« L’usure d’un moteur classique survient principalement lors des démarrages à froid et de la phase de mise en température », explique le spécialiste britannique Iain Tyrrell sur sa chaîne Youtube. Oui, il est parfaitement possible de limiter cet impact. Comment ? C’est là que ça devient complexe : en effet, les procédures de démarrage varient fortement selon le type de moteur : injection, carburateur, avec ou sans choke, pompe à essence électrique ou mécanique… Nous avons toutefois rassemblé les erreurs les plus courantes.
1. Chercher le « démarrage instantané » au lieu de laisser l’huile monter en pression
Sur beaucoup de voitures bien réglées, on se réjouit quand le moteur part « au quart de tour ». En réalité, à froid, c’est tout sauf une bonne nouvelle ! Pourquoi ? Tant que le moteur ne tourne pas, la pompe à huile ne débite pas. L’huile reste donc dans le fond du carter, la pression est nulle et les paliers de vilebrequin ne sont protégés que par le film résiduel. Or, pour lubrifier correctement toutes les pièces en mouvement, l’huile a un long circuit à effectuer ! Imaginez donc qu’en un instant, tous ces éléments mécaniques se mettent à tourner à 1.500, voire 2.000 tr/min et ce, quasiment sans lubrification ! Vous imaginez l’usure ?
La bonne approche sur une ancienne consiste donc à faire tourner le moteur au démarreur, soit à vitesse réduite, sans le démarrer ! Mais comment ? Là, les solutions sont multiples et chaque pro a sa petite méthode : certains laissent tout simplement le choke (lorsqu’il y en a un) repoussé. Non enrichi, le mélange sera alors trop pauvre pour la combustion dans les cylindres. D’autres iront nettement plus loin, en démontant les bougies pour faciliter la vie du démarreur ! Une méthode hélas chronophage, qui ne s’applique évidemment pas à tous les moteurs et qui use les filetages de bougie…
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Quand démarrer le moteur ? Dès que la pression d’huile donne des nouvelles ou que le témoin de cette dernière s’éteint.
Évidemment, sur les voitures plus récentes dotées d’une gestion électronique qui s’occupe de tout, il n’y a pas grand-chose que vous puissiez raisonnablement faire. À ce sujet, sachez que certains constructeurs soignent mieux leurs moteurs que d’autres, ces derniers ne recevant leur ration d’air et d’essence que lorsque l’huile a bien lubrifié l’entièreté du moteur… et donc que le démarreur a davantage tourné !
2. Laisser le régime monter trop haut ou donner de grands coups d’accélérateur
« Ne jamais tirer sur un moteur à froid » : ce dicton, vous l’avez certainement entendu plusieurs fois dans votre vie d’automobiliste. Et il est d’autant plus vrai lorsque le moteur vient de se réveiller : le film lubrifiant n’est pas encore parfaitement réparti partout, l’huile est plus épaisse et les contraintes mécaniques sont à leur maximum. Faire tourner le moteur à un régime élevé ne fait qu’accélérer drastiquement son usure ! L’idéal ? Le maintenir sur un filet de gaz aux alentours de 1.500 tr/min.
3. Laisser le moteur tourner au ralenti
À l’inverse, ne laissez pas votre moteur tourner sur un ralenti boiteux, le temps que vous fermiez la porte du garage ! « Cela favorise son encrassement et accélère également l’usure, la lubrification n’étant pas optimale à ce régime », rapporte Iain Tyrrell. Il faut donc trouver un bon compromis entre lubrification et usure ! D’où le régime idéal de 1.500 tr/min.
4. Considérer le starter ou le choke comme un interrupteur
Sur les moteurs équipés de carburateur, voire certains alimentés par une injection mécanique, on retrouve encore la présence de ce fameux « choke ». Son but ? Enrichir le mélange pour permettre le démarrage lorsque l’air est froid et donc, dense. Ce n’est donc pas une science exacte et chaque moteur se comporte différemment. Inutile donc de tirer à fond sur le choke lorsque l’air extérieur est déjà chaud (comme en… été, ce que vous aurez deviné…). Il faudra donc apprendre à doser…
De même, une fois que le moteur a démarré, ne l’oubliez pas et repoussez-le progressivement : en enrichissant le mélange, le choke encrasse le moteur, ce qui peut avoir de graves conséquences sur le long terme. Bref, il va falloir comprendre ce que vous susurre votre moteur !
5. S’acharner sur le démarreur
Autre classique : quand ça ne démarre pas, on insiste. Longtemps. Les constructeurs et la littérature technique indiquent pourtant qu’un démarreur automobile est conçu pour un usage intermittent, à savoir environ entre 5 et 10 secondes (très) grand maximum. Entre chaque tentative, laissez-le refroidir pendant un minimum d’une dizaine de secondes. Alors certes, un démarreur coûte moins cher à rénover qu’un moteur, mais ce n’est pas une raison pour le faire souffrir !
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