Lorsqu’elle est arrivée en 2022, la Hyundai Ioniq 6 cochait à peu près toutes les cases pour devenir une excellente voiture électrique. Son profil atypique, particulièrement travaillé sur le plan aérodynamique, lui permettait d’afficher l’une des consommations les plus basses du marché ! Contrairement à Volkswagen, Hyundai n’avait pas non plus rogné sur la qualité de finition intérieure. Et avec sa technologie 800 V, l’Ioniq 6 avait une nette longueur d’avance ! Hyundai a donc joué les pionniers et les récompenses n’ont d’ailleurs pas tardé à suivre…
Bien plus qu’un simple coup de bistouri
Malheureusement, toutes ces qualités ne se sont jamais vraiment répercutées dans les chiffres de vente. Sa cousine technique, l’Ioniq 5, a surfé sur la mode des SUV et s’est vendue trois fois plus en Belgique ! Le problème n’était pas son prix, mais bien son style, avec cette silhouette en forme de banane et son double aileron arrière… Trop clivant. Trop atypique. Et peut-être un peu trop Porsche vu de derrière ?
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On comprend dès lors pourquoi Hyundai lui a déjà offert une nouvelle tenue après seulement 3 ans, à l’occasion du Seoul Mobility Show de 2025. Mais ne vous laissez pas tromper par les apparences : le chirurgien esthétique n’a pas travaillé seul. Il a aussi reçu l’aide d’un coach sportif !
La nouvelle Ioniq 6 est-elle vraiment plus belle que l’ancienne ? À chacun de se faire son opinion. Le nouveau visage lui va bien, même si les bandes LED sont devenues monnaie courante sur les voitures électriques. Et le double aileron de sa devancière ne manquait certainement pas de charme ! La vraie nouveauté visuelle, si l’on met de côté la spectaculaire version N, qui évolue dans une autre catégorie, est cette N Line. Avec ses boucliers plus agressifs, ses éléments latéraux noirs, sa poupe assortie et ses jantes spécifiques de 20 pouces, elle accentue clairement son côté « coupé sportif » !
Ce facelift ne touche évidemment pas aux proportions très particulières de la voiture, taillées pour fendre l’air. Et tant mieux ! Entre ses porte-à-faux courts, l’Ioniq 6 conserve un empattement de près de 3 mètres ! Résultat : l’espace aux jambes reste digne d’une Classe S.
Il faut souffrir pour être belle
Cette tenue de sport se paie toutefois. Sur ce modèle restylé, la version la plus sobre de l’Ioniq 6 atteint désormais 680 kilomètres d’autonomie WLTP. La N Line, elle, en perd 95 ! L’autonomie a donc été (en partie) sacrifiée sur l’autel du look… Si vous cherchez à tirer un maximum de kilomètres de chaque kilowattheure, ce n'est donc pas vers la N Line qu'il faut vous tourner.
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C’est peut-être l’une des plus grandes qualités de cette Hyundai : elle n’a pas besoin d’une batterie de 100 kWh pour rendre les longs trajets facilement envisageables ! On peut difficilement reprocher à une voiture de chercher à mieux utiliser l’énergie plutôt que d’embarquer une batterie toujours plus grosse…
Puisqu'on parle d'autonomie, sachez que la sobriété est toujours au programme. La N Line ne sera évidemment pas la championne de la gamme, mais nous avons tout de même relevé 16,3 kWh/100 kilomètres à l’ordinateur de bord. Peu de voitures électriques de ce gabarit font aussi bien ! Et il n’est même pas nécessaire de rouler comme une grand-mère pour grappiller encore 2 kWh…
Les boutons physiques font leur retour
Et à bord, qu’apporte ce facelift ? Hyundai a réintroduit quelques commandes physiques supplémentaires, notamment pour les sièges chauffants et les capteurs de stationnement. Mais ce n’est pas là que se situe le principal progrès…
On apprécie surtout la position de conduite basse avec les sièges sport de cette N Line, la qualité toujours très convaincante des matériaux (avec notamment de l’alcantara) et la mise à jour du système d’infodivertissement. Les nouveaux graphismes renvoient d’ailleurs la version précédente à l'ère du MS-DOS ! Il faut toutefois encore un temps d'adaptation pour dénicher rapidement certaines fonctions.
Le nouveau volant sport, tombant bien en main, vous donne l'impression de rouler dans la fabuleuse version N. Une précision toutefois : les palettes situées derrière le volant ne servent pas ici à simuler des changements de rapport, mais à régler le niveau de récupération d’énergie au freinage ! Le mode automatique est particulièrement réussi : il adapte intelligemment la force du ralentissement en fonction du véhicule devant vous. Au quotidien, c’est typiquement le genre de système dont on ne veut plus se passer après quelques jours !
En résumé, la précédente Ioniq 6 essayait de jouer la carte premium à bord, alors que celle-ci l'est vraiment. Tesla est loin du compte ! Le coffre, en revanche, ne change pas. Il affiche toujours 401 litres et peut être agrandi en rabattant les dossiers, mais son ouverture relativement étroite est toujours pénalisante... Ce n’est clairement pas son point fort !
Souple et alerte
Si vous imaginez la N Line comme une version assagie de la spectaculaire Ioniq 6 N, vous risquez d’être déçu. Notre version propulsion se contente d’un seul moteur électrique de 225 ch et 350 Nm, de quoi abattre le 0 à 100 km/h en 7,4 secondes et atteindre 185 km/h. Il y a 10 ans, de telles performances auraient parfaitement convenu à une berline sportive ! Aujourd’hui, à l’heure des bombinettes électriques, c’est franchement moyen...
L’Ioniq 6 est en revanche devenue encore meilleure lorsqu’il s’agit d’avaler les kilomètres. Le moteur électrique conserve sa douceur, la puissance se dose facilement et, avec 225 ch envoyés aux roues arrière, il reste suffisamment de réserve pour doubler sans stress. Hyundai a également affiné les réglages de la N Line, ce qui la rend un peu plus vive. Mais c’est ailleurs qu’elle progresse le plus : si l’ancienne Ioniq 6 souffrait d’un amortissement assez ferme, celui-ci a été retravaillé en profondeur et permet un filtrage bien meilleur des aspérités de la chaussée ! Sur la route, c'est sans conteste son plus gros progrès !
Malgré son apparence plus sportive, l’Ioniq 6 N Line reste avant tout une excellente routière, très confortable. Etonnement reposante et calme sur autoroute, elle préserve en outre, une belle efficacité en courbe lorsque vous haussez le ton !
Une recharge encore plus rapide
Si vous souhaitez davantage de punch, ou simplement une Ioniq 6 mieux armée pour l’hiver, vous pouvez également choisir la version 84 kWh à quatre roues motrices. Elle reçoit alors deux moteurs électriques, pour un total de 325 ch et 605 Nm. Le 0 à 100 km/h tombe alors en 5,1 secondes. On entre donc dans le territoire des GTI !
L’Ioniq 6 repose sur la plateforme E-GMP de Hyundai et utilise, comme évoqué plus haut, une architecture électrique 800 V. C'était déjà exceptionnel à son lancement en 2022, et c'est encore loin d'être monnaie courante aujourd'hui. Les modèles électriques de deuxième génération, comme la nouvelle BMW i3 ou la Volvo EX60, en font d'ailleurs un argument de choix ! Hyundai avait donc 4 ans d’avance…
L’Ioniq 6 profite de ce restylage pour performer encore mieux face à la borne. Là où elle plafonnait auparavant à 215 kW, elle peut désormais accepter environ 260 kW sur une borne rapide suffisamment puissante. Plus important encore, sa courbe de recharge reste élevée pendant longtemps ! Dans des conditions idéales, passer de 10 à 80 % prend ainsi environ 18 minutes !
Un ensemble bien accordé
Pour les longues distances, l’Ioniq 6 reste donc l’une des meilleures électriques du marché. Outre son confort, son comportement routier et ses aides à la conduite bien calibrées, c’est surtout sa consommation, la capacité de sa batterie et sa vitesse de recharge qui finissent par convaincre ! Peu de voitures électriques modernes proposent encore un équilibre aussi réussi...
Encore un petit mot sur les aides à la conduite : le régulateur de vitesse adaptatif et l’assistant de maintien de voie se situent plutôt dans le haut du panier. Nous avons également beaucoup apprécié le nouvel assistant de détection de fatigue. Aujourd’hui, il doit surveiller obligatoirement le visage du conducteur via une caméra, mais il n'est pas réglé de manière trop zélée.
Dans l’ensemble, ce facelift accumule donc les bons points. Malheureusement, les prix ont eux aussi augmenté, d’environ 10 % selon la version. Ce n’est pas rien, même si la capacité de la batterie a également progressé ! Même le modèle de base est devenu plus cher : avec sa batterie qui passe de 53 à 63 kWh, ce qui promet 521 kilomètres d’autonomie, il coûte 48.199 euros. Cette version pourrait bien être la bonne surprise de la gamme, car s’il y a une voiture capable de tenir ses promesses en matière d’autonomie, c’est bien cette Ioniq 6 ! La N Line coûte 1.750 euros supplémentaires, mais elle n’est disponible qu’avec la plus grande batterie.
Conclusion
Si le look était le principal problème de la première Ioniq 6, Hyundai aurait pu se contenter de quelques retouches de carrosserie pour corriger le tir. Mais la marque sud-coréenne sait qu’elle ne peut pas se reposer sur ses acquis dans un marché de l’électrique qui évolue à toute vitesse. Software plus moderne, autonomie en hausse, recharge plus rapide et suspension plus confortable : la nouvelle Ioniq 6 se rapproche encore davantage de l’objectif qu’elle visait dès le départ, à savoir se hisser au niveau des modèles premium allemands. La technologie est là. Reste maintenant à convaincre les clients…
- Faible consommation
- Recharge DC rapide
- Modèle de caractère
- Excellente routière
- Profonde remise à niveau
- N Line : 95 km d'autonomie en moins
- Coffre étriqué
- N Line plus sportive d'allure que de comportement
- Boutons physiques peu utiles
Hyundai Ioniq 6 N Line 84 kWh RWD
Moteur : moteur électrique synchrone (225 ch, 165 kW, 350 Nm)
Transmission : aux roues arrière
Boîte de vitesses : réducteur à rapport unique
L/l/H (mm) : 4925/1880/1495
Poids à vide (kg) : 2105
Volume du coffre (l) : 401
Batterie (kWh) : 84, NMC (net : 80)
0-100 km/h (sec.) : 7,4
Vitesse maximale (km/h) : 185
Autonomie (WLTP, km) : 585
Consommation (WLTP, kWh/100 km) : 15,9
CO2 (g/km) : 0
Prix (euros) : 57.449
TMC (euros) : Flandre : 61,50, Wallonie : 1.273 Bruxelles : 79,0
Taxe de circulation (euros) : Flandre : 107,16 Wallonie : 107,0 Bruxelles : 107,0
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