Sur une voiture ancienne, le redémarrage n’est pas une formalité universelle. Entre les autos encore en 6 volts, les montages en masse positive, les faisceaux qui ont traversé plusieurs décennies et les accessoires bricolés par des propriétaires peu scrupuleux au fil des décennies, l’improvisation électrique peut coûter cher !
Insister au démarreur jusqu’à épuisement général
Première erreur classique : tourner la clé encore et encore, en espérant que le moteur « finisse par prendre » ou encore parce qu’il manque « juste un rien » pour que ça prenne ! Avouez, on est tous passés par là, non ? Une batterie faible entraîne une chute de tension, donc un démarreur paresseux et un allumage moins efficace. Et au fil des tentatives, bien entendu, la batterie se vide ! Bref, le risque de démarrage pourrait donc s’affaiblir à chaque nouvelle tentative… A cela, il faut évidemment rajouter le risque d’une (sur)chauffe du démarreur et des câbles sollicités.
Maxime Slegers, de l’atelier spécialisé SLG Classic Cars, conseille ainsi de « ne pas laisser le démarreur tourner plus d’une dizaine de secondes et de le laisse refroidir de 10 à 30 secondes entre les tentatives pour éviter de le griller… ». Pour lui, il y a aussi deux questions essentielles à se poser : « y a-t-il de l’allumage et de l’essence » ? Nous reviendrons sur ce sujet dans un prochain article !
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Oublier de vérifier le 6V, le 12V… et la polarité
C’est probablement l’erreur la plus dangereuse et… votre serviteur en sait quelque-chose ! Si la plupart des passionnés savent que toutes les voitures anciennes ne sont pas en 12 volts, une erreur peut malgré tout, vite arriver.... En effet, dans le feu de l’action, vous ne voyez pas forcément la catastrophe arriver ! Une voiture en 6 volts demande un chargeur spécifique (il existe des modèles proposant les deux tensions).
Quant aux voitures montées avec le positif à la masse (généralement de vieilles anglaises), il vaut mieux ne pas se tromper de polarité au moment de les recharger ! Se tromper de tension ou de polarité, c’est potentiellement le meilleur moyen de maltraiter régulateur, dynamo, accessoires, faisceau ou instrumentation !
Se tromper dans l’ordre de branchement et de débranchement
Lors du branchement, on met d’abord le plus, puis le moins. Au moment du retrait, on enlève d’abord le moins, puis le plus. Pourquoi cet ordre ? Car cela limite les risques d’étincelle ou de court-circuit au moment où les pinces circulent près de la carrosserie, des masses et autres éléments métalliques !
Mais il y a une grosse exception à la règle : « il faut faire l’inverse dans le cas des véhicules qui ont le positif à la masse. D’abord le côté live, puis le côté châssis. », rapporte Maxime.
Utiliser des câbles de dépannage indignes de ce nom
Oubliez rapidement le matériel bas de gamme vendu sur certains sites en ligne, avec des câbles trop fins et des pinces bricolées… C’est inadapté et parfois même dangereux ! Le résultat peut être trompeur : on peut croire que l’auto refuse de démarrer malgré une aide extérieure, alors que le courant n’arrive tout simplement pas correctement ! Les pinces chauffent, la tension chute, le démarreur peine et l’on accuse ensuite la batterie, le carburateur ou la phase de la lune !
Pour Maxime, « il n’y a pas de miracle : le cuivre coûte cher et ce qui donne la qualité aux câbles, c’est le diamètre du cuivre. Donc des câbles bons marchés sont forcément mauvais ! ». Il avance toutefois une solution « moins chère et plus facile à transporter dans le coffre : un mini booster lithium. Ça coûte une centaine d’euros, mais privilégiez un équipement d’une bonne marque, qui comporte des sécurités intégrées. » Un système qu’il juge toutefois utile « pour un démarrage en cas de batterie plate », mais qui ne servira « pas à compenser un défaut ailleurs » !
Recharger sans se demander dans quel état est vraiment la batterie
Autre erreur classique : poser un chargeur sur une batterie vide et considérer l’affaire réglée ! Il n’est en effet pas toujours possible de ressusciter une batterie profondément déchargée ! Elle peut reprendre une tension de façade, puis s’effondrer dès la première sollicitation sérieuse, ce qui est souvent le cas sur les voitures roulant très peu. Une nuit de charge peut donner l’illusion d’un retour à la vie, alors que la capacité réelle s’est déjà nettement dégradée ! Le pire des scénarios ? La voiture démarre effectivement, le propriétaire repart confiant, coupe le moteur, puis… se retrouve coincé !
Maxime indique toutefois qu’« une batterie 100% à plat ne sera parfois même pas détectée par un chargeur dit ‘intelligent’ ! Dans ce cas, mon conseil, c’est de démarrer la charge avec un bon vieux chargeur à l’ancienne ou en mettant les pinces depuis une autre batterie : cela lui donnera la tension minimale nécessaire à se faire détecter par le chargeur électronique qui fera ensuite de son mieux pour la ramener à la vie. »
Débrancher les câbles trop vite après le redémarrage
Autre réflexe un peu trop pressé : voir le moteur repartir… et retirer immédiatement les câbles ! En réalité, une batterie très affaiblie ne retrouve pas sa forme en quelques secondes. Une fois l’auto relancée, mieux vaut laisser tourner les deux moteurs pendant 2 à 3 minutes avant de débrancher les câbles. Juste avant le retrait, on peut aussi enclencher un bon consommateur électrique, comme le dégivrage de la lunette arrière ou la ventilation : l’idée est d’éviter une surtension au moment où l’on sépare les deux autos…
Tenter la poussette
Si le moteur est en ordre, que la voiture dispose d’une boîte manuelle et que les mollets suivent la cadence, oui le démarrage à la poussette peut être efficace. Mais attention, sur une voiture qui n’a pas roulé depuis des mois ou qui refuse de démarrer pour une autre cause qu’une batterie faible, cette méthode peut s’avérer dangereuse, notamment si les freins décident de partir en grève...
Redémarrer… puis oublier de chercher la cause
C’est peut-être l’erreur la plus typique. L’auto repart, donc on classe le dossier ! Pourtant, une batterie à plat est souvent un symptôme plus qu’une panne… Si la dynamo charge mal, si le régulateur dérive, si une masse est mauvaise ou si un petit consommateur parasite vide la batterie à l’arrêt, le redémarrage a simplement masqué la panne !
Bref, si vous désirez vraiment repartir en toute confiance, vérifiez d’abord la tension de charge et pour ce faire, Maxime a une astuce : « branchez un voltmètre (multimètre en position courant continu) et observer la tension, lorsque le moteur tourne à un régime accéléré : la valeur doit être comprise entre 13 et 15 volts. Dans le cas contraire la prochaine panne de batterie vous attend dans les 200 prochains kilomètres ! ». Pour plus de sécurité, il faudra également jeter un œil à l’état des connexions, la propreté des cosses, la qualité des masses… Ce n’est pas forcément drôle, on vous l’accorde, mais la fiabilité en dépend ! L’idéal ? Faites appel à votre électricien préféré pour toutes ces vérifications !
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