Les ventes mondiales de Tesla sont toujours en chute libre. Au deuxième trimestre, le constructeur américain a livré 384.122 véhicules, soit une baisse de -13,5% par rapport à la même période l’an dernier. Il s’agit ainsi du deuxième trimestre consécutif de recul des ventes. Il y avait un espoir que le nouveau Model Y inverse la tendance, mais ça n’a pas été le cas – ou pas encore.
Le pionnier du genre pose un genou à terre
Bien que les analystes anticipaient une spirale négative pour Tesla, la situation semble bien pire que prévu. Elon Musk affirmait pourtant en avril dernier que le creux connu en début d’exercice était passager et que la crise de Tesla en Europe n’était que locale. Mais il doit aujourd’hui se raviser. Parce que la réalité est là : en Europe, les immatriculations ont été divisées par deux depuis le début de 2025. Les derniers chiffres montrent en effet que Tesla n’a vendu que 50.400 voitures dans l’Union européenne au premier semestre, soit une chute de -45% alors que le marché de la voiture électrique est en croissance – certes douce, mais en croissance quand même. L’évidence est là : les consommateurs tournent donc véritablement le dos au constructeur américain.
Cette situation s’explique en partie par la concurrence acharnée des marques chinoises, comme BYD ainsi que par celle livrée par les nouveaux modèles électriques de constructeurs renommés, comme BMW, Volvo ou Renault. Tesla reste fortement dépendant de ses Model 3 et Model Y, qui, malgré leurs mises à jour, apparaissent aujourd’hui dépassés face aux alternatives plus récentes. Sur les 384.000 voitures vendues, ces deux modèles ont d’ailleurs représenté 97% du volume écoulé. Les ventes de Cybertruck, de Model S et X ou de camions Semi sont donc parfaitement symboliques.
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Le retour de bâton
La posture politique de Musk lui revient donc en pleine figure. Le patron de Tesla, qui a dirigé le groupe de travail sur l’efficacité gouvernementale (DOGE), est désormais renié par celui qu’il avait pourtant soutenu à coups de millions de dollars pour accéder à la Maison-Blanche.
La relation entre les deux hommes d’affaires s’est fortement dégradée. Et ce qui avait démarré comme une solide alliance s’est transformé en une bataille publique, souvent par réseau social interposé. Donald Trump accuse Musk d’être dépendant de « plus d’aides d’État que n’importe qui sur Terre » et il a même demandé aux nouveaux dirigeants du DOGE d’examiner les entreprises de Musk dans le cadre d’économies budgétaires. Trump, qui a souhaité publiquement voir Musk retourner dans son pays natal, l’Afrique du Sud, semble décidé à supprimer rapidement les crédits d’impôt accordés aux véhicules électriques et c’est déjà le cas avec sa loi « One Big Beautiful Bill » qui vient d’être votée. Pour Musk, c’est un véritable coup de couteau, car la marque dépend beaucoup de ces aides pour maintenir sa compétitivité.
La suppression des aides est actée et elle entrera théorique en vigueur fin septembre. Et pour Tesla, cette annonce tombe au plus mauvais moment. Les usines de la marque tournent au ralenti et les stocks augmentent en raison d’une demande bien trop faible. En Chine – qui est toujours le plus grand marché de Tesla – les ventes ont aussi reculé de plus de 22.000 unités cette année, malgré d’importantes baisses de prix. La situation semble donc partout être la même.
Le bras droit de Musk remercié
C’est dans ce contexte qu’Elon Musk vient donc de reprendre les commandes de Tesla et son rôle de PDG. Et il fait le ménage. Car il vient de licencier en toute discrétion son bras droit de toujours, Omead Afshar. Un geste hautement symbolique, car il faut se souvenir que les deux hommes dormaient sur le sol de l’usine alors que la production démarrait dans la toute première usine de Fremont, en Californie. Jusque récemment, Afshar supervisait la production et les ventes en Amérique du Nord et en Europe. Mais Musk reprend personnellement en main, aussi sur la question des ventes sur les marchés clés.
Voilà plusieurs semaines qu’on a compris que Tesla n’était pas intouchable. Et pour Musk, c’est un nouveau défi qui s’annonce, probablement le plus difficile de sa carrière, lui qui aime se présenter comme un visionnaire détestant le côté interventionniste de l’État. Tesla publiera ses résultats semestriels à la fin du mois. Il faudra voir ce qui se passera à ce moment et si la crédibilité d’Elon Musk est toujours là. Ou pas.
Cela dit, Elon Musk n'a pas l'intention de tourner le dos à la politique. Il avait par le passé déjà fait savoir qu’il souhaitait créer un parti politique qui se poserait en alternative à celui des démocrates et des républicains. Et c’est ce qu’il a effectivement fait le week-end dernier. Mais les premières réactions à la création du « Parti de l'Amérique » ne sont pas spécialement positives. Les actions de Tesla ont dans la foulée enregistré une baisse de valeur de près de 10 % à la bourse. L’affaire n’est donc pas terminée...
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