En bientôt 20 ans de « pratique » de la voiture ancienne et des dizaines de milliers de kilomètres, votre serviteur a forcément connu quelques pannes (mais pas tant que ça : elles se comptent sur les doigts d’une main !). J’avoue aussi avoir essayé pas mal de ces « upgrades » modernes ; dès lors, une fois n’est pas coutume, je vous fais principalement part de mon expérience personnelle !
1. L’allumage
Quand on parle d’upgrades pour fiabiliser un oldtimer, l’allumage électronique est souvent cité en premier ! Alors ? Oui, j’ai une vieille Rover qui en est équipée depuis bientôt 20 ans, et c’est une vraie amélioration. Le démarrage semble plus franc et on oublie le réglage des vis platinées tous les 5.000 km. Néanmoins, la qualité de ces allumages électroniques semble assez variable : « Pour certaines voitures, comme les MG Midget, j’ai de meilleurs retours avec un allumage ordinaire », nous précise Maxime Slegers.
2. Carburation
Certes, une injection moderne se montrera sans doute plus fiable et plus efficace qu’un carburateur, mais on s’éloigne alors complètement du respect de l’origine… et de la conformité du véhicule !
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La question de la pompe à essence revient plus souvent : faut-il passer à une unité électrique, notamment pour amorcer plus facilement le circuit après un long hivernage ? Là encore, tout dépend du modèle (ce n’est parfois franchement pas nécessaire, ni même souhaitable), mais si vous faites le saut, ne choisissez que du haut de gamme ! Et il faudra peut-être ajouter un régulateur de pression…
Concernant la carburation, le point le plus important reste l’état des durites, qui doivent supporter l’éthanol contenu dans l’essence. Maxime se veut toutefois rassurant : « Le remplacement se fait naturellement lors de l’entretien du véhicule. »
Et un réservoir en aluminium pour éviter les dépôts de rouille qui viennent boucher le circuit d’alimentation ? Intéressant, mais vous pouvez tout aussi bien refaire votre vieux réservoir avec une résine !
3. Échappement
La grande mode depuis quelques dizaines d’années, c’est l’inox, tout simplement parce que ça ne rouille pas (et que ça peut faire vroum-vroum !)… Pour ma part, j’avoue émettre quelques légères réserves : outre une sonorité plus métallique, avec le temps, l’insonorisant contenu dans l’échappement finit par disparaître, alors que la ligne reste intacte…
Notez aussi que les conditions de préservation de nos voitures allongent considérablement la durée de vie échappements en acier !
4. Refroidissement
Alors bien sûr, on peut parler de radiateur en aluminium ou de liquide de refroidissement sans eau… Concernant ces deux derniers, Étienne, ancien mécanicien aujourd’hui retraité, nous avoue tout simplement préférer un système et un liquide conformes aux préconisations du constructeur, avec un changement régulier de ce dernier.
Il n’en reste pas moins que les conditions de circulation ont parfois changé ! Dès lors, il nous reste la solution du ventilateur électrique, parfois fort pratique pour éviter la surchauffe. Et en la matière, il y a plusieurs options : commande par sonde ou par interrupteur, et placement devant (type « soufflant ») ou derrière le radiateur (type « aspirant »). De nombreux spécialistes insistent sur le fait de ne rien placer devant le radiateur, car cela pourrait avoir un effet contre-productif, le ventilateur bloquant l’arrivée d’air frais.
Pour ma part, je donnerais simplement trois conseils, basés sur l’expérience : d’abord, ne retirez pas le ventilateur d’origine, surtout s’il est mécanique. C’est fiable, et l’électrique ne vient qu’en renfort. Ensuite, préférez une commande par interrupteur, bien plus fiable, même si cela exige de garder un œil sur la température… Enfin, et surtout, gardez un circuit en parfait état, régulièrement entretenu et aux durites impeccables !
5. Électricité
C’est le gros morceau : entre mauvaises masses, faisceau bricolé et faux contacts, les sources de pannes sont nombreuses. Nous en parlions dans notre article traitant de la sécurité : en cas de doute ou de pannes récurrentes, remplacez tout le faisceau ! Certes, cela reviendra à quelques milliers d’euros, mais la tranquillité d’esprit face à une voiture qui peut potentiellement partir en fumée n’a pas de prix !
Et tant qu’à faire, poser des fusibles et des relais ne nous semble pas une mauvaise idée pour les véhicules qui n’en étaient pas équipés. À ce sujet, gros conseil : si votre voiture dispose de fusibles en verre à sa sortie d’usine, veillez à respecter scrupuleusement leurs dimensions d’origine ; sinon, ça bouge, ça chauffe et ça peut finir par flamber !
La grande tendance du moment pour les véhicules les plus anciens est de remplacer la dynamo par un alternateur, parfois déguisé en dynamo pour le look. C’est vrai, l’alternateur charge tout le temps, même au ralenti. Mais sincèrement, votre serviteur a roulé pendant dix ans avec une petite MG Midget strictement d’origine et encore équipée de sa dynamo, sans jamais connaître le moindre problème de charge ! À vous de voir selon votre usage, mais ne jetez pas l’argent par les fenêtres !
Enfin, le démarreur « high-torque » peut avantageusement remplacer l’ancien : plus puissant, moins énergivore et plus léger… Sauf que là encore, si l’ancien fonctionne et… démarre votre voiture, pourquoi le changer ?
Conclusion
Voici trois conseils pour rouler l’esprit serein : d’abord, respectez scrupuleusement les intervalles d’entretien, de préférence en faisant appel à un professionnel pour une vérification d’ensemble, optez uniquement pour des pièces de qualité : les quelques pannes que j’ai connues étaient souvent dues à des pièces neuves mais… défectueuses ! Enfin… roulez ! L’inaction est le pire ennemi ! Mais ménagez votre monture : il s’agit de grands-mères qui n’ont plus rien à prouver !
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