement total de cette taxe passerait donc de quelque 600 millions d’euros aujourd’hui à 1,4 milliard d’euros ! Cet argent ne servirait toutefois pas uniquement à combler les trous du budget : par l’intermédiaire du fonds « Ambition Transports », ces recettes doivent aussi contribuer à la rénovation et à la modernisation des réseaux de transport…
Les exploitants montent au créneau
Sans surprise, les sociétés d’autoroutes réagissent vivement. Selon l’Association des sociétés françaises d’autoroutes (ASFA), les impôts et les taxes absorberont au total plus de la moitié des recettes des péages ! Une ponction qu’elles jugent trop lourde pour l’assumer seules, mais le gouvernement français refuse qu’elles présentent la note aux automobilistes : cette contribution supplémentaire doit être supportée par les actionnaires.
Les sociétés d’autoroutes peuvent-elles augmenter leurs tarifs comme bon leur semble ? Non, puisque ceux-ci sont encadrés par leurs contrats de concession. L’État dispose donc d’un solide levier et annonce qu’il surveillera de près l’évolution des prix si le Parlement adopte le projet.
Rendez-vous en février 2027
Comme souvent, la réalité est toutefois moins simple. Les contrats de concession prévoient une révision annuelle des tarifs au 1er février. Au début de cette année, la hausse moyenne pour les voitures particulières s’élevait ainsi à 0,86 %. Une augmentation modérée, certes. Mais avec cette lourde taxe en toile de fond, les arguments (inflation, hausse du prix des matières premières…) ne manqueront sans doute pas pour justifier une hausse plus marquée lors de la prochaine révision !
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Il ne s’agit en tout cas pas d’une hausse généralisée. La taxe vise l’exploitation des axes les plus rentables, autrement dit les grands itinéraires touristiques. Les chiffres par autoroute ne sont pas publiés, mais les grands axes comme l’A7, entre Lyon et Marseille, figurent clairement parmi les plus lucratifs. L’A7 est d’ailleurs exploitée par ASF qui arrivait en tête l’an dernier avec un bénéfice net de 1,4 milliard d’euros. Suivaient APRR, bien connue des vacanciers prenant la route des Alpes, avec 1 milliard d’euros de bénéfice, puis Sanef, avec 707 millions d’euros.
Selon Atout France, les Belges effectuent chaque année 3,5 millions de voyages en voiture vers la France. Il semble quasi certain que le péage sera plus cher pour ces voyageurs… Reste à savoir dans quelle mesure le relèvement prévu de cette taxe viendra l’alourdir ! Rendez-vous en février 2027.
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