La Belgique continue de mettre la pression sur les automobilistes. Partout, les appareils de contrôle de la vitesse sont de plus en plus présents sur les routes et, bientôt, il est prévu que certains d’entre eux (les caméras ANPR pour ne pas les citer) assument de nouvelles fonctionnalités, comme la détection de l’usage du téléphone portable au volant.
Cela dit, entre les régions, le déséquilibre semble de plus en plus marqué. En effet, la Flandre connaîtrait une véritable explosion du nombre de radars-tronçons. D’après les chiffres du ministre fédéral de l’Intérieur Bernard Quintin, on dénombrait 246 dispositifs en 2023 contre... 1.233 aujourd’hui ! La progression est donc spectaculaire. Ainsi, les 285 communes flamandes comptent désormais en moyenne quatre radars-tronçons chacune. Officiellement, il s’agit de mieux faire appliquer les limitations de vitesse et de réduire le nombre d’accidents. Mais derrière cette croissance record, une question persiste : tous ces radars sont-ils réellement utiles et bien localisés ?
Des placements « pièges »
Interrogé par nos confrères de Gazet van Antwerpen, le professeur spécialisé en mobilité, Johan De Mol de l’Université de Gand, est pourtant partisan de l’utilisation des radars et des radars-tronçons qui auraient un effet préventif démontré. En revanche, il s’insurge contre l’emplacement des appareils qui seraient installés trop près des changements de limitation de vitesse. En clair, les radars-tronçons seraient de véritables pièges pour les conducteurs. En ne laissant pas l’occasion au conducteur de ralentir naturellement, on ne favorise plus la sécurité, mais la sanction.
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Il rappelle d’ailleurs qu’aux Pays-Bas, une norme impose une distance de 190 m entre le panneau signalant une nouvelle vitesse et la zone de mesure, et ce pour éviter toute injustice. Cette prescription n’a pas échappé à la ministre régionale de la Mobilité, Annick De Ridder (N-VA), qui étudie la possibilité d’instaurer une telle règle en Flandre. Pour rappel, ses équipes procèdent actuellement à un audit et elle a déjà suspendu 70 projets jugés peu ou non justifiés.
Wallonie et Bruxelles très en retrait
Autre question qui se pose face à cette explosion : pourquoi toujours en ajouter plus alors que toutes les installations flamandes ne sont pas encore pleinement fonctionnelles. Faute de capacité informatique suffisante au sein de la police fédérale, plusieurs radars ne peuvent pas encore traiter les infractions. Le ministre Quintin a néanmoins rappelé que des investissements informatiques sont en cours pour rendre ces systèmes pleinement opérationnels dans les prochains mois.
La comparaison avec les autres régions du pays est dure et elle souligne l’ampleur du fossé. En Wallonie, seuls 97 radars-tronçons sont recensés contre 12 à Bruxelles. Un contraste que plusieurs élus flamands jugent d’ailleurs « préoccupant ». Ils appellent d’ailleurs les autres Régions à « accélérer » leurs ambitions en matière de contrôle de vitesse. La Wallonie a bien prévu d’accélérer la cadence, mais le nombre d’appareils prévus ne permettra pas du tout de rattraper la Flandre...
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