Guerre avec l’Iran : vers un retour à 2 euros le litre de carburant dans les stations-service belges ?

Alors que les prix à la pompe avaient bien entamé une décrue et se stabilisaient ces dernières semaines, l’embrasement géopolitique au Moyen-Orient semble inverser brutalement la tendance. Les scénarios les plus pessimistes évoquent un retour du litre d’essence au-dessus des 2 euros… Mais est-ce crédible ?

Publié le 23 juin 2025
Temps de lecture : 5 min

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Guerre avec l’Iran : vers un retour à 2 euros le litre de carburant dans les stations-service belges ?

Les Belges s’en souviennent encore : en 2022, en pleine invasion de l’Ukraine par la Russie, le litre de carburant avait franchi la barre symbolique des 2 euros. Un choc pour des millions d’automobilistes et qui avait duré quelques semaines avant de retomber... et de redevenir un souvenir que personne n’espèrait jamais voir réapparaître. Sauf que la situation se tend à nouveau sérieusement, et ce à quelques jours des grandes transhumances estivales. 

Depuis la fin mai, les prix du carburant étaient plutôt doux : autour de 1,66 euro pour le Diesel et autour de 1,55 euro pour la sans plomb. Ces tarifs semblaient en outre s’installer pour longtemps sur les marchés, surtout après l’annonce des pays de l’OPEP+ d’une sérieuse augmentation de la production alors que la demande restait faible. Dans ce contexte, les analystes s’attendaient à des prix bas jusqu’à la fin 2026, comme l’avait d’ailleurs annoncé l’OPEP+. Plus ambitieux encore : certains observateurs tablaient sur une chute du prix du baril autour des 40 dollars.

Le détroit d’Ormuz, maillon stratégique sous tension

Mais en dix jours à peine, la donne a changé. Le conflit entre Israël et l’Iran a fait bondir le baril de Brent de 65 à 77 dollars, avec un pic à 81 dollars suite aux frappes américaines sur des sites nucléaires iraniens le week-end dernier. Jusqu’ici, ces fluctuations n’ont pas encore eu de répercussions sur les prix à la pompe, ce qui n’est pas le cas en France notamment, où les prix ont augmenté de près de 10 eurocents au litre. Cela s’explique par une TVA et des accises plus élevées dans l’Hexagone.

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Mais jusqu’ici, l’heure n’est pas encore à l’affolement. En réalité, la donne pourrait vraiment changer avec un seul élément déclencheur du scénario catastrophe : la fermeture du détroit d’Ormuz. Cet étroit passage maritime par lequel transitent chaque jour 20% du pétrole mondial – soit plus de 16 millions de barils – est désormais au cœur de toutes les inquiétudes. L’Iran, qui contrôle en partie ce corridor stratégique, menace de le fermer. Une hypothèse qui, si elle venait à se concrétiser, entraînerait une flambée historique des cours.

Un baril à 150 dollars ?

Bien évidemment, certains analystes versent dans les excès et prévoient bientôt un baril à 150 dollars, dépassant même les niveaux de la crise ukrainienne. Pour rappel, lors de la crise en Ukraine, on l’estimait à 140 dollars alors qu’il n’a jamais dépassé les 113 dollars. Il va de soi qu’à ce tarif, le litre d’essence dans les stations belges pourrait à nouveau s’envoler au-delà de 2 euros.

Mais, il faut d’emblée relativiser, car cette option extrême reste pour l’instant peu probable. Comme le rappellent plusieurs experts du secteur, une fermeture d’Ormuz serait un véritable « hara-kiri » économique pour l’Iran. Le pays tire environ la moitié de ses revenus budgétaires de ses exportations pétrolières, dont 75% sont absorbées par la Chine. Une fermeture du détroit priverait également ses voisins (Qatar, Irak, Koweït) de leurs débouchés.

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Washington a d’ailleurs clairement averti Téhéran : une telle décision serait perçue comme une déclaration de guerre économique. Et le secrétaire d’État américain Marco Rubio a prévenu qu’un tel blocus serait « un suicide pour l’Iran ». Même Moscou et Bagdad, pourtant peu alignés sur les positions occidentales, se disent inquiets des conséquences potentielles sur les marchés de l’énergie.

Des marchés fébriles

Malgré la tension, les cours du pétrole ont corrigé leur hausse ce lundi. Le baril est redescendu vers les 77 dollars et les analystes temporisent. Tout simplement parce qu’un blocus prolongé d’Ormuz est très improbable même si des attaques ciblées par drones ou mines maritimes ne sont pas à exclure. Si augmentation il y a, celle-ci devrait être modérée et elle résulterait à la fois du conflit au Proche-Orient, mais aussi de la période de vacances aux États-Unis (plutôt en juin) et qui font traditionnellement monter les prix.

Bien entendu, un retour à un baril à 40 dollars est désormais une illusion, du moins à court terme. Mais les industriels indiquent qu’il ne faut pas être trop inquiet, parce que ça fait des années qu'on constate qu'aucune des puissances de la région, ni l'Arabie saoudite, la Chine, la Russie ni même les États-Unis ne souhaitent que les conflits dégénèrent en conflit pétrolier. Trump ne s’est-il d’ailleurs pas s’en engagé auprès de son électorat à maintenir des prix bas pour le pétrole ?

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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