La phase de recherche d'un successeur au très controversé Carlos Tavares est désormais terminée. Après un processus de plus de six mois, le constructeur automobile Stellantis a enfin trouvé son nouveau CEO. Le Conseil d'administration a en effet nommé à l'unanimité Antonio Filosa. Cet Italien compte plus de 25 ans d'expérience dans le secteur automobile et n'est pas inconnu au sein de l’empire Stellantis. C’est le 23 juin 2025 qu’il prendra officiellement les rênes du groupe franco-italo-américain, qui regroupe 14 marques, dont notamment Peugeot, Fiat, Jeep ou Opel.
Un gestionnaire de crise au parcours exemplaire
Antonio Filosa a commencé sa carrière chez Fiat en 1999. Il est passé par l’Amérique latine où il a notamment dirigé les opérations de Fiat Chrysler avec un certain succès. Il a en effet aidé Fiat à devenir leader du marché, tout en stimulant des marques comme Peugeot, Citroën, Jeep et Ram dans cette région du monde. Ce travail a d’ailleurs été récompensé en 2023, lorsqu'il a été nommé patron de Jeep, puis quelques moins plus tard avec le poste de directeur pour les marchés d'Amérique du Nord.
Filosa connaît les ficelles du métier. Et c'est un gestionnaire de crise qui a déjà fait ses preuves. Cela dit, le défi qui l’attend est de taille. Ce sera d’ailleurs le plus grand de sa carrière. Car Stellantis traverse une crise profonde. L'année dernière, les bénéfices ont chuté de 70% et, commercialement, c'est surtout le marché américain qui pose problème alors que celui-ci est habituellement un des piliers du groupe grâce aux ventes de SUV et de pick-up Ram et Jeep... qui se sont effondrées.
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Une "todo » impressionnante
La tâche du nouveau CEO ne sera pas simple, car, dans l’intervalle, Donald Trump a fait son retour sur la scène et en mars, il a réintroduit des droits de douane sur les importations de voitures étrangères. Selon les analystes, ces droits de douane sont problématiques, car ils pourraient coûter à Stellantis jusqu'à 75% de ses bénéfices cette année. En Europe, le portefeuille de la marque est unanimement plombé par des ventes en chute libre, auxquelles s'ajoutent des problèmes de qualité.
Filosa devra par ailleurs réformer l'organisation et regagner la confiance des syndicats comme celle des concessionnaires qui ont atteint des niveaux historiquement bas sous le règne de Tavares. Et il devra aussi se montrer capable de relancer les ventes sur un marché mondial des plus chahutés. Il faut dire que Stellantis a joué pendant des années la carte de la mondialisation à outrance. Mais le vent a tourné et, désormais, les industriels doivent de plus en plus miser sur le local.
Un couperet ?
La principale question est de savoir ce que Antonio Filosa fera de son portefeuille de 14 marques. Sous l’ère Tavares, chaque marque avait jusqu'à 2030 pour prouver sa rentabilité. Mais la nouvelle réalité économique risque fort de précipiter ces échéances. Filosa optera-t-il pour des partenariats plus solides encore ou, au contraire, sortira-t-il la hache de guerre pour sabrer dans le portefeuille de marques en se débarrassant des filiales les plus mal en point, comme Maserati ? On le saura probablement très bientôt.
Pour l'heure, la nomination d’Antonio Filosa est saluée tant au sein de Stellantis qu’à l’extérieur de l'organisation. Le président, John Elkann, a salué le « leadership axé sur les personnes » et le « connaissance approfondie de l'entreprise » de Filosa. Et selon le vice-président, Robert Peugeot, il était « le choix logique » pour diriger l'entreprise à ce stade critique. Mais qu’en pense Filosa lui-même ? « Je considère que c'est un grand honneur de diriger cette entreprise », a-t-il expliqué. « Notre force réside dans notre personnel, nos marques et un héritage de plus de cent ans. Ces valeurs et traditions continueront à nous porter vers l'avenir. »
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