Volvo avait lancé en 2025 un plan d’économies censé remettre ses comptes d’aplomb, avec déjà 3.000 suppressions de postes à la clé. Et malheureusement, le troisième trimestre de 2026 ne montre pas encore le redressement escompté. Le constructeur suédois est dans le rouge avec une perte d’exploitation ajustée de 3,7 milliards de couronnes suédoises (333 millions d’euros) contre un bénéfice de 5,8 milliards (522 millions d’euros) un an plus tôt. Pour encore réduire les coûts, il a décidé de supprimer 2.500 postes dans le monde, dont 2.000 en Suède. L’économie prévue est de 5 milliards de couronnes d’économies de plus, soit environ 450 millions d’euros.
Volvo Car plans to slash another 2,500 jobs as cratering sales in China and tariffs in the US complicate the Swedish automaker’s turnaround. https://t.co/5JABUGCwok
— Bloomberg (@business) October 23, 2026
Le poids du passé
Pour Volvo comme pour tous les autres constructeurs, un des nœuds du problème se situe en Chine. Dans l’Empire du Milieu où les ventes reculent tous azimuts, le chiffre d’affaires du constructeur a fondu de près de 50 % au troisième trimestre en raison de la guerre des prix qui n’en finit pas. Et ce n’est pas tout. Aux États-Unis, les droits de douane et la fin des aides à l’achat de véhicules électrifiés pèsent aussi très lourd sur les ventes et, de l’aveu de la marque, le nouveau SUV électrique EX60 démarre sa carrière commerciale beaucoup trop lentement. Enfin, il y a toujours la délicate question de la surcapacité de production. Volvo visait en effet 1,2 million de voitures par an dès 2025 et c’est pour cela qu’il avait construit une nouvelle usine en Slovaquie. Problème : seulement 710.000 unités ont été écoulées l’an dernier.
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Volvo doit donc encore resserrer la corde et réaliser des économies. Et celles-ci vont une nouvelle fois passer par les ressources humaines. Selon le constructeur, c’est surtout la Suède qui va porter le plus gros du dégraissage. Environ 2.000 emplois concernent en effet des fins des contrats de consultants, des départs naturels et « plans de départ ciblés » proposés aux salariés. En clair, ce sont les cols blancs qui sont les premiers concernés. C’est environ 10 % de l’effectif du pays, estimé à 13.000 environ, hors usines de production.
On se demande évidemment quels postes seront touchés et on se demande dans quelle mesure Geely ne prévoit pas de rapatrier le développement de ses véhicules vers la Chine où les processus sont plus rapides et la main-d’œuvre moins chère. Jusqu’ici, Volvo avait toujours mis en avant son indépendance vis-à-vis de son actionnaire chinois et donc sa « patte » européenne pour ses véhicules. On imagine donc que les choses pourraient changer – même si on ne l’espère pas, l’hypothèse n’étant pas confirmée à ce stade.
Et Gand ?
Naturellement, la question de l’usine belge de Gand se pose aussi dans ce nouveau plan. Où se situeront les 500 autres postes ? Nul ne le sait, mais en Belgique, ce type d’annonce suscite évidemment des craintes pour l’usine de Volvo Car Gent. Sa porte-parole, Barbara Blomme, s’est exprimée dans les colonnes de De Tijd. Elle indique que la direction examine en interne ce que ces économies pourraient signifier pour le site qui emploie plus de 6.300 personnes. Mais tout laisse penser que l’impact serait limité.
Gand a produit plus de 200.000 voitures en 2025 et il est prévu un maintien de l’activité depuis le protocole d’accord passé en juillet entre l’État fédéral, la Flandre et Volvo. Le public apportera jusqu’à 119 millions d’euros de soutien en plus des efforts d’efficacité de Volvo. À suivre...
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