ESSAI Range Rover Velar: carton assuré! (+VIDEO)

Situé entre l’Evoque et le Range Sport, le Velar se destine principalement à un usage routier et cible les références dynamiques de son segment, Porsche Macan en tête. Au point de tourner le dos aux capacités de franchissement chères à la marque?

Quatrième carrosserie à arborer le badge Range Rover, le Velar vient combler le trou qui existait entre l’Evoque et le Range Sport dans la gamme, que ce soit en termes de gabarit, de motorisations ou de prix. Avec ses 4,80 mètres, il n’est toutefois que 5 centimètres plus court que son grand frère mais limite en revanche sa hauteur à 1,66 mètre.

Sa ligne se fait donc nettement plus râblée et, surtout, plus futuriste. Le Velar s’apparente à un concept de salon qui serait descendu dans la rue, avec ses grandes roues de 20 à 22 pouces, ses traits sans fioritures et… ses poignées de portes qui se rétractent dans la carrosserie une fois en mouvement. Tout ce qui fait un concept-car est bien là ! Range Rover appelle cela du réductionnisme : «balayer la complexité pour révéler la véritable qualité».

Du bout des doigts 

Un concept qui se prolonge une fois la portière ouverte. Sur la console centrale, aucune commande «physique» : tout est géré via deux écrans tactiles, rassemblés sous la bannière Touch Pro Duo. Le premier se charge des traditionnels réglages du système multimédia et de la navigation. Le second regroupe toutes les commandes inhérentes au véhicule : climatisation, sièges chauffants, choix du mode de conduite, etc. Celui-ci est secondé par deux commodos circulaires programmables. En fonction de l’onglet sélectionné sur l’écran adjacent, leurs fonctionnalités diffèrent. Ils permettent par exemple de régler la température souhaitée lorsque le menu «Climatisation» est activé ; puis servent de molette de sélection au mode de conduite une fois dans cette rubrique. Et ça marche !



Sincèrement, nous étions assez dubitatifs quant à l’efficacité et la sécurité de ces choix une fois en route ; l’absence de touche physique et de retour sensoriel pouvant provoquer une perte d’attention. Mais il n’en est finalement rien, et tout cela se montre étonnamment ergonomique et facile d’usage. D’autant que la plupart des fonctions peuvent également se commander via le volant – à commande tactiles également -  et qu’un écran personnalisable entre les compteurs, secondé d’un afficheur tête-haute optionnel, renvoie toutes les informations dans le champ de vision du conducteur.

Vaste et sûr

L’empattement de 2.874 millimètres profite bien entendu aux places arrière, où les occupants, même de taille respectable, n’auront aucun mal à caser leurs jambes. Derrière eux, le coffre affiche une contenance gigantesque de 673 litres, rendu des plus pratiques par la banquette au dossier fractionnable en trois parties (40-20-40) qui permettent de libérer jusqu’à 1.731 litres une fois repliées. Il est en outre accessible via un hayon électrique à fonction mains-libres qui s’ouvre d’un simple mouvement du pied sous le bouclier.

Au-delà de l’aspect technologique de l’habitacle, l’équipement peut être particulièrement riche, avec notamment les systèmes d’aide à la conduite au meilleur niveau de son segment. On pointera par exemple l’assistant actif de maintien de voie, la détection de trafic en marche arrière et, bien sûr, l’aide au freinage d’urgence. Mais  comme chez ses concurrents, la plupart de ces dispositifs réclameront un supplément, qui s’ajoutera au prix de base déjà coquet : 57.300€.

Filer à l’Anglaise

C’est avec ses motorisations les plus musclées que le Velar s’est présenté à nous, à savoir un V6 essence de 380 chevaux et 450 Nm, et son homologue diesel de quelque 300 chevaux et… 700 Nm ! Ce sont évidemment ces deux blocs qui rendent le mieux hommage au châssis du Velar, dérivé de celui qu’utilise son cousin, le Jaguar F-Pace. Une base reconnue pour son dynamisme donc, qui le prouve une fois encore ici. Car en dépit de ses 1.900 kilos bien sentis dans le cas présent, le SUV britannique fait montre d’un comportement routier magistral. La direction se veut précise et directe lorsque la route se fait sinueuse, et les suspensions pneumatiques (optionnelles sur les moteur quatre cylindres) assurent une excellente stabilité. Celles-ci filtrent en outre parfaitement les irrégularités du bitume, y compris avec la plus grande monte pneumatique. Cela pousse évidemment à hausser rapidement le rythme, où le Velar confirme, dans ces configurations, ses aptitudes sportives, la puissance et le couple de ses moteurs étant parfaitement transmis par l’intermédiaire de la boîte ZF à 8 rapports.

Reste à voir si ce beau dynamisme ne sera pas gâché par le poids conséquent du Velar en optant pour les motorisations moins généreuses : 2.0 Ingenium 180 ch (430 Nm) et 240 ch (500 Nm) en diesel, et le nouveau 2.0 Ingenium 250 ch (365 Nm) en essence.

Chemin des écoliers 

Quelle que soit la motorisation retenue, le Velar est doté d’office de la transmission intégrale. Il ne rechigne donc pas à aller patauger dans la boue avec le reste de sa fratrie lorsqu’on le lui demande. Et avec une aisance certaine ! Le Velar peut ainsi tremper sa belle plastique dans des gués d’une profondeur de 65 centimètres (60 avec les suspensions traditionnelles) grâce à sa garde au sol de plus de 25 cm. Quelle que soit la nature du sol sur lequel il évolue, le système Terrain Response 2 se chargera de lui assurer une adhérence maximale. Qu’il s’agisse de traverser une mare de boue ou d’avancer au pas pour escalader un amoncellement de rocher, ce dispositif gère en permanence le calibrage du moteur, de la transmission et de l’ESP pour une traction optimale. Ajoutez à cela un angle d’attaque de près de 30° (23,5° en sortie), un contrôle de montée et de descente, et un blocage de différentiel, et vous que comprendrez que le Velar vous emmènera encore très loin après que nombre de ses concurrents aient renoncé.

Conclusion

Joliment dessiné, généreux en espace et en technologie, sportif sur route et doué de capacité hors du bitume intactes, on voit mal comment ce Velar pourrait ne pas devenir un best-seller pour Range Rover. Espérons simplement que les versions plus «classiques» conservent toutes ces belles qualités.


+

Look futuriste dehors comme dedans

Dynamisme sur route

Capacités de franchissement préservées

Qualité et finition

Commandes tactiles efficaces

-

Poids conséquent

Tarifs costauds

Le Range Rover Velar D300 en quelques chiffres

Moteur : six cylindres, turbo, diesel, 2.993cc; 300ch à 4.000tr/min; 700Nm de 1.500 à 1.750tr/min

Transmission : aux quatre roues

Boîte : automatique 8 rapports

L/l/h (mm) : 4.803/2.032/1.665

Poids à vide (kg) : 1.959

Volume du coffre (l) : 673-1731

Réservoir (l) : 73

0 à 100 km/h (sec.) : 6,5

Prix : 67.500€ TVAC

Puissance : 300 ch

Vitesse maxi : 241 km/h

Cons. mixte : 6,4 l/100 km

CO2 : 167 g/km