ESSAI Kia Optima GT: train d’enfer

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Kia va adopter un train d’enfer dans les prochaines années, notamment en multipliant les variantes de modèle existants. L’Optima, jusqu’ici uniquement disponible en berline diesel, nous arrive donc en break Sportswagon, en hybride rechargeable et dans une alléchante variante sportive siglée GT.

Ecoulant encore moins de 300.000 unités annuelles chez nous en 2011, Kia vise dorénavant le cap du demi-million d’ici 2018. Pour y parvenir, les Coréens misent sur une stratégie de lancements frénétiques, avec l’arrivée de nombreux nouveaux modèles et remplacements. Principalement des versions écologiques, comme la récente hybride Niro. Mais pas seulement. Pour soigner son image, Kia entend également proposer des modèles sportifs afin de répondre aux critiques qui pensent que seules les lignes des nouvelles Kia sont dynamiques… L’an prochain, on verra ainsi arriver un coupé quatre portes propulsion ! En attendant, c’est la nouvelle déclinaison GT de l’Optima qui endosse le rôle de vecteur d’image chez Kia…

Look aguicheur

Si l’Optima normale se démarquait déjà par ses lignes dynamiques, la version GT accentue encore le trait. Stylistiquement, on note la présence de pare-chocs spécifiques, d’une calandre encore plus sportive, de jantes 18 pouces laissant apercevoir des étriers de freins peints en rouge, etc. Les modifications à l’intérieur se montrent un peu plus discrètes, même si on appréciera tout de même les logos « GT » sur le volant et les sièges. Mais la version GT ne se contente pas seulement de modifications cosmétiques. Pour aller jouer dans les cours des grands, elle peut également compter sur des liaisons au sol spécifiques. Abaissée de 10 mm, l’Optima GT se campe sur des ressorts plus fermes et s’équipe d’une barre de torsion plus rigide à l’avant. Pour la première fois chez Kia, on retrouve également un amortissement variable (en série) permettant de moduler les lois d’amortissement selon trois modes : Normal, Sport et Eco. Un attirail efficace ? Assurément ! En pratique, l’ensemble se révèle convaincant et permet de jouir d’un amortissement conciliant ou figé en fonction du mode retenu. Certes, l’Optima GT ne se révèle pas particulièrement tranchante ni agile en conduite très sportive. Mais c’est voulu : c’est une « GT », comme son nom l’indique. Elle préfère rester efficace et rassurante dans tous les cas de figure. Un léger excès d’optimisme restera sanctionné par un léger sous-virage. Par contre, on apprécie son insonorisation et sa stabilité aux hautes-vitesses. Testée sur l’autobahn à proximité de Munich, l’Optima GT a réussi son examen de passage en dévorant les bornes à plus de 200 km/h sans sourciller.

2.0 turbo polymorphe

Pour maintenir ce rythme, le moteur retenu par Kia pour son Optima GT ne manque pas de souffle. Il s’agit du tout nouveau 2 litres turbo à injection directe T-GDI du groupe Hyundai-Kia, que l’on retrouvera également sous le capot de la future Hyundai i30 N. Tout en aluminium, ce moteur moderne s’équipe d’un système de distribution variable CVVT et développe ici 245 chevaux. Quintessence qui arrive à 6.000 tr/min tandis que le pic de couple, de 353 Nm, répond déjà présent dès 1.350 tr/min et ne faiblit pas avant 4.000 tours. Bref, voilà une mécanique très souple pour une utilisation quotidienne mais capable d’essorer le tachymètre à la demande. Ainsi animée, l’Optima GT accroche la barre des 100 km/h en 7,4 secondes et peut allonger la foulée jusqu’à 240 km/h. Seul petit défaut : en mode Sport, sa sonorité « bidouillée » par un module actif situé à la base du pare-brise semble un brin artificielle. Ah oui, autre petit détail : en l’absence de Stop&Start et d’une traque stakhanoviste des émissions, l’Optima GT est homologuée à 191g CO2/km. Soit autant qu’une… Porsche 911 Carrera, tout de même !

Boîte auto, exclusivement

La nouvelle boîte à double embrayage 7-DCT proposée sur l’Optima 1.7 CRDi ne pouvant digérer plus de 340 Nm de couple, Kia a retenu une boîte automatique à six rapports pour sa version GT. Seule solution pour jouer au chef d’orchestre : reprendre la main via les palettes derrière le volant ou actionner (dans le mauvais sens) le levier central basculé en position M. En mode automatique, l’accord moteur/boîte semble néanmoins suffisamment convaincant. Du moins dans la grande majorité des situations. Il n’y a, à nouveau, que dans les conditions les plus exigeantes que même la configuration « Sport » semble un peu perdre les pignons. Mais, on l’a dit, ce n’est pas vraiment la philosophie de cette Optima GT. Rapide et confortable, elle permet surtout d’avaler les kilomètres à des allures « germaniques » dans un habitacle soigné, particulièrement habitable et richement équipé en série. à part la peinture métallisée, il n’y a d’ailleurs aucune option disponible.

Conclusion

Rapide et confortable, la GT porte assurément bien son nom. La déclinaison Sportswagon apporte quant à elle davantage de style et de modularité à l’Optima, qui n’était jusqu’ici proposé que dans une unique silhouette berline moins populaire chez nous sur ce segment. Enfin, la variante hybride rechargeable s’appréciera surtout pour son impact fiscal très allégé grâce à son homologation CO2 record. Et qui sait, lorsque l’Optima PHEV arrivera dans les concessions, le régime fiscal aura peut-être aussi évolué dans le Sud du pays. On peut rêver !

Spécialité européenne

L’arrivée de la déclinaison GT dans les concessions coïncide avec celle de la carrosserie break Sportswagon de l’Optima. Une silhouette uniquement proposée en Europe, destinée à répondre à la grande demande pour les breaks statutaires dans cette région du monde. En Belgique par exemple, elle représente quasiment 70% du segment. Bien sûr, cette nouvelle déclinaison se mariera principalement avec le 1.7 CRDi. Mais, avis aux amateurs, Kia propose d’emblée sa GT au choix en berline ou en break. Peu importe la motorisation retenue, le supplément exigé pour la Sportswagon s’élève à 1.300€. Affichant exactement la même longueur (4,85m) et le même empattement (2,8m) que la berline, la Sportswagon se contente de porter le volume de coffre de 510 à 552 litres. Ce n’est pas le plus vaste du marché mais on a déjà largement de quoi voir venir. Par rapport à la berline, on profite en tous les cas d’un accès forcément plus aisé vers le coffre ainsi que d’une banquette arrière rabattable selon la division 40/20/40 contre 60/40 pour la berline.

Fiscalement imbattable !

D’ici quelques semaines, Kia proposera une Optima hybride rechargeable. D’abord uniquement en berline, avant d’ajouter la variante Sportswagon. Cette nouvelle Optima PHEV s’équipe d’un moteur 2.0 GDI, atmosphérique à injection directe d’essence, de 156 chevaux. Le convertisseur de la boîte automatique à six rapports qui lui est couplée se voit remplacé par un moteur électrique. Ce dernier développe 50 kW (soit 68 chevaux) et puise son énergie dans une batterie de 9,8 kWh. De quoi autoriser un rayon d’action, en mode purement électrique, de 54 km et surtout d’atteindre une homologation CO2/km record de 37 grammes. Par contre, la batterie, bien qu’en partie installée dans le soubassement, empiète sur le volume de coffre, qui passe de 510 à 307 litres. Les dossiers arrière ne peuvent, en outre, plus être rabattus. Mais en route, quel bonheur : le moteur électrique assure des déplacements tout en souplesse et silencieux. En cas de besoin, le bloc thermique vient à la rescousse discrètement, pour délivrer au total 205 chevaux et 375 Nm.


+

Equipement de série complet

Moteur rond ou explosif à la carte

Aspects pratiques et confort préservés

-

Homologation CO2 élevée

Comportement efficace mais sans éclat

Gestion de boîte en conduite sportive


L’Optima GT en quelques chiffres

Moteur : 4 cylindres en ligne, essence turbo injection directe, 1.998cc; 245ch à 6.000tr/min; 350 Nm de 1.350 à 4.000 tr/min.

Transmission : aux roues avant

Boîte : automatique à 6 rapports

L/l/h (mm) : 4.855/1.860/1.460

Poids à vide (kg) : 1.580

Coffre (l) : 510

Réservoir (l) : 70

0 à 100 km/h (sec.) : 7,4


Prix : 42.290 € TVAC

Puissance : 245 ch

V-max : 240 km/h

Conso. mixte : 8,2 l/100km

CO2 : 191 g/km