Depuis ce vendredi, le passage à la pompe est un peu moins douloureux. L'essence 95 (E10) est repassée à 1,864 euro/l et l'essence 98 à 1,932 euro/l. Le Diesel reste quant à lui à 2,22 euros, après avoir tutoyé les 2,49 euros/l le 8 avril dernier, un record historique. Pour les automobilistes belges, c’est un petit répit. Mais combien de temps va-t-il durer ? Car le fond du problème reste entier.
Bien loti, vraiment ?
Depuis le début du conflit au Moyen-Orient et la quasi-paralysie du détroit d'Ormuz, les prix ont explosé : +20 % sur l'essence, +32 % sur le Diesel en quelques semaines. À la pompe, ça fait évidemment très mal. Mais la situation est-elle vraiment catastrophique ? En fait, les données obligent à relativiser, surtout quand on observe la situation dans les pays voisins.
« Le conflit au Moyen-Orient constitue la « plus grande menace jamais vue pour la sécurité énergétique », met en garde l’AIE https://t.co/OtbkWOXr9Z #MoyenOrient #Conflit #SécuritéÉnergétique #Énergie #AIE pic.twitter.com/Ru02MGlzs0
— Business AM (FR) (@businessamfr) April 14, 2026
En France, l’essence est à 1,98 euro/l, à 2,09 euros/l en Allemagne, à 2,03 euros/l en Suisse et aux Pays-Bas à 2,37 euros/l. Pour le Diesel, même logique : 2,22 euros ici, contre 2,31 euros en France, 2,27 euros en Allemagne, 2,58 euros aux Pays-Bas. Sur un plein de 50 litres, l'automobiliste belge « économise » 18 euros par rapport à son homologue néerlandais. Ce n’est pas rien.
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Ce différentiel s'explique en partie par le mécanisme belge de prix maximum : un contrat-programme entre l'État et les distributeurs lisse les variations du marché international sur plusieurs jours, à la hausse comme à la baisse. Ça fonctionne, du moins en partie, car la taxation sur les carburants reste élevée en Belgique. Plus qu’en Italie par exemple (1,78 euro/l), qu’en Roumanie (1,74 euro/l) ou en Espagne (1,54 euro/l). D’accord, il y a mieux ailleurs, mais la Belgique n’est pas la plus mal lotie.
Retour en 1973
Dans ce contexte de crise, il faut aussi se remémorer la situation du choc pétrolier de 1973 avec les premiers fameux dimanches sans voiture. À l’époque, le baril était passé de 3 à près de 12 dollars en quelques mois. Et les prix étaient bien plus élevés qu’aujourd’hui. Un litre coûtait environ 3 euros, un prix énorme puisqu’il faut se souvenir qu’on parcourait beaucoup moins de kilomètres avec un litre d’essence hier qu’aujourd’hui, l’efficience des moteurs ayant fortement évolué. Et pourtant, les ménages belges ont absorbé ce choc plus vite qu'ils ne pourraient le faire aujourd'hui, car à l'époque, les salaires progressaient de 4 à 5% par an en plus de l'indexation automatique. La dynamique salariale fonctionnait comme un puissant amortisseur puissant.
Un choc qui va durer
Si en 1973, le surcoût brutal a été assez rapidement absorbé par la montée des salaires, ce scénario n’a plus du tout cours aujourd’hui. Le choc est moins violent en valeur absolue, mais il va s'installer dans la durée. Et la progression réelle des salaires est quasi nulle hors indexation (qui est désormais aussi plafonnée par l’Arizona pour les salaires de plus 4.000 euros brut par mois). De surcroît, les inégalités sociales sont beaucoup plus importantes aujourd’hui qu’hier, ce qui rend le choc encore plus difficile à absorber pour les populations exposées.
The IEA warned that oil prices don’t yet reflect the severity of the unprecedented supply crisis: Here’s your Evening Briefing https://t.co/KRZ5w3acKk
— Bloomberg (@business) April 13, 2026
Et il ne faut pas se leurrer : le gouvernement Arizona n’interviendra pas. D’une part parce qu’il n’a plus d’argent, mais aussi parce que le FMI déconseille les subventions au carburant dans un contexte budgétaire fragile. L’équipe de De Wever ne manque pas d’arguments. Certains gesticulent, l’opposition s’offusque, mais ça ne changera probablement pas grand-chose. Les crises sont de toute façon appelées à se répéter, de plus en plus souvent et de plus en plus violemment. C’est à ça qu’il va falloir s’habituer.
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