Pendant plusieurs décennies, la Chine a fait la fortune de Volkswagen, jusqu’à peser pour près de la moitié de ses bénéfices. Mais ça, c’était avant. Car en quelques années seulement, les constructeurs chinois se sont levés comme une armée et ils ont détrôné les constructeurs occidentaux. Jusqu’à les mettre en difficulté. Il y a trois ans, le Volkswagen a pris le pari de s’allier à Xpeng pour reprendre la main. La manœuvre était simple : faire des voitures qui intègrent tous les codes appréciés des automobilistes chinois. Sauf que ça ne marche pas.
Reuters mis la main sur des documents internes à Volkswagen. La marque tablait sur 3.622 ventes mensuelles de l’UNYX 08 en 2026, un grand SUV électrique né de ce mariage, mais on en compte seulement 267 par mois d’avril à août, soit 7,4 % de l’objectif. Volkswagen a depuis ramené sa prévision de l’année à 12.300 voitures. Or il n’en a vendu qu’environ 1.300 d’avril à août. Pour tenir cet objectif, il faudrait donc en écouler 11.000 d’ici décembre, soit dix fois plus vite qu’aujourd’hui.
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Le cousin, le Xpeng G9, bâti sur la même plateforme a trouvé entre 1.194 et 1.599 clients par mois d’avril à juin, soit cinq fois plus. Et Xiaomi, l’autre rival, a écoulé près de 57.000 YU7 sur la même période. L’UNYX 08 s’affiche désormais avec 17 % de remise. Le problème reste donc entier : faute d’acheteurs en Chine, où écouler ces voitures ?
Qui a dit quoi ?
Oliver Blume, le patron du groupe, avait ouvert la porte fin avril en annonçant à Reuters qu’il examinerait quels modèles chinois conviendraient à l’Europe. Au Mondial de l’Automobile de Paris, c’est Thomas Schäfer, le patron de la marque, qui a précisé à nos confrères d’Autocar que Volkswagen se prépare à faire venir une ou plusieurs voitures de Chine, en complément de la gamme actuelle. Aucun modèle n’est encore nommé, mais l’ID. UNYX 09 et l’ID. AURA T6 sont des hypothèses probables. Les premières exportations viseront toutefois l’Australie, plus facile d’accès que l’Europe.
Volkswagen is "getting ready" to add Chinese-market cars to its European range, but they won't replace existing models https://t.co/leQg667NH9 pic.twitter.com/pSVSI6mOoY
— Autocar (@autocar) October 17, 2026
Sur le papier, l’UNYX 09 est une berline de 5,08 m dont la batterie LFP de 91 kWh accepte une charge 5C (soit 10 à 80 % en moins de 12 minutes). Elle est donnée pour 755 km d’autonomie sur le cycle chinois CLTC, plus optimiste que le WLTP. L’AURA T6 est quant à lui un SUV de 4,81 m. Il aligne des batteries de 60 ou 77 kWh et de 540 à 660 km sur le cycle CLTC. Ces modèles pourraient donc compléter la gamme, mais à quels prix ?
Plancher, pas plafond
Mais que peut attendre l’automobiliste européen et le belge en particulier ? Des prix cassés ? Pas forcément, car on sait que les prix de vente pratiqués en Chine sont loin de ceux pratiqués chez nous. On le voit avec les voitures chinoises et ce n’est pas forcément à cause des droits de douane. Il faut se souvenir en effet que la Cupra Tavascan est assemblée en Chine, mais qu’elle bénéficie d’un accord spécial avec l’Europe (un tarif plancher) pour éviter les droits de douane de 20,7 %, plus les 10 % de base. Ce qui signifie donc que Volkswagen devrait aussi négocier avec Bruxelles pour bénéficier de ce régime pour ses ID chinoises.
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On peut prendre d’ailleurs l’exemple de la Tavascan. Le modèle de base (190 ch, 58 kWh) s’affiche à 55.640 euros chez nous, mais elle bénéficie d’une belle promotion qui ramène son prix à 42.390 euros. Ça reste malheureusement très loin des prix de sa cousine chinoise, l’ID. UNYX 06 qui démarre à 129.900 yuans, soit environ 18.546 euros, taux de TVA belge compris. C’est donc deux fois moins cher.
Alors pourquoi ces prix ? Tout simplement, parce que Cupra doit tenir une certaine logique de gamme et qu’il ne pourrait pas vendre une Tavascan électrique moins chère qu’une Raval. Bien sûr, il faut aussi ajouter les coûts d’homologation, ceux de la logistique et du réseau, mais ça ne comble évidemment pas la différence.
On peut donc se dire que c’est finalement le client européen qui va payer les médiocres performances de Volkswagen (ou de tout autre constructeur) en Chine. La roue tourne, mais clairement pas en notre faveur.
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