Il y a des voitures qui deviennent célèbres parce qu’elles sont belles, technologiquement avancées, rapides ou luxueuses. La Willys MB, elle, est devenue mythique pour une raison qui dépasse complètement la sphère automobile ! Cet improbable engin est en effet un héros de guerre ! Immanquablement liée à la libération de l’Europe, la « Jeep » se démarque complètement des autres véhicules que nous avons traités ici : il ne s’agit pas seulement d’une automobile, mais bien d’une relique historique, d’un symbole de liberté. Conçue pour endurer les pires tortures, la Jeep, qu’est-elle aujourd’hui ? Une pièce de musée à respecter ou une formidable machine à sourires, toujours capable de crapahuter dans la boue ? On se penche sur son cas !
Nous nous concentrons ici sur la version militaire et non sur la CJ, produite après-guerre. Et n’allez pas croire un instant que la chose soit confidentielle pour autant : entre 1941 et 1945, plus de 600.000 Jeep militaires furent produites par Willys et Ford pour les forces alliées ! Par qui ? Eh oui, née en 1940 d’un appel d’offres de l’armée américaine, la Jeep fut développée par Bantam, puis produite massivement par Willys et Ford. Techniquement, on parle donc surtout de Willys MB et de Ford GPW, même si, dans le langage courant, tout le monde dit une « Willys »… Ou une « Jeep » !
Une simplicité « presque » biblique
Sous le capot, pas de V8, mais un 4 cylindres L-134 pompeusement baptisé « Go Devil ». Cubant 2,2 litres, il est associé à une boîte manuelle à 3 rapports, à une transmission intégrale enclenchable et à une boîte de transfert à 2 rapports. Côté suspensions : deux ponts rigides et des ressorts à lames ! En clair, de la mécanique de tracteur, mais pour une bonne raison : la Jeep devait être facilement réparable sur un champ de bataille !
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À conduire : c’est du brutal, évidemment
Il faut le dire clairement : à conduire, la Willys est radicalement à l’opposé de tous les véhicules modernes ! L’expérience vécue à son bord est assez brutale : ça secoue dans tous les sens, la direction demande des bras, le comportement routier est assez flou et la position de conduite n’est pas la plus ergonomique qui soit, loin s’en faut. Vous en voulez encore plus ? Les freins sont aux abonnés absents et, dès 30 km/h, vous avez l’impression d’être pris dans un ouragan ! Rayez au fer rouge la notion de confort ! Quant aux 60 chevaux du moteur, ils semblent rachitiques sur le papier, mais sur la route, ils paraissent avoir mangé du lion : on est plus vite limité par son propre courage que par les performances…
Bref, c’est tout bonnement… infernal ou génial, selon le point de vue ! En revanche, quittez le bitume et la Jeep met tout le monde d’accord : ça fait crac-boum-hue, mais ça passe avec une facilité déconcertante. Aujourd’hui encore, ses performances en tout-terrain sont phénoménales !
Willys, Ford, Hotchkiss : attention aux mélanges !
C’est ici que les choses se compliquent. Une vraie Willys MB de guerre, avec ses éléments cohérents, ses marquages, son châssis, son moteur et ses détails d’époque, n’a pas la même valeur qu’une Jeep civile, une Hotchkiss (qui a construit la M201, très proche de la MB, sous licence après-guerre) ou une reconstruction. En Europe, beaucoup de Jeep ont été réparées, reconstruites, mélangées ou reconditionnées. La guerre est terminée depuis plus de 80 ans et autant dire que ces voitures ont un certain vécu… Bref, la notion d’originalité prend une tout autre tournure !
Bon à savoir avant d’acheter
La bonne nouvelle, c’est que la mécanique est simple et que les pièces se trouvent très facilement. La mauvaise, c’est que cette simplicité a parfois encouragé des restaurations très créatives, mélangeant des pièces de tous bords. Et l’autre mauvaise nouvelle, c’est que la corrosion peut faire des ravages ! Il faut donc vérifier le châssis, la caisse, les numéros, la cohérence des accessoires militaires, la boîte, les ponts, les freins et les fuites. Et puis, il y a évidemment la présence d’accessoires d’époque, une éventuelle remorque…
Combien ?
Forcément, forte de ce double statut de pièce historique et de formidable jouet pour grand enfant, la Willys MB a vu sa cote s’enflammer, même si aujourd’hui, la demande s’est quelque peu tassée. Comptez entre 30.000 et 40.000 euros.
On craque ?
Difficile… Oui, mais surtout pour son importance historique : chaque exemplaire a une incroyable histoire à raconter ! Et soyons honnêtes : cet engin est difficilement utilisable… Mais lorsque vous prendrez le volant, que ce soit pour une reconstitution historique ou juste une tranche de rigolade, quel pied vous prendrez !
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