On ne va pas se mentir, l’Alfa Romeo GTV6 a longtemps traîné derrière elle tous les clichés possibles sur les sportives italiennes des années 80 : de la corrosion dévastatrice à l’électricité fantaisiste, en passant par la finition déplorable, tous les stéréotypes étaient cochés ! Et pourtant… quelle auto ! Car il faut bien l’avouer : lorsqu’on la connaît, la GTV6 coche d’autres cases, nettement plus séduisantes : une ligne signée Giugiaro, une architecture technique originale, un pedigree en compétition et surtout, un moteur dont la sonorité suffit à justifier l’achat !
Il n’y a pas que le V6 dans la vie…
Pour bien comprendre l’Alfa Romeo GTV6, il faut remonter à l’Alfetta GT. Lancé au milieu des années 1970, ce coupé avait la lourde responsabilité de remplacer le fameux « Coupé Bertone ». Pour ce faire, elle mise à la fois sur un certain embourgeoisement avec un habitacle plus spacieux, ainsi que sur une architecture transaxle qui place l’embrayage et la boîte à l’arrière, pour offrir un meilleur équilibre des masses… Tout cela, c’est bien joli, mais la prise de poids est réelle et, s’ils sont brillants, les 4 cylindres repris de l’ancien modèle ne parviennent pas à déclencher le grand frisson. Bref, ça manque de chevaux !
En 1980, Alfa Romeo glisse le V6 2,5 litres de l’Alfa 6 sous ce long capot. Et là, le cocktail change complètement de dimension ! Signé « Busso », ce 6 cylindres à injection développe environ 160 ch et donne à l’auto une personnalité qu’aucune rivale ne parvient vraiment à copier ! Produite jusqu’en 1987, la GTV6 aura également réussi à briller en compétition : le modèle a remporté quatre titres constructeur consécutifs en Championnat d’Europe des voitures de tourisme entre 1982 et 1985, et Andy Rouse a décroché le BTCC 1983 à son volant…
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Et sur la route ?
On va être honnête, l’entrée en matière n’est pas franchement envoûtante : la finition laisse franchement à désirer, la position de conduite n’est pas vraiment adaptée aux grands gabarits et la commande de boîte est rétive… Mais lancez le moteur et la magie opère : d’une mélodie ensorcelante, le V6 brille également par sa réactivité et sa disponibilité ! En bas, c’est grave et ça pousse, et en haut, c’est aigu et ça pousse encore plus fort ! Cerise sur le gâteau : contrairement à sa descendante, qui sera une traction, l’Alfa Romeo GTV6 est une propulsion équilibrée, vivante et qui donne envie d’exploiter le répertoire magique du moteur ! Alors bien sûr, les performances n’ont rien de spectaculaires aujourd’hui, mais qui s’en soucie réellement ?
Ce qu’il faut savoir…
Le premier sujet, c’est la corrosion. Si la GTV6 résiste plutôt mieux à la corrosion qu’une Alfasud, elle n’en reste pas moins vulnérable. Si la voiture a été restaurée, demandez à voir le dossier. Dans tous les cas, demandez l’accompagnement d’un professionnel ou d’un spécialiste du modèle, car les exemplaires habilement maquillés existent !
D’un point de vue mécanique, la bonne nouvelle, c’est que le V6 est globalement costaud, mais il entraîne sa distribution avec une courroie qui demande un changement régulier… Ensuite vient la transmission : la boîte est rétive et le synchro de deuxième est fragile. L’embrayage peut également coller. Les freins arrière inboard sont pénibles à entretenir, tandis que les étriers peuvent gripper. Il faut également garder un œil sur les silentblocs, les masses électriques et les garnitures intérieures, certaines pièces devenant difficiles à retrouver.
Et les prix ?
Commençons tout de suite par évacuer le graal, l’Alfa Romeo GTV6 3.0… sud-africaine ! Un moteur plus souple, plus puissant, mais aussi une vraie rareté, avec seulement 212 exemplaires produits ! Trop rare pour être cotée, il faudra vous rabattre sur une version 2,5 l. Bonne nouvelle : on en trouve régulièrement ! Mauvaise nouvelle : les prix ont fort flambé ces derniers temps. Comptez de 15.000 euros pour un exemplaire un peu fatigué, à plus de 30.000 euros pour une voiture soignée ! Payer moins à l’achat signifie souvent payer plus à la fin… Ce qui ne veut pas dire que les plus chères sont impeccables !
On craque ?
Oui, mais en connaissance de cause ! Si on craque, c’est parce que l’Alfa Romeo GTV6 n’est pas seulement une « bonne Alfa » : c’est l’une des Alfa les plus Alfa ! Certes, elle est imparfaite, mais elle est aussi charismatique, technique, sonore… En un mot, elle est vivante ! Mais attention, si une GTV6 s’achète avec le cœur, elle s’achète aussi avec un pont, une lampe et un dossier de factures !
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