Une Peugeot 308 ou une Opel Astra électrique ne sont pas exactement accessibles, avec des tarifs qui dépassent allègrement les 45.000 euros. C’est plusieurs milliers d’euros de plus que les versions thermiques ! Même la petite Fiat 500e, affichée à un peu moins de 24.000 euros au catalogue, reste chère pour une citadine.
Des coûts réduits de 20 %
La situation pourrait toutefois évoluer : lors de la présentation des derniers résultats trimestriels du groupe, Antonio Filosa, le patron de Stellantis, a annoncé un changement technique majeur. En 2027, une grande partie de la gamme électrique européenne abandonnera les batteries NMC (nickel-manganèse-cobalt) au profit du LFP (lithium-fer-phosphate). Cette transition sera amorcée avec STLA One, la nouvelle plateforme modulaire destinée aux voitures des segments B, C et D. La prochaine Peugeot 208 sera d’ailleurs la première à en bénéficier ! Grâce à cette plateforme, et notamment à ce nouveau choix de batterie, Stellantis espère réduire ses coûts d’environ 20 %.
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Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), une cellule LFP coûte environ 40 % de moins qu’une cellule NMC. Elle se passe notamment de cobalt, un métal cher dont les prix peuvent en outre, fortement varier ! Attention toutefois à ne pas extrapoler trop vite : à l’échelle du pack complet, l’écart fond de moitié. Citroën, qui utilise déjà le LFP sur les ë-C3 et ë-C3 Aircross, estime que sa citadine aurait coûté environ 20 % de plus avec une batterie NMC de même capacité. Soit précisément l’économie visée par Stellantis…
Une recharge à 100 %
Moins chère, la batterie LFP n’en présente pas moins plusieurs avantages pour l’automobiliste. Elle supporte davantage de cycles de recharge, offre une meilleure stabilité thermique et peut généralement être rechargée à 100 %, sans subir l’usure supplémentaire que cela occasionne sur une batterie NMC. Mieux encore, il faut même la recharger complètement chaque semaine pour qu’elle reste bien calibrée et affiche une autonomie fiable ! Un gros revers de la médaille : le LFP stocke moins d’énergie par kilo. À autonomie égale, il faut donc une batterie plus lourde ou plus encombrante. C’est pourquoi le NMC reste la référence sur les modèles à grande autonomie.
Le patron de Stellantis n’a toutefois pas précisé quels modèles seraient concernés, se contentant d’évoquer une économie substantielle et un grand nombre de modèles. À ce stade, seule la Fiat 500e est assurée de passer au LFP, comme cela avait déjà été confirmé. Son prix devrait ainsi descendre de 24.000 à 20.000 euros.
Et le client, dans tout ça ?
Stellantis n’est pas le seul à emprunter cette voie. Renault vient tout juste d’introduire le LFP sur les R5, R4 et Mégane E-Tech, tandis que Volkswagen le généralise sur les versions d’accès des ID.Polo et ID3.Neo. Le groupe allemand a en outre signé des accords pour trois usines LFP en Europe, un autre point commun avec Stellantis. Ce dernier s’est en effet associé à CATL, le numéro un mondial des batteries, pour construire à Figueruelas, près de Saragosse, une usine capable de produire 50 GWh de batteries LFP par an, de quoi équiper environ un million de voitures. La production de cellules devrait débuter vers la mi-2028.
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Reste à savoir si le client profitera pleinement de ce changement. Au troisième trimestre, Stellantis a beau avoir vendu en Europe 65 % de voitures particulières électriques de plus qu’un an plus tôt, la région n’en a pas moins enregistré une perte opérationnelle de 311 millions d’euros, contre un bénéfice de 157 millions un an auparavant. Vendre plus d’électriques ne rime donc pas forcément avec gagner plus !
Le groupe voudra sans doute transformer une partie de ces économies en marge. L’ampleur de cette part dépendra aussi des prix pratiqués par la concurrence : en effet, c’est autour de 25.000 euros que se joue la bataille pour séduire les acheteurs. Les marques multiplient donc les efforts, à coups de séries spéciales, pour atteindre ce seuil. Sur la Mégane, le passage au LFP s’est traduit par une économie de 4.000 euros. Quant à savoir ce que les clients de Stellantis y gagneront, il faudra attendre les tarifs 2027 pour être fixé.
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