Gand prépare ses radars antibruit : à quand les premières amendes ?

Trois rues gantoises viennent d'être désignées pour accueillir un appareil qui ne mesure ni la vitesse ni la distraction. Il écoute. Et pendant que la Belgique hésite encore, sept villes françaises attendent le feu vert qui rendra ces radars capables de verbaliser.

Publié le 26 septembre 2026
Temps de lecture : 4 min

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Gand prépare ses radars antibruit : à quand les premières amendes ?

À retenir

  • Gand a retenu la Rooigemlaan, la Dendermondsesteenweg et la Nieuwevaart pour tester un radar sonore.
  • En France, aucun radar n'a encore verbalisé malgré quatre ans d'essais. L'homologation est attendue en 2026.
  • Bruxelles a testé ces appareils dès 2023, mais chez nous non plus, la sanction ne sera pas effective tant qu’une homologation du fédéral n'arrive pas.  

Décidément, les automobilistes belges n’ont pas fini de se faire traquer. Ces dernières années, les radars en tous genres ont fleuri un peu partout sur nos routes. Il y avait déjà les fixes et les mobiles, mais ils ont été rejoints par les radars-tronçons, les nouvelles générations de lidars déposées ça et là – et particulièrement dans les chantiers – ainsi que les caméras ANPR qui traquent les défauts de contrôle technique, d’assurance ou, en ville, les conducteurs qui empruntent des sens uniques ou des voies piétonnes. Et bientôt, ces mêmes caméras ANPR pourront aussi détecter l’usage du téléphone au volant, le non-port de la ceinture de sécurité ou encore le non-respect des distances de sécurité, entre autres. Ça fait beaucoup et, manifestement, ce n’est pas terminé.

Car les équipements des autorités vont encore se renforcer. C’est le cas à Gand où la ville vient de désigner trois rues pour accueillir un radar d'un autre genre. Celui-ci ne regarde pas, il écoute.

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Trois rues, zéro poteau

Gand s'apprête à accueillir ses premiers radars antibruit. La Ville a retenu trois artères pour un essai, la Rooigemlaan, la Dendermondsesteenweg et la Nieuwevaart, et le choix ne doit rien au hasard : ce sont les rues d'où remontent le plus de plaintes de riverains pour le bruit des échappements des voitures. La police y intervient déjà avec des véhicules banalisés, mais elle ne peut évidemment pas y être en permanence, alors qu'un capteur est capable d’écouter jour et nuit.

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© Bruit Paris

Rien n'est pour autant encore installé. Le bourgmestre Mathias De Clercq (Voor Gent) interrogé par le conseiller communal Stijn De Roo (CD&V) reconnaît que Gand n'a même pas encore reçu d'offre de prix. Un premier test reste possible d'ici la fin de l'année.

Quand l’amende ?

Mais que risque concrètement l’automobiliste belge une fois que ces radars sonores seront installés ? En fait, personne ne le sait, car ce type d’appareil doit être reconnu au niveau fédéral et entrer dans la législation. Mais actuellement, c’est le vide. Pourtant, certains pays ont déjà fixé un cadre. C’est le cas de la France. Un arrêté du 7 juillet 2023 fixe le niveau à ne pas dépasser à 85 dB(A) pour un véhicule circulant en agglomération limitée à 50 km/h et le dépassement vaut contravention de quatrième catégorie, soit 135 euros. Le montant descend à 90 euros en cas de paiement dans les quinze jours, mais il grimpe à 375 au-delà de soixante. C'est la seule variable et la loi ne fait pas de différence entre un dépassement de 2 dB ou 20 dB. Sept territoires expérimentent ce nouveau type de radar (Paris, Nice, Toulouse, Bron, Rueil-Malmaison, Villeneuve-le-Roi et la vallée de Chevreuse), mais aucune amende n’est encore tombée faute d’homologation des appareils.

 CLÉMENT DORVAL : VILLE DE PARIS
© CLÉMENT DORVAL / VILLE DE PARIS

On se demande quel tarif pourra appliquer la Belgique. On serait tenté de penser que ce pourrait être comme pour le téléphone au volant, soit une amende de 191 euros hors frais administratifs, mais ça reste évidemment à voir.

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Cinquante-huit oreilles

Il faut comprendre aussi comment fonctionne un radar sonore. C’est assez différent d’un radar de vitesse et la contestation semble très délicate. Ainsi, l'appareil testé par Bruxelles Environnement avenue Louis Bertrand à Schaerbeek aligne 58 micros sur une même barre. Et ce n’est pas pour mesurer mieux, mais pour identifier d'où vient exactement le bruit et ainsi prendre une photo du bon véhicule.  En comparant les décalages infimes d'arrivée du son sur chaque micro, il localise la source dans le flux, puis la caméra photographie le véhicule concerné. 

L’initiative de Gand est intéressante à observer, car elle nous en dira peut-être un peu plus sur le timing d’arrivée de ces radars sonores qui, on s’en doute, finiront quoi qu’il arrive par débarquer.

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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