On peut clairement parler d'un retournement de situation inattendu. Hier, Volvo a annoncé que son PDG Jim Rowan quittait ses fonctions avec effet immédiat. Mais ce qui est encore plus étonnant, c'est que le constructeur suédois, qui appartient au Chinois Geely, a précisé que c’était Håkan Samuelsson qui allait prendre la relève. Håkan Samuelsson est un visage familier du constructeur : cet homme de 74 ans a déjà dirigé l'entreprise entre 2012 et 2022. Volvo serait-il mieux dirigé par un Suédois de souche ou s’agit-il d’autre chose ?
Aucune expérience dans l'automobile
Après Carlos Tavares, Jim Rowan est donc le nouveau capitaine automobile à passer par-dessus bord alors que le secteur se trouve en pleine tempête. L'industrie automobile mondiale est en effet confrontée à une transition hésitante vers la voiture électrique, mais aussi à des tensions géopolitiques ainsi qu’à des droits de douane plus coûteux. Il faut dire aussi que le groupe automobile Geely ne dispose pas des actionnaires les plus patients. Après avoir écarté le patron de Polestar, Thomas Ingenlath, l’an dernier (remplacé par l'ex-PDG d'Opel, Michael Lohscheller), les dirigeants de Geely procèdent de la même manière avec Jim Rowan.

D’origine écossaise, Jim Rowan était arrivé à la tête de Volvo en 2022 sans expérience préalable dans le secteur automobile. Il avait passé sa carrière professionnelle chez BlackBerry et Dyson, entre autres. Chose curieuse : sous sa direction, le constructeur suédois n'a pas enregistré de mauvais résultats. En 2024, le bénéfice net a augmenté de +13% pour atteindre 1,4 milliard d'euros, grâce à une hausse des ventes de +8%. Et avec l'EX30, il a également fait preuve d’une belle réussite, puisque ce crossover est la deuxième voiture électrique la plus vendue en Europe.
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Baisse des prix
Mais cela ne suffit apparemment pas. En particulier, les patrons chinois sont mécontents de la valorisation de l'entreprise. À la Bourse de Stockholm, l'action est en chute libre : depuis janvier 2022, son cours a chuté de 75%. La semaine dernière, elle a replongé brutalement, suite à l'annonce de Donald Trump d'imposer des droits d'importation de 25% sur les voitures étrangères à partir de ce mois d'avril 2025.
La Commission européenne a également imposé précédemment des droits d'importation sur les voitures chinoises, ce qui constitue un autre coup dur pour la rentabilité de Volvo, étant donné qu'une partie de sa production a lieu en Chine. Il s'agit pourtant de décisions politiques, sur lesquelles Jim Rowan n'a aucun contrôle, mais apparemment il n’a pas su répondre à ses patrons avec une stratégie – un manque d'expérience ? – pour convaincre l'entourage de Li Shufu, le grand manitou de Geely. Selon les médias suédois, les problèmes technologiques rencontrés avec le modèle phare EX90 ont également pesé dans la balance pour la décision du management. Les problèmes de logiciel ont considérablement retardé le lancement et terni l'image de la marque.

La main à la pâte
Volvo estime que la nomination de Håkan Samuelsson est nécessaire, car nous sommes à « un point de bascule pour l’entreprise et le secteur ». Selon le Conseil d'Administration, la situation actuelle exige un dirigeant ayant « une connaissance approfondie de l'industrie » et « une capacité de maintenir le cap en période de turbulences ». Ces propos constituent peut-être aussi une critique à l'égard de Jim Rowan. En outre, Samuelsson a toute la confiance du régime chinois. Car il faut se souvenir que c’est lui qui a négocié la vente de la marque à Geely.
Le nouveau mandat de Samuelsson aura une durée de deux ans. Volvo gagne ainsi du temps, ce qui lui permet de mieux évaluer l'évolution de la situation mondiale et de choisir rapidement un successeur à plus long terme. Håkan Samuelsson jouit toujours d'une grande estime au sein de Volvo et il est considéré comme un choix sûr. L’avenir nous dira s’il est bien l’homme de la situation.
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