Combien de conducteurs s'immobilisent réellement lorsqu'un piéton s'apprête à traverser ? La réponse nous provient d’une enquête européenne récente menée dans onze pays. Et elle est embarrassante pour la Belgique. Chez nous, 92 % des piétons déclarent que les automobilistes ne marquent pas régulièrement l'arrêt à leur approche d'un passage zébré. Ce résultat dépasse la moyenne européenne de l'étude qui est de 89 %. La Belgique fait donc moins bien que ses voisins directs comme les Pays-Bas, la France et l'Allemagne qui sont soumis à la même obligation légale. Leurs conducteurs la respecteraient davantage.
Pourtant la règle est connue. C’est en tout cas ce que révèle VIAS, l'Institut belge de sécurité routière, en s’appuyant sur ses statistiques : en Belgique, huit conducteurs sur dix ont conscience de leur obligation de céder le passage à tout piéton qui est sur le point de s'engager sur un passage. La règle figure du reste dans le Code de la route depuis le 1er avril 1996, soit il y a exactement trente ans. Et en toute logique, cette obligation s'impose à l'ensemble des usagers de la voie publique : cyclistes ou conducteurs de cyclomoteurs. Mais la réalité est différente.
Trente ans sans effet
Les données d'accidents compilées sur dix ans illustrent l'ampleur du phénomène. Un piéton blessé sur trois l'aurait été sur un passage pour piétons ou à proximité immédiate de celui-ci. Cela représente 14.000 victimes sur la période. En 2024, 59 % de ces accidents se sont produits à des carrefours dépourvus de feux de signalisation. Il apparaît dans les données que l'absence de la police aux carrefours stratégiques et donc l’absence de contrôle encouragent les automobilistes à ne pas s’arrêter spontanément.
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Cela dit, il ne faudrait pas non plus trop charger les automobilistes. En effet, le comportement de certains piétons est aussi à prendre en considération : un piéton sur cinq aurait été renversé en dehors d'un passage réglementaire, alors que celui-ci se trouvait à moins de 30 mètres. Le Code de la route impose l'utilisation d’un passage pour piétons lorsqu'il se trouve à moins de 20 mètres. La police peut d’ailleurs sanctionner ce comportement d’une amende de 58 euros. Mais avouons-le, cela arrive plus que rarement.
Sanctions pour les automobilistes
Pour les automobilistes, refuser la priorité à un piéton constitue une infraction de troisième degré au Code de la route belge. Elle relève de la même catégorie que l'usage du téléphone au volant et le montant de l'amende est strictement identique : 174 euros, hors frais administratifs.
VIAS pointe le paradoxe de la situation : les automobilistes connaissent leurs obligations, mais ne les appliquent pas. Pourquoi ? La distraction et le sentiment de manquer de temps figurent parmi les raisons les plus fréquemment avancées par les personnes interrogées. Après, on n’oubliera pas qu’il n’est pas toujours évident de savoir quand un piéton va traverser ou non. Il arrive fréquemment aussi qu’un automobiliste marque l’arrêt pour rien, car le piéton ne traverse finalement pas. Ou n’avait pas l’intention de le faire. VIAS conseille d’ailleurs aux piétons de nouer un contact visuel avec les conducteurs pour montrer leur intention de traverser.
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