Le 10 juillet dernier, les trois Régions belges ont signé un accord de principe qui traînait depuis deux décennies : une vignette routière qui entrera en vigueur à partir du 1er mai 2027 pour tout véhicule belge ou étranger de moins de 3,5 tonnes qui emprunte les autoroutes et routes régionales. Les tarifs s’échelonnent entre 90 et 125 euros selon la norme du véhicule. L’objectif est évidemment de faire rentrer de l’argent dans les caisses et principalement de faire contribuer les 30 millions de véhicules étrangers qui arpentent chaque année le réseau belge.
Reste que cet accord n’a pour l’heure qu’une dimension politique. Car il doit encore passer par un décret flamand, un décret wallon et une ordonnance bruxelloise avant de devenir un texte de loi. Et surtout, il devra encore passer devant les instances européennes pour voir s’il n’est pas discriminant pour les autres citoyens européens.
L'arbitre n'a pas parlé
Le principe de non-discrimination entre citoyens européens encadre strictement ce type de dispositif et la Commission n'a pas encore validé le montage belge. Le Luxembourg n'exclut pas un recours devant la justice européenne si le système profite trop nettement aux résidents, car côté wallon, le gouvernement refuse de préciser sa réforme fiscale tant que les discussions avec l'Europe n'ont pas abouti. La Flandre a déjà tranché : une taxe de circulation recalculée au poids et au CO2 sera introduite dès janvier 2027, mais sans garantie de neutralité pour tous de la région. C’est notamment le cas des propriétaires de véhicules électriques exonérés jusqu'à fin 2025 et qui paient depuis un forfait d'environ 107 euros. Si on y ajoute la vignette, l’addition grimpe forcément.
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Un club déjà peuplé
Cela dit, avec sa vignette routière, la Belgique n'invente rien. L'Autriche, la Hongrie, la Tchéquie, la Slovénie, la Slovaquie, la Roumanie, la Bulgarie et la Suisse utilisent depuis des lustres un système identique et chaque pays dispose de sa propre grille tarifaire. À 173 euros l'année, la Hongrie caracole en tête des pays les plus chers, même si des parades existent. En effet, au lieu de la vignette nationale, on peut acheter une vignette régionale qui n’est valable que dans une seule province (une vingtaine d'euros par an) et permet donc aux travailleurs transfrontaliers de ne pas être taxés plein pot – c’est d’ailleurs ce que reprochent les Pays-Bas et le Luxembourg à la Belgique.
Juste derrière, la Slovénie demande 117,5 euros et la Tchéquie 106 euros pour l'année. En Autriche, le système dépend du poids du véhicule. En dessous de 3,5 tonnes, comme pour la plupart des voitures particulières, il faut une vignette classique (106,8 euros l’année, 9,60 euros par jour et 12,80 euros pour 10 jours). Au-dessus de ce poids, un boîtier appelé Go-Box calcule le péage au kilomètre réellement parcouru.
La Slovaquie se rapproche de la Belgique avec 90 euros, tandis que la Roumanie et la Bulgarie ferment la marche autour de 50 euros, mais pour l'ensemble du réseau national plutôt que les seules autoroutes. En Suisse, l’automobiliste s'en tire pour 43 euros, la formule la moins chère du classement, mais elle ne permet pas de formule de courte durée.
Comparativement à ces pays, avec ses 100 euros par an pour un véhicule qui satisfait à la norme Euro 4 et aux suivantes, la Belgique se situe donc dans la moyenne des pays qui pratiquent une vignette classique.
On pourrait aussi citer la Norvège, mais elle ne joue pas dans la même cour. Car, là-bas, ce n’est pas une vignette qui est en vigueur, mais un péage au passage, via caméras et badges, sur un réseau qui compte plus de 400 points de perception. Ça peut d’ailleurs faire très cher sur un long parcours. C’est un système à l'usage et pas un forfait fixe.
Logiques urbaines
Il ne faut par ailleurs pas confondre vignette et vignette. Car il en existe aussi en France, en Allemagne et en Italie (Crit'Air, Umweltplakette, ZTL). Mais ces vignettes-là ne sont valables que dans certaines grandes métropoles et elles n’ont que des visées environnementales. Ce sont des systèmes différents, mais qui restent malgré tout obligatoires, sous peine d’amendes.
Mais au-delà du débat, une question se pose : pourquoi n’y a-t-il aucune tentative sérieuse d'harmonisation à l'échelle européenne. Bruxelles ne prend position que sur le volet de la discrimination. Mais hormis ça, chaque État reste libre d'inventer sa propre vignette. La Belgique s'apprête donc simplement à ajouter la sienne à ce patchwork.
Comparatif des vignettes routières EU | |||
Pays | Prix/an(€) | Type de route | Remarque |
Hongrie | 173,3 € | Autoroutes | Vignette régionale possible dès ~20 €/an |
Slovénie | 117,5 € | Autoroutes et voies rapides |
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Autriche | 106,8 € | Autoroutes et routes de type A | Go-Box au kilomètre au-delà de 3,5 tonnes |
Tchéquie | 106,0 € | Autoroutes |
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Belgique | 100,0 € | Autoroutes et routes régionales | 1er mai 2027 ; 90 euros pour les électriques ; 125 pour les oldtimers et < Euro 4 |
Slovaquie | 90,0 € | Autoroutes |
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Roumanie | 50,0 € | Toutes les routes nationales |
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Bulgarie | 49,6 € | Toutes les routes nationales |
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Suisse | 43,4 € | Autoroutes | Pas d'option courte durée, tarif annuel imposé |
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