Des milliers d'emplois et l'image suédoise menacés chez Volvo

On comprend mieux pourquoi Volvo a changé de patron si rapidement. Les mauvais résultats montrent que la marque est structurellement déficitaire. C'est ce qui explique les décisions radicales de Håkan Samuelsson même si, selon des experts, les choses ne se présentent pas bien du tout. Faut-il craindre pour l'usine de Gand qui vient d'accueillir le EX30 ?

Publié le 30 avril 2025
Temps de lecture : 4 min

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Des milliers d'emplois et l'image suédoise menacés chez Volvo

Après une pause de trois ans, Håkan Samuelsson est de retour derrière le volant de Volvo et l'homme ne perd pas de temps. Quelques semaines à peine après sa nomination au poste de PDG, il met déjà sur la table un grand plan d'économies qui se monte à 18 milliards de couronnes suédoises, soit environ 1,6 milliard d'euros. La phase de redressement promet donc d'être lourde, mais nécessaire. Et à la question de savoir si Volvo traverse une crise profonde, il répond « ce ne serait une crise que si nous ne faisions rien. » Le style est direct.

Une aubaine ponctuelle

Volvo semblait pourtant en bonne santé. L'EX30 est la deuxième voiture électrique la plus vendue en Europe et, malgré le ralentissement de l'intérêt pour la voiture électrique, la marque semble tenir bon. Mais en 2025, Volvo est devenue structurellement déficitaire. Le premier trimestre de l'année a été beaucoup plus faible que prévu. 

Volvo a vendu 6% de voitures en moins qu'il y a un an, le chiffre d'affaires a chuté de 12% et le bénéfice d'exploitation a été divisé par deux. Sans un refinancement exceptionnel en provenance de la vente d'actions de la marque sœur, Lynk & Co, les bénéfices se seraient totalement effondrés et les comptes auraient été en rouge.

Håkan Samuelsson
Håkan Samuelsson

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Le message est clair : l’heure n’est pas à la fête. En réponse, Volvo a annulé ses prévisions de bénéfices pour 2025 et 2026. Ce faisant, elle signale qu'elle ne peut plus faire de prévisions sur ses performances en ces temps difficiles, ce qui n'est jamais bon signe.

Samuelsson propose de ce fait un vaste ensemble de mesures, dont la plupart ne prendront pleinement effet qu'en 2026. La discipline en matière de coûts va être très nettement renforcée. le constructeur va renoncer à des investissements, réduire les stocks et diminuer ses achats de pièces détachées. Mais la mesure la plus dure concerne la main-d'œuvre : les coûts salariaux doivent être réduits de cinq milliards de couronnes, ce qui devrait se traduire par plusieurs milliers de licenciements dans le monde entier. Volvo ne communique pas de chiffre exact. Les médias suédois indiquent que la main-d'œuvre de Göteborg, en particulier, a des raisons de s'inquiéter, mais pour l'instant, rien n'est encore clairement établi.

La régionalisation comme solution ?

Outre les économies, M. Samuelsson va également redessiner la structure de Volvo. Le constructeur suédois, propriété du chinois Geely depuis 2010, subit l'impact des tensions commerciales entre la Chine, l'Europe et les États-Unis. Pour atténuer les droits de douane, Volvo va opter pour une régionalisation : des modèles adaptés aux différents continents, une production plus proche des marchés cibles (comme l'EX30 qui sort de la chaîne de production à Gand depuis la semaine dernière). Mais, revers de la médaille : la régionalisation fait grimper les coûts de production.

Volvo EX30
Volvo EX30

Ce bouleversement va aussi concerner le positionnement de Volvo au sein du groupe Geely. Jusqu'à présent, la marque jouissait d'une certaine autonomie, destinée à préserver son image de constructeur premium scandinave. Mais cette position privilégiée ne serait plus tenable. Samuelsson souhaite partager davantage de technologies et de composants avec des marques comme Polestar, Zeekr ou Lynk & Co. Volvo deviendra donc encore plus chinoise et elle sera de facto moins suédoise.

On ne va pas se mentir: cette annonce n'est pas accueillie avec un enthousiasme débordant. Dans la presse économique suédoise, les analystes parlent d'une opération dite "d'évacuation". En clair, il s'agit de se débarrasser de toutes les mauvaises nouvelles en une seule fois, en plaçant la barre très bas pour obtenir par la suite des résultats meilleurs que prévu. « Mais il ne s'agit pas de mesures ponctuelles », écrit l'analyste Harry Martin de Bernstein sur le site de l'EFN. "Les problèmes sont structurels”. Et sa collègue Elin Wiker conclut que : « la situation n'est vraiment pas brillante ». Pour le patron, Samuelsson, il est encore possible d'inverser la tendance. Il s'est donné deux ans pour y parvenir.

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Par Piet Andries Rédacteur automobile

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