À l’approche des vacances d’été, nombreux sont les automobilistes qui nourrissent le rêve de partir cheveux au vent. Il est vrai que la conduite sans toit, soleil tapant sur le visage et courants d’air plein l’habitacle reste l’une des expériences les plus agréables et grisantes. Or, l’offre dans ce secteur est aujourd’hui étonnamment réduite. Alors que la voiture découvrable a longtemps été un symbole de prestige pour les marques, elle est devenue une rareté.
L’ascension et la chute
Autrefois, les cabriolets étaient nombreux sur les routes. Si on remonte le fil de l’histoire, il faut se souvenir que toutes les voitures étaient des cabriolets aux origines. Car le toit était une option : capote en toile, toit pliant ou... pas de toit du tout ! Ce n’est que plus tard que le pavillon est devenu la norme, faisant alors du cabriolet un segment à part. Dans les années 1990 et 2000, cette race automobile a même connu une forte renaissance, avec de nombreux modèles abordables et compacts destinés à un large public. On pense aux sympathiques Peugeot 206/207 CC et 307/308 CC, des voitures abordables équipées d’un génial toit rigide escamotable. Ford, Volkswagen, Renault : toutes les marques généralistes ont suivi. Opel proposait même une Astra TwinTop qui était alors fabriquée à Anvers.
Aujourd’hui, la situation est toutefois bien différente. Les cabriolets populaires ont presque tous disparu. Le segment s’est vidé, progressivement, mais sûrement. Chez Volkswagen, on trouve encore le T-Roc Cabrio, qui tente de concilier l’esprit cabriolet avec la tendance SUV – une combinaison il est vrai un peu particulière. La Golf Cabrio (avec l’arceau qui était un trait caractéristique), la Beetle Cabrio ou l’Eos ont disparu depuis longtemps. Mini propose encore un Cabrio, récemment restylé d’ailleurs.
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Les roadsters sous pression
Du côté des roadsters aussi le recul est palpable. Audi a arrêté la TT Roadster. BMW commercialise encore la Z4, mais celle-ci ne devrait pas être remplacée à la fin de sa carrière l’année prochaine. Mercedes a supprimé la SLC. Ceux qui cherchent le plaisir d’une propulsion légère à deux places se retrouvent presque automatiquement chez Mazda, avec la MX-5 – le roadster le plus vendu au monde depuis des décennies. Bonne nouvelle : le constructeur japonais semble bien décidé à faire perdurer ce modèle, avec ou sans électrification.
Les causes de cette hémorragie sont connues : un cabriolet coûte cher à développer, il pèse plus lourd, nécessite un gros travail de renforcement de la caisse et il ne s’en vend que de petits volumes. Dès lors, dans un contexte de réduction des émissions de CO₂ et d’électrification à marche forcée, le cabriolet a été perçu comme une incongruité. Et une voiture électrique décapotable ? Il n’y en a pas, ou presque. La MG Cyberster reste une exception dans ce domaine et ses ventes sont marginales. Et ça fait longtemps que le Roadster 2 de chez Tesla se fait attendre...
Un toit panoramique à la place ?
Parce qu’ils ne trouvent pas de cabriolet répondant à leurs attentes, certains se rabattent alors sur des véhicules dotés d’un toit panoramique coulissant. Sauf que ce type d’équipement tombe aussi en désuétude. Sur les voitures électriques, le toit n’est d’ailleurs souvent plus ouvrant. Il suffit de voir le Volvo EX90 ou la Mercedes CLA : ces voitures proposent des toits panoramiques fixes, sans possibilité d’ouverture. Les raisons invoquées tiennent dans le gain de poids, la réduction des coûts de développement, le ménagement de plus de garde au toit, moins d’entretien, une meilleure aérodynamique. De l’air frais ? On peut donc oublier !
Ce qui impressionne aujourd’hui, ce sont les nouveaux toits vitrés intelligents. Sur des modèles comme la Volkswagen ID.7, la Renault Scénic E-Tech ou l’Audi A6 e-tron, l’opacité du toit peut être réglée par l’intermédiaire d’un simple bouton – voire via la commande vocale. Grâce à des verres électrochromes, on peut choisir la quantité de lumière qu’on laisse entrer. C’est évidemment spectaculaire, certes, mais cela ne résout pas le problème d’avoir de l’air frais.
Les chiffres parlent
Les statistiques de la FEBIAC sont sans appel : en 2010, plus de 12.000 cabriolets ou roadsters neufs avaient été immatriculés en Belgique. Et en 2023 ? Moins de 3.000 pièces ! La chute atteint donc près de 75%. Là où chaque marque proposait autrefois un ou deux modèles décapotables, il n’y en a plus que quelques-uns. Même Mercedes, pourtant spécialiste du genre, ne propose plus que deux cabriolets dans sa gamme : le CLE et le SL.
Un espoir ?
Heureusement, il reste le marché de l’occasion. Sur Gocar.be, on peut encore trouver encore des centaines de cabriolets : d’anciennes Audi TT, des Mini décapotables, des BMW Z3… Pour moins de 10.000 euros, on peut ainsi s’offrir une charmante propulsion qui garantit une belle bouffée d’air frais. La recette est simple : un peu de nostalgie, un rayon de soleil et, surtout, un maximum de plaisir de conduite. Alors, savourons tant qu’on peut encore le faire. Et espérons que les constructeurs ne laissent pas complètement tomber ce segment. L’avenir est-il aux cabriolets électriques ? Pourquoi pas. Les passionnés sont toujours là, mais ils ont de moins en moins le choix. Il est temps que les constructeurs leur accordent le minimum de considération qu’ils méritent...
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