D’ici un an, le Chinois BYD va déployer un réseau de recharge rapide sur le continent européen. Et il entend bien révolutionner l’offre. Son arme ? Des bornes dites « flash chargeurs » d’une puissance inégalée de 1.360 kW. Cette infrastructure permettra de récupérer jusqu’à 470 km d’autonomie en seulement cinq minutes. De quoi rendre un « plein » électrique presque aussi rapide qu’un arrêt à la pompe.
Mais cette démonstration de force dépasse la simple prouesse technique. À l’instar de Sparki, jeune start-up belge qui déploie des bornes de 720 kW, BYD s’inscrit dans une nouvelle ère de la recharge : celle de la puissance mutualisée. Car aucune voiture actuelle – pas même chez les constructeurs les plus avancés – ne peut absorber de telles puissances en une seule session, même avec un réseau de 800 et bientôt 900 volts. L’intérêt de ces stations réside donc surtout dans leur capacité à alimenter simultanément plusieurs véhicules à des puissances élevées en évitant les effets de saturation qui réduisent trop souvent la vitesse de charge à moins de 100 kW lorsque plusieurs prises sont utilisées.
Une réponse à l’hégémonie de Tesla
L’entrée en scène de BYD dans le domaine des infrastructures de recharge pourrait rebattre les cartes. Jusqu’ici, Tesla dominait le marché grâce à son réseau exclusif de Superchargers, désormais partiellement ouvert aux autres marques. Mais pionnier hier, Tesla plafonne puisque les nouveaux superchargeurs V4 ne délivrent qu’une puissance de 500 kW. Certes, il existe d’autres réseaux, comme celui de Ionity (qui déploie des chargeurs de 600 kW actuellement), Fastned ou Electra, mais ils sont moins développés. En constituant son propre maillage de bornes ultrarapides en Europe, BYD indique son intention de concurrencer directement l’Américain sur un terrain stratégique : la maîtrise de l’expérience utilisateur, de l’achat du véhicule jusqu’à la recharge.
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Stella Li, vice-présidente du groupe, a précisé à la presse récemment que BYD n’hésitera pas à avancer seul si aucun partenariat ne se concrétise. Des discussions sont en cours avec Shell, mais le constructeur se dit prêt à déployer lui-même son réseau si nécessaire. En Chine, ce sont déjà 10.000 bornes similaires qui sont opérationnelles. En Europe, BYD commencera par équiper ses propres concessions, avant de s’attaquer à un maillage plus large.
L’Europe pas prête, mais BYD a des solutions
Un défi majeur subsiste : l’infrastructure électrique européenne n’est pas partout en mesure de supporter de telles puissances. Mais le constructeur chinois assure disposer de technologies de batteries capables de lisser les pics de consommation et de s’adapter à la réalité du réseau. Les voitures BYD vendues aujourd’hui sont déjà prêtes pour ces évolutions.
Au-delà de la technologie, BYD poursuit une implantation stratégique en Europe, avec seize concessions déjà présentes en Belgique et une usine en construction en Hongrie. Ce site accueillera également un centre R&D et le futur siège européen du groupe. Face aux tensions commerciales avec l’Union européenne, qui a relevé les droits de douane à 27%, Stella Li reste stoïque : « Ce n’est qu’un obstacle à court terme ». Chaque année, les ventes de BYD en Europe augmentent de 10%. La marque est persuadée qu’en 2030, elle sera un des principaux acteurs du marché. Les ambitions restent intactes, malgré les freins. Mais ils ne résisteront pas longtemps au rouleau compresseur BYD.
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