Le 10 juin dernier, la ministre de la Mobilité flamande, Annick De Ridder (N-VA) a posté la photo d'un document paraphé sur X. La ministre flamande de la Mobilité venait de signer l'homologation et l'autorisation du Full Self-Driving supervisé de Tesla, cette fonction de conduite autonome ou quasi qui, jusqu’ici, restait interdite sur notre territoire.
Il faut préciser qui ne s’agit plus d’autoriser des tests d’ingénieurs. La phase d'essai, c'était mai avec un seul véhicule qui a parcouru environ 5.000 km pour mesurer les écarts entre l'infrastructure belge et néerlandaise. Ce qui s'ouvre maintenant, c'est le déploiement vers les propriétaires belges équipés du Hardware 4 et de la version v14.3 du logiciel, attendu dans les jours qui suivent.
De @Tesla community houdt hier al geruime tijd de vinger aan de pols over de toelating voor de FSD-technologie op onze Vlaamse en Belgische wegen.
— Annick De Ridder (@AnnickDeRidder) June 10, 2026
Uit waardering voor jullie niet-aflatende interesse (en aanmoediging 😉), krijgen jullie hierbij de primeur: ik heb net de toelating… pic.twitter.com/Yrps4OHTj8
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Pas de quoi lâcher le volant
Le mot « autonome » colle à la peau du FSD et il est trompeur. Cette aide à la conduite reste classée au niveau 2 sur l'échelle SAE (qui va jusqu’à 5). La voiture gère la direction, le maintien dans la voie, les changements de file, les ronds-points et les intersections, mais le conducteur demeure légalement responsable chaque seconde. Le prestigieux IMEC (centre de recherche flamand spécialisé dans les nanotechnologies et l'électronique numérique) parle d'une voiture autonome à 98 %. Les 2 % restants font toute la différence. Le « Full » de Full Self-Driving reste donc un abus de langage que Tesla assume pour des raisons marketing.
FSD Supervised now approved in Denmark 🇩🇰
— Tesla Europe, Middle East & Africa (@teslaeurope) June 9, 2026
Rollout will begin soon pic.twitter.com/Xpxwcme10k
Une signature, trois régions
La Flandre a décidé récemment d’autoriser l’usage du FSD, dans le sillage des Pays-Bas. Mais il y a dans cette démarche des conséquences tout à fait surprenantes. En effet, depuis la sixième réforme de l'État entrée en vigueur le 1er juillet 2014, l'homologation des véhicules est une compétence régionale. La Flandre, la Wallonie et Bruxelles disposent chacune de leur propre autorité, soit la Direction de la Réglementation des Véhicules du SPW côté wallon et Bruxelles Mobilité pour la région de la capitale.
En bonne logique institutionnelle, une homologation flamande devrait donc s'arrêter à la frontière linguistique. Sauf qu'elle ne s'y arrête pas. Le cabinet De Ridder soutient que la Flandre agit ici comme autorité de réception du dossier, que l'homologation relève dans ce cas de son ressort exclusif et qu'une réception délivrée par une région vaut sur l'ensemble du territoire belge. Conséquence directe : la Wallonie comme Bruxelles héritent de Tesla quasi autonomes sur leurs routes sans avoir instruit le moindre dossier. La Flandre tord donc le bras à la Wallonie et à Bruxelles.
Tout peut basculer le 30 juin
Cela dit, l’édifice est moins solide qu'il n'en a l'air. Car l'autorisation belge repose sur une dérogation nationale, elle-même conditionnée à l'homologation provisoire délivrée par le RDW néerlandais. En fait, la légalité d’usage du FSD dépend de l’Europe et plus particulièrement d’un vote qui est attendu le 30 juin dans un climat où plusieurs pays ont déjà fait part à la Commission de leurs doutes. Les possesseurs de Tesla et utilisateurs belges du FSD verront-ils leur voiture « redescendre » d’une mise à jour ? Réponse d’ici peu.
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