Une Ferrari japonaise ?
À la fin des années 80, Honda est au sommet de sa gloire : ses moteurs dominent la Formule 1 avec McLaren et Ayrton Senna, excusez du peu, tandis que ses voitures de série sont largement reconnues pour leur fiabilité et leur technologie. Tout ça, c’est fantastique, mais il manque quelque chose au constructeur japonais : une voiture-phare, une véritable sportive capable de rivaliser avec les références européennes. Et le chantier sera, comme toujours avec le constructeur, minutieusement analysé…
Il faut dire qu’Honda aura la tâche facilitée : la Ferrari 348 ne brille pas par la qualité de sa finition, tandis que son comportement est jugé trop brouillon. Quant à la Porsche 911, son moteur en porte-à-faux arrière exige une certaine dextérité à la limite… Enfin, la Lotus Esprit se contente d’un 4 cylindres et d’une finition, encore une fois, aléatoire.
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Bref, pour Honda, la voie est donc royale : au milieu de toutes ces sportives, il manque une machine réellement efficace et performante, mais qui soit également tout aussi convaincante sur le plan de la fiabilité, de la finition et du confort.
Senna la veut plus rigide !
Alors bien sûr, Honda n’a pas la même image de marque que Ferrari, Porsche ou Lotus. Et c’est là qu’Honda dégaine sa botte secrète. Il se trouve justement que la marque s’entend à merveille avec son pilote vedette, considéré par beaucoup comme l’un des meilleurs de tous les temps : Ayrton Senna himself ! Et la légende brésilienne participera au développement de la future NSX, ce qui profitera non seulement à la rigidité de la coque, mais aussi, voire surtout, à l’image du modèle !
Présentée sous forme de prototype au Salon de Chicago en 1989, la NS-X devient réalité l’année suivante. Et quelle réalité ! Sa silhouette basse, ses phares escamotables et son habitacle avancé évoquent immédiatement les sportives les plus exotiques. Mais surtout, elle veut prouver qu’une sportive peut également être utilisée au quotidien, avec un équipement pléthorique, mais aussi une excellente visibilité panoramique, inspirée notamment de celle du chasseur F-16 ! Voilà qui tranche radicalement avec les Ferrari de l’époque…
Une véritable révolution technique !
Sous sa jolie robe, la NSX cache une monocoque entièrement en aluminium, ce qui est souvent présenté comme une première mondiale pour une voiture de série ! Derrière les sièges prend place un V6 atmosphérique de 3 litres, disposé transversalement. Un peu mince face à une concurrence généralement mieux armée ? Pas si vite, car ce moulin, c’est un concentré de technologie, avec sa distribution variable VTEC, ses bielles en titane et ses quatre soupapes par cylindre. Ainsi paré, ce joli joyau délivre 274 ch à 7.300 tr/min ! Accouplé à une boîte manuelle à 5 rapports, il affiche des performances qui lui permettent de tutoyer la Ferrari 348 : environ 6 secondes pour atteindre 100 km/h et près de 270 km/h en vitesse de pointe ! Bien entendu, le châssis, à doubles triangles superposés, est tout aussi soigné.
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À conduire : plus civilisée, mais pas moins passionnante !
À basse vitesse, la NSX est souple et reposante. Presque décevante ? Non, il suffit de grimper au-dessus de 5.000 tr/min pour découvrir un tout autre visage : le moteur se métamorphose et hurle d’une voix stridente vers les 8.000 tr/min ! Précise dans ses commandes, parfaitement équilibrée et stable, la Honda NSX est bien plus efficace que ses rivales, tout en apportant une facilité d’utilisation inédite !
Attention, toutefois : le moteur central ne pardonne pas tout et il faudra tout de même garder en tête que la machine n’est pas castrée par des béquilles électroniques, ABS et antipatinage mis à part…
Une carrière de 15 ans !
Les évolutions furent relativement modestes si l’on considère la longévité du modèle : notons une NSX-R allégée et réservée au marché japonais en 1992, une version Targa (la NSX-T) en 1995 et un V6 porté à 3,2 l (280 chevaux) associé à une boîte manuelle à 6 rapports en 1997.
Enfin, le restylage de 2002 abandonne les fameux phares escamotables au profit de projecteurs fixes. La production s’arrête en 2005, avec un peu plus de 18.000 exemplaires vendus dans le monde, sous les marques Honda et Acura.
Bon à savoir avant d’acheter
C’est une Honda, donc c’est costaud ? Oui, et c’est probablement le plus gros atout de la NSX face à ses concurrentes. Mais attention : robuste ne signifie pas bon marché à entretenir ou incassable ! La distribution par courroie impose un remplacement périodique, ce qui reste une opération très couteuse. Et n’oublions pas qu’il s’agit d’une machine accumulant plusieurs décennies : durites, embrayage, électronique, équipements électriques peuvent donc avoir souffert. Fuyez également les exemplaires accidentés, la carrosserie aluminium étant un cauchemar à réparer. Et puis, il reste aussi à digérer le prix des pièces, franchement costaud…
Combien ?
Longtemps sous-estimée, la NSX a vu sa cote sérieusement grimper voici une dizaine d’années. Il faut généralement envisager 80.000 à 110.000 euros pour un exemplaire sain. Quant aux rarissimes NSX-R, elles jouent dans une tout autre catégorie, avec des montants pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros. Les versions automatiques sont nettement moins recherchées, mais elles ne sont pas aussi grisantes…
On craque ?
Vous avez les moyens et l’engin vous tente ? Alors oui, sans la moindre hésitation, même si la cote ne semble plus vraiment grimper. Mais orientez-vous obligatoirement vers le meilleur exemplaire possible, quitte à payer nettement plus…
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