Depuis plusieurs années déjà, la France expérimente les péages à flux libre, ces portiques sans barrière censés simplifier la vie des automobilistes et, surtout, fluidifier le trafic en évitant l'arrêt. La liste des autoroutes concernées s'est encore allongée. Et parmi les nouveaux venus, un axe surprend : l'A69, entre Toulouse et Castres, dont le contentieux juridique vient tout juste de se solder par une validation définitive du Conseil d'État.
Un premier tronçon sur cette autoroute roule déjà en flux libre depuis le printemps, avant même l'ouverture complète prévue à l'automne. Or c'est justement cette nouveauté qui pose problème : un axe qui vient à peine d'apparaître n'a pas encore trouvé sa place dans les habitudes des voyageurs. En période de grands départs, le risque est de rouler sur un tronçon dont on ignore l'existence.
Un principe, peu de fioritures
Le fonctionnement reste identique partout où il s'applique. Des portiques équipés de caméras lisent la plaque d'immatriculation ou détectent un badge de télépéage sans qu'aucun ralentissement ne soit nécessaire. Le trajet est ensuite reconstitué et facturé a posteriori, avec un délai de 72 heures pour régler la note en ligne ou chez un buraliste agréé. Ça a l’air simple comme ça, mais c’est beaucoup moins évident sur la route des vacances où on n’identifie pas forcément ni l’endroit ni l’exploitant du tronçon et donc la plateforme digitale à utiliser pour payer.
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La liste s'allonge encore
Quatre axes concentrent aujourd'hui ce risque. L'A79 entre Sazeret et Digoin, pionnière du genre depuis 2022. L'A13 et l'A14 sur l'ensemble de l'axe Paris-Normandie et la sortie de Boulay-Moselle sur l'A4 et qui a été le premier site testé dès 2019. Et il faut donc ajouter l'A69 sur le tronçon Toulouse-Verfeil qui concerne donc directement les automobilistes belges qui filent vers le sud ou vers l'Espagne.
Une addition qui grimpe vite
Les prix des péages sur ces tronçons sont souvent dérisoires. On parle de quelques euros maximum. Sauf que ça peut coûter beaucoup plus cher en cas d’oubli de paiement. Car réglé sous quinze jours, l'oubli coûte 10 euros soit à peine plus que le péage. Mais entre quinze jours et deux mois, la note grimpe à 90 euros. Au-delà, le montant plafonne à 375 euros, soit près de cinquante fois le tarif initial pour un trajet resté impayé. Mieux vaut le savoir, car ce sont justement les conducteurs occasionnels et les étrangers de passage qui alimentent le plus souvent cette dernière tranche.
Le trou dans la raquette
Ce qui change beaucoup, c'est qu'un conducteur français inscrit sur les plateformes recevra une alerte automatique par SMS ou courriel dès son passage sous un portique. Mais un automobiliste étranger, lui, n'en reçoit aucune. Ni la Sanef ni Aliae ne disposent d'un canal pour prévenir un vacancier belge qu'il vient d'être facturé. La seule parade reste de vérifier soi-même, sur le site du concessionnaire concerné, si son trajet estival a laissé une trace... et une facture en attente. Et il faut être vigilant, car la somme due peut prendre plusieurs heures avant d’apparaître sur la plateforme en question.
Un badge comme bouée
Dans ce contexte, il faut rappeler la solution la plus sûre qui s’offre aux Belges : le badge de télépéage. Son coût reste modeste puisqu’il coûte 10 euros de frais d'envoi à la commande, puis deux euros par mois d’utilisation. Et rien quand il n’est pas utilisé. Une fois fixé au pare-brise, il est détecté automatiquement à chaque portique, flux libre ou pas, en France comme dans plusieurs pays voisins empruntés vers l'Espagne ou le Portugal. Le paiement se fait alors sans démarche, sans délai à surveiller et donc sans risque d'amende. Pour deux euros par mois...
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