Passer son permis en Belgique, c’était jusqu’ici naviguer entre trois systèmes. La sixième réforme de l’État a confié la formation à la conduite aux Régions et chacune a bâti ses propres règles, ses propres tarifs, ses propres délais. Bruxelles a été la première à tirer les conséquences de cette fragmentation en imposant dès 2018 que le théorique et le pratique se déroulent sur le même territoire. La Wallonie a suivi le 1er janvier 2026.
La Flandre, elle, n’avait pas encore changé le système. Ce qui signifie qu’un candidat pouvait encore passer son théorique à Bruxelles ou en Wallonie, puis se présenter dans un centre flamand pour le pratique. Mais le gouvernement flamand a mis fin à cette exception fin octobre, sur proposition d’Annick De Ridder, ministre de la Mobilité (N-VA). La règle entrera en vigueur le 1er janvier 2027, sans période de transition.
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Un afflux devenu ingérable
En Flandre, on parlait de « tourisme pour le permis de conduire ». Souvent, ceux qui profitaient du système décrochaient leur permis théorique à Bruxelles ou en Wallonie, là où l’épreuve se passe dans la langue maternelle, puis ils rejoignaient un centre flamand pour le pratique avec l’espoir d’un créneau plus rapide et de conditions de circulation jugées moins exigeantes.
Des facilités avaient en outre été mises en place pour les francophones. Une traduction existait en français, en allemand ou en anglais, mais elle coûtait 43 euros de supplément, un montant qui s’ajoute au prix de l’examen lui-même. Les autorités estimaient que ce surcoût suffirait à décourager l’afflux. Mais ça n’a pas été le cas.
Et cette pratique a pesé sur l’ensemble du réseau flamand d’examens. Au centre d’Asse par exemple, 17,5 % des candidats provenaient essentiellement de Bruxelles, selon les chiffres avancés par la ministre au Parlement flamand et les délais d’attente sont montés jusqu’à 6 mois. Autre problème : rien qu’en 2025, 11.000 créneaux d’examen ont été perdus en raison de candidats absents et de dossiers incomplets. GOCA Vlaanderen a d’ailleurs du embaucher quatorze examinateurs supplémentaires, dont deux affectés spécifiquement à Asse, mais cela n’a pas suffi pour revenir à des délais raisonnables.
Bruxelles bientôt surchargée ?
Les nouvelles règles flamandes impliquent que les candidats essentiellement bruxellois qui se rendaient en Flandre vont refluer vers les deux seuls centres de la région de la capitale, soit l’ACT à Schaerbeek et la Sécurité Automobile à Anderlecht. Ces centres couvrent déjà plus d’un million d’habitants avec des délais qui vont forcément s’allonger. Ils atteignent déjà 12 semaines actuellement.
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Les trois Régions appliquent désormais la même logique. Mais pas pour les tarifs qui restent éclatés : 42 euros pour le pratique en Wallonie, 46 euros à Bruxelles, 51 euros en Flandre. Et il n’est pas prévu que ça change.
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