C’est déjà la septième génération du porte-drapeau de la marque étoilée. La Classe S actuelle a été lancée en 2021 et profite maintenant d’une grosse mise à jour. De quoi rester digne face à sa grande rivale de toujours : la BMW Série 7 qui a, elle aussi, profité d’un restylage au printemps dernier. Par contre, l’autre limousine teutonne, l’Audi A8, n’est actuellement plus vendue et ne devrait pas connaître de succession avant 2030.
C’est que le marché des grandes limousines souffre de plein fouet du succès des gros SUV… Mais chez Mercedes, la Classe S, c’est sacré. Même la limousine EQS électrique n’a pas réussi à l’évincer. Cette Classe S restylée boit toujours de l’essence et même du gazole, ce qui devient rare. Chez Mercedes, pas question de déroger aux traditions. Surtout quand elles ont du bon.
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Des étoiles plein les feux
Esthétiquement, les évolutions sont assez peu nombreuses, mais notables. À commencer par la nouvelle calandre, élargie de 20% et pouvant désormais s’illuminer, une première sur une Classe S. De petites étoiles estampées à chaud dans une finition chromée confèrent à cette calandre un effet de profondeur tridimensionnel.
On note aussi les nouveaux feux avant et arrière, qui se parent de motifs lumineux en forme d’étoiles, rappelant le logo du constructeur.
À part ça, l’allure générale reste reconnaissable et cette limousine étoilée se décline toujours en deux tailles : « normale » (5,19 m) ou longue (5,30 m). Et le programme de personnalisation MANUFAKTUR vous laisse le choix entre 150 teintes extérieures.
Révolution digitale
C’est surtout à l’intérieur que cette Classe S restylée fait sa révolution… La planche de bord est totalement renouvelée et modernisée : exit l’ancien écran central vertical de type tablette et place à la fameuse dalle numérique géante Superscreen MBUX.
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Elle englobe un tableau de bord numérique de 12,3 pouces (avec visualisation 3D en option), l’écran central de 14,4 pouces et un écran de 12,3 pouces dédié au passager, lui permettant de visionner des films en roulant, à l’abri du regard du conducteur, pour ne pas le distraire.
Le GPS fonctionne avec les excellentes cartes Google et les indications de navigation sont projetées sur l’affichage tête haute à réalité augmentée. Quant à l’assistant vocal évolué, il combine plusieurs agents IA (ChatGPT4o, Microsoft Bing, Google Gemini) pour mieux répondre à nos demandes. Ça fonctionne plutôt bien. À l’avant, on note encore les nouveaux porte-gobelets lumineux et une dalle à induction permettant désormais de recharger deux smartphones.
Des ceintures chauffantes
Autre nouveauté, le contrôle numérique de la ventilation. : les bouches d'aération éclairées s'ajustent automatiquement en fonction du scénario de ventilation choisi (mais il reste heureusement possible de les régler manuellement).
Cette Classe S peaufinée peut aussi disposer de ceintures de sécurité chauffantes : elles s’activent via le bouton des sièges chauffants et enveloppent les passagers d’une chaleur apaisante, pouvant atteindre 44°C. Bien vu, mais seuls les passagers avant y ont droit ; pas ceux de derrière, pourtant normalement de haut rang dans ce genre de voiture…
Places arrière royales
De série, on n’a droit qu’à une simple banquette arrière, mais on peut (en option) régler l’assise et le dossier des places latérales. La place centrale reste cependant peu confortable : elle est étroite, son dossier est ferme et le tunnel central de transmission envahissant.
Pour un confort total, il y a l’option sièges arrière individuels, réglables sur tous les plans (avec même un repose-pieds électrique), dotés d’une fonction massage, et éventuellement séparés par une console centrale comprenant des porte-gobelets à température contrôlée et une tablette escamotable.
On peut aussi disposer de deux écrans arrière (agrandis à 13,1 pouces), pilotés par télécommande et dotés d’une caméra pour les conférences en visio… Et un réfrigérateur est également disponible pour tenir les boissons au frais.
Un cocon ouaté
Pendant que les passagers se prélassent, le chauffeur n’est pas à plaindre et profite, lui aussi, du confort somptueux de cette Mercedes. La suspension pneumatique pilotée gomme littéralement toutes les déformations du revêtement et offre un toucher de route réellement apaisant, d’autant que l’insonorisation est également de premier plan, avec du double vitrage à toutes les fenêtres. Bref, cette Classe S nous isole totalement des nuisances du monde extérieur. Et le nouveau purificateur d’air nous met à l’abri des mauvaises odeurs et particules polluantes. Un vrai cocon.
Essence, diesel ou hybride plug-in
Point de version électrique ici (pour cela, il faut se tourner vers l’EQS qui vient également d’être peaufinée), mais uniquement des moteurs thermiques. Il y a un V8 à essence dans la S580 4MATIC (537 ch), mais tous les autres blocs sont des 3 litres à 6 cylindres, se nourrissant à l’essence (381 ou 449 ch) ou au diesel (313 ou 367 ch), avec à chaque fois une dose d’électricité puisqu’il s’agit de versions microhybrides 48 Volts, par ailleurs équipées d’office de la transmission intégrale 4MATIC.
La gamme compte aussi toujours deux hybrides plug-in : les S450e propulsion de 435 ch et S580e 4MATIC de 585 ch. Toutes deux associent le 3 litres à essence et un moteur électrique alimenté par une grosse batterie de 22 kWh utiles, offrant 101 ou 114 km d’autonomie électrique théorique. La pile se recharge totalement en 2h15 sur borne AC (chargeur 11 kW) et passe de 10 à 80% en 20 minutes sur borne DC (puissance max. de 60 kW).
Au volant de la S450e hybride
Pour ce test, nous disposions d’une S450e version courte, avec laquelle nous avons pu boucler environ 90 km réels en mode électrique, avec alors une consommation d’environ 25 kWh/100 km, mais seulement 163 ch sous le pied droit. Sur cette distance, cette Classe S ne boit donc pas d’essence et se montre silencieuse et douce, malgré de très légères secousses dues au passage des rapports de boîte, vu que la puissance du moteur électrique transite par la boîte automatique à 9 vitesses. Les transitions entre les phases électriques et thermiques s’effectuent sans à-coup.
Batterie vide, la voiture fonctionne comme une hybride classique et le moteur à essence est donc mis souvent à contribution : la consommation tourne alors entre 9 et 10 l/100 km en conduite courante. On apprécie le timbre feutré mais assuré du « 6 en ligne », qui fait également preuve d’une belle force tranquille à l’accélération.
Elle braque comme une Golf…
Si la Classe S est un summum de confort, elle n’incite pas à une conduite nerveuse en courbe... Tout pousse à la douceur : du moelleux de la suspension au toucher de la pédale de freins spongieux. Certes, la tenue de route est efficace et les roues arrière directrices (désormais offertes de série) font piquer plus vivement cette limousine en courbe serrée, mais on n’a jamais envie de secouer cette voiture de 2,5 tonnes, qui s’apprécie en conduite apaisée.
De série, les roues arrière braquent à basse vitesse jusqu’à 4,5 degrés, mais, en option, on peut porter le pivotement à 10 degrés, ce qui réduit le diamètre de braquage de 11,4 à 10,8 m (en version courte), soit l’équivalent de celui d’une petite Golf. Un parcours en ville, agrémenté d’un passage en parking souterrain, nous a prouvé la maniabilité de l’engin.
Conclusion
La Classe S est une institution qui se laisse peu amender. Ce lifting est une évolution plutôt qu’une révolution, le modèle restant bien ancré dans la tradition de la limousine classique entièrement dédiée au confort, avec une technologie peaufinée par petite touches savamment dosées. Toujours suprême, on vous dit… Et chère, aussi : les prix varient de 123.904 euros (S350d) à 152.097 euros, auxquels s’ajoutent bien sûr les nombreuses et coûteuses options.
- Douceur de conduite, zénitude
- Confort de suspension impérial
- Technologie embarquée pointue
- Large choix de moteurs
- Diamètre de braquage grâce aux roues arrière directrices
- Encombrement, poids élevé
- Options nombreuses et coûteuses
- 5e place inconfortable
- Petit coffre pour le gabarit
Spécifications S450e courte
Moteur : 6 cyl. en ligne, essence turbocompressé, 2.999 cm³, 326 ch (240 kW) de 4250 à 6100 tr/min, 540 Nm de 2200 à 4250 tr/min + électrique (163 ch/120 kW, 480 Nm) ; puissance combinée : 435 ch/320 kW, 680 Nm
Transmission : aux roues arrière
Boîte de vitesses : automatique à 9 rapports
L/l/h (mm) : 5.194 /1.986/1.503
Poids à vide (kg) : 2.445
Volume de coffre (l) : 350
Batterie (kWh) : 21,96 kWh utilisables
0 à 100 km/h (sec) : 5,7
Vitesse maximale (km/h) : 250 km/h
Autonomie électrique (WLTP, km) : de 93 à 112
Consommation normalisée (WLTP, l/100 km) : de 2,3 à 3,0
CO₂ : de 52 à 69 g/km
Prix : 133.947 euros
Taxe de Mise en Circulation : Wallonie : 2 618,76 euros, Bruxelles : 6.357,85 euros, Flandre : 58,16 euros
Taxe de circulation : Wallonie et Bruxelles : 1.075,54euros, Flandre : 601,23 euros.
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