Marché : ces voitures anciennes qui quittent nos routes… mais qui ne vont pas très loin !

On vous l’a répété très souvent : le marché des classiques des années 50 à 70 est sérieusement à la peine en ce moment. Toutefois, il semble trouver un second souffle assez inattendu !

Publié le 25 mai 2026
Temps de lecture : 4 min

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Marché : ces voitures anciennes qui quittent nos routes… mais qui ne vont pas très loin !

Lorsque l’on parle de belles voitures prestigieuses des Trente Glorieuses qui quittent le Vieux Continent pour une nouvelle vie ailleurs, les regards se braquent naturellement vers les Etats-Unis, un marché historique en la matière. Plus récemment, le Moyen-Orient s’y intéresse aussi : il s’agit pour ces clients, de voitures qui leur étaient longtemps inconnues et qu’ils découvrent aujourd’hui dans toute leur splendeur… Toutefois, il s’agit principalement d’automobiles très prestigieuses ! Quid, dès lors, de ces voitures quinquagénaires plus populaires, ces MGB, Citroën Traction et autres Lancia Fulvia ? On le sait, le marché est à la peine pour ces modèles en Europe de l’Ouest, mais il semble qu’il ait trouvé un nouveau canal…

« Aujourd'hui, le marché des belles voitures classiques est clairement ralenti. Mais lorsque les voitures sont proposées au bon prix, elles partent. Et elles partent généralement à l'Est dans des pays où on n'a pas connu ces merveilles, à cause du rideau de fer. Aujourd’hui, les amateurs les redécouvrent », nous explique Xavier Molenaar, d’Oldtimerfarm.

À l’Est, ces voitures racontent autre chose

En Pologne, en Tchéquie, en Hongrie ou dans les pays baltes, une Mercedes Pagode, une Jaguar Type E, une Citroën DS ou une Austin Healey ne provoquent pas exactement la même réaction que chez nous. Rappelons qu’à l’époque du rideau de fer, ces voitures étaient souvent inconnues du grand public ! Il n’y a donc pas comme chez nous un engouement poussé par les souvenirs d’enfance, mais plutôt une appréciation de l’objet en tant que tel.

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© Mateusz Suski

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L’importation, une vieille habitude

Rappelons en outre que si le Belge ou le Français peut avoir quelques réticences à acheter au-delà de ses frontières, la mentalité est très différente à l’est ! La Pologne, en particulier, a développé depuis longtemps une énorme culture de l’importation automobile. En 2024, 882.510 voitures particulières d’occasion y ont été importées, soit une hausse de 19,5% sur un an selon le PZPM. Même si ces chiffres concernent l’ensemble du marché d’occasion, ils montrent une chose essentielle : acheter à l’Ouest, transporter, immatriculer et revendre n’a rien d’exotique... Bien au contraire : c’est une technique bien rodée ! Les classiques profitent donc d’un canal déjà existant, sans devoir réinventer la logistique. Transporteurs, intermédiaires, spécialistes administratifs : tout cela existe déjà.

Le pouvoir d’achat suit

Autre élément déterminant : le pouvoir d’achat. La Pologne n’est plus le marché fragile des années 90. Selon les données Eurostat de 2025, si l’on considère le PIB par habitant en standards de pouvoir d’achat, on constate que la Pologne s’est nettement rapprochée de la moyenne européenne ! L’Associated Press soulignait récemment que le pays figure désormais parmi les 20 grandes économies mondiales, avec un revenu par habitant approchant 85 % de la moyenne européenne.

Cela crée une vraie clientèle : entrepreneurs, cadres, professions libérales… Pas forcément pour des Ferrari à plusieurs millions, mais pour des voitures entre 10.000 et 80.000 euros, il existe donc un marché là-bas !

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© Mateusz Suski

Et les ateliers suivent

Enfin, ces voitures ne partent pas dans un désert mécanique. Cela fait de nombreuses années que le savoir-faire des artisans de l’Est est mis en valeur. On voit d’ailleurs régulièrement ces derniers lors des grands salons européens d’automobiles classiques, à l’œuvre sur des machines parfois prestigieuses. Et si vous en doutiez, demandez autour de vous, vous rencontrerez peut-être quelqu’un ayant envoyé sa voiture en restauration à l’Est. Ou, mieux encore, allez visiter le Warsaw Oldtimer Show qui met en avant la restauration, le detailing, les pièces, l’importation de véhicules historiques et les clubs. Oui, vous l’aurez donc compris, l’écosystème existe !

En outre, rappelons que si ces artisans rencontrent un certain succès au-delà de leurs frontières, c’est aussi, voire surtout, parce que la main-d’œuvre y est souvent moins chère que chez nous. Voilà qui peut donc rendre certaines restaurations plus cohérentes économiquement… En clair, une voiture qui n’a plus vraiment de sens financier chez nous peut retrouver un intérêt là-bas !

Faut-il y voir une fuite du patrimoine ? Peut-être… Mais ne vaut-il pas mieux une voiture qui roule et qui est appréciée là-bas qu’une auto endormie et oubliée chez nous ?

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Par François Piette Rédacteur automobile

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