C’est depuis Auburn Hills dans le Michigan (USA) qu’Antonio Filosa a présenté son plan de redressement pour le groupe Stellantis. Baptisé FaSTLAne, ce programme quinquennal promet d’engager 60 milliards d'euros, dont 36 milliards destinés aux lancements de nouveaux produits. Il y aura 60 nouveautés et 50 restylages majeurs d'ici 2030. Pour tenir ce rythme, le groupe entend réduire les temps de développement moyens de quarante à vingt-quatre mois. La hiérarchie des marques est par ailleurs clairement établie : Fiat, Peugeot, Ram et Jeep vont capter à eux seuls 70 % des investissements. Les autres, Citroën, Opel, Alfa Romeo, Chrysler, Dodge, Lancia, DS et Maserati, attendront.
Mobility in the #FaSTLAne! ⏩#Stellantis unveils today its €60 billion strategic plan, centered around six core pillars, to drive long-term profitable growth. #InvestorDay #FaSTLAne2030
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L'Amérique du Nord concentrera à elle seule 60 % les investissements dédiés aux marques, soit environ 22 milliards d'euros. Filosa vise +35 % de volumes sur ce marché, avec une marge opérationnelle de 8 à 10 %. La promesse est ambitieuse, car au premier trimestre 2026, elle était de seulement 1,6 %. C’est dire si la route va être longue.... Mais il n’en reste pas moins que c’est là que le groupe entend refaire sa santé financière, après des pertes colossales en 2025. L'Europe, elle, devra se contenter d'une marge de 3 à 5 %. C’est deux fois moins.
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La recette des Chinois
Ce virage vers les volumes ne se fera pas seul. Stellantis a annoncé qu’il s’appuierait sur ses partenariats avec les Chinois Leapmotor et Dongfeng à la fois pour l’ingénierie, les achats et la production. Objectif : tenir les promesses sur les délais et les coûts. Cette logique de réduire les prix, de gonfler les volumes et de raccourcir les cycles de développement n’est pas inconnue. C’est précisément celle qu'ont appliquée BYD et ses concurrents pour bousculer l'industrie mondiale ces dernières années. Le parallèle est évident, d’autant que Renault a déjà montré la voie avec la Twingo E-Tech développée en un temps record. Il n'en sera pas autrement ici.
Citroën, Opel, et après ?
Mais FaSTLAne explique aussi comment vont évoluer les autres marques de la galaxie Stellantis, soit celles qui ne seront pas « privilégiées » ou leaders. DS, qui avait pris son indépendance en 2014, va ainsi repasser sous la coupe de Citroën. Et Lancia sera mise sous tutelle de Fiat. En grande difficulté, Maserati se voit promettre deux nouveaux modèles et une feuille de route dédiée dont les détails doivent encore être précisés.
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Mais le vrai changement de paradigme concerne Citroën et Opel. Ces deux marques ont toujours revendiqué une culture d'ingénierie propre, une identité technique et une façon d'innover qui leur appartenait. Les voilà désormais reléguées au rang de « marques régionales ». Et dans ce cadre, elles recevront les plateformes développées par d'autres et se différencieront par le design. Quid de leurs ingénieurs ? Filosa n’a pas donné de réponse.
Et si le marché change ?
Les investisseurs attendaient peut-être davantage de concret. Car l'action Stellantis a chuté de plus de 6 % en séance ce jeudi. Les marchés ne digèrent pas forcément bien les plans stratégiques le jour J, mais ça peut encore évoluer. Cela dit, l'accueil semble mitigé.
L’idée qui devrait tarauder les investisseurs comme les observateurs, c’est le fait que FaSTLAne répond au marché tel qu'il est aujourd'hui, soit le retour de la demande pour du thermique en Amérique du Nord et celle, hésitante, de l’électrique en Europe. C'est une lecture réaliste, mais sur les modèles annoncés, 39 sont thermiques ou hybrides légers et seulement 29 électriques. Le pari est donc aussi risqué. Car si la demande électrique repart à la hausse endéans les trois ans (par exemple avec un nouveau président américain qui reviendrait aux idées d’électrification de Joe Biden), Stellantis accusera alors un retard important et n’aura d’autre choix que de devenir le vassal technique de ses nouveaux partenaires chinois. S’ils sont d’accord. La stratégie est donc réactive, mais elle est aussi court-termiste. A voir donc si le groupe aura encore la maîtrise technologique pour pivoter rapidement s'il le faut...
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