Contester un procès-verbal, c’est parfois faire valoir un droit face à une erreur ou une injustice. En Belgique, de nombreux automobilistes s’estiment lésés par des amendes jugées abusives : un excès de vitesse enregistré par un radar mal calibré, une contravention pour stationnement alors qu’un ticket valable était affiché ou encore une infraction liée à une signalisation temporaire mal indiquée. Dans ces situations, le citoyen peut légitimement remettre en question la validité du PV et engager une procédure de contestation encadrée par la loi afin de rétablir l’équité.
Quand peut-on contester ?
Cela dit, il n’est pas question de contester tout et n’importe quoi. Il faut se fonder sur du tangible. La contestation a en effet du sens uniquement avec un motif légitime et prouvé :
Vice de procédure : copie du PV envoyée hors délai (14 jours) ou document incomplet/erroné (date/lieu incohérents, véhicule mal identifié, vitesse « mesurée/corrigée » absente, appareil non renseigné).
Erreur d’identification : vous n’étiez pas le conducteur, plaque mal relevée, véhicule usurpé/emprunté sans lien avec vous.
Contexte de signalisation : panneau C43 ou entrée de zone 30 absent/masqué ou contradictoire ; fin de zone incertaine.
Vitesse « retenue » douteuse : rappelez que seule la vitesse corrigée (marge technique) compte ; si la valeur retenue n’excède pas la limitation, il n’y a pas d’infraction.
Il faut bien comprendre qu’on ne conteste pas un PB « par principe » : les constats automatiques et PV ont une force probante. Sans élément concret, on risque donc un rejet et, éventuellement, un renvoi au tribunal, ce qui risque de compliquer les choses.
Publicité – continuez à lire ci-dessous
Comment contester concrètement ?
Dès réception du PV, il ne faut pas payez si on entend contester, car le paiement fait office de reconnaissance. Il faut ensuite respecter le délai indiqué – en pratique, 30 jours à compter de la réception.
Il fait naturellement utiliser un canal officiel pour la contestation : soit Just-on-Web (SPF Justice) où on peut déposer le dossier et les pièces et suivre l’avancement dans l’onglet « Historique ». Deuxième possibilité : contester par courrier au moyen du formulaire joint au PV. Il est conseillé de privilégier un envoi recommandé pour conserver une preuve de dépôt. L’introduction de la contestation suspend le paiement pendant environ un mois, le temps d’obtenir une réponse.
Quelles pièces joindre ?
La demande peut être étayée par tout moyen de preuve. En pratique, il faut fournir des photos datées du lieu et de la signalisation (entrée et fin de zone 30, panneaux C43, signal masqué ou contradictoire), un témoignage écrit et identifié s’il existe ainsi que toute vidéo utile (par exemple une dashcam). En cas d’erreur d’auteur ou de plaque, on peut ajouter un document officiel comme le certificat d’immatriculation. Il faut déposer l’ensemble via Just-on-Web (itsme/eID) ou par courrier avec le formulaire papier, comme explicité ci-dessus.
Et après ?
Après examen, le parquet peut classer le dossier – on ne paye alors rien –, proposer une nouvelle transaction (souvent légèrement majorée) ou citer l’affaire devant le tribunal de police lorsqu’il estime les motifs insuffisants ou lorsqu’il existe des circonstances aggravantes.
A savoir : marge technique et zones 30
Avant d’entamer des démarches, il faut savoir qu’avant toute sanction, les radars appliquent une correction technique. En dessous ou à 100 km/h, on déduit 6 km/h ; au-delà, la correction est de 6%. C’est cette vitesse corrigée, dite « retenue » qui fait foi. En zone 30, la limitation s’applique de l’entrée de zone jusqu’au panneau de fin ; un panneau ponctuel C43 à l’intérieur ne modifie la vitesse que jusqu’au carrefour suivant. Une zone annoncée de manière lacunaire ou masquée peut justifier une contestation.
L’avocat : utile ou non ?
L’assistance d’un avocat n’est pas obligatoire. Elle devient utile si l’enjeu est élevé – risque de déchéance, antécédents, débat technique sur la mesure ou la signalisation. Un spécialiste peut alors évaluer les chances de réussite de la contestation (ou pas). Il structure aussi la défense autour des bons arguments (signalisation, vitesse corrigée, identification) et peut plaider si le parquet cite l’affaire.
Besoin d’aide pour contester une amende ? Si la procédure vous semble complexe ou que vous souhaitez maximiser vos chances, faites-vous accompagner par un avocat spécialisé Intolaw.
Pour aller plus loin, consultez la rubrique Amende : montants, démarches et conseils pratiques.
À la recherche d'une voiture ? Cherchez, trouvez et achetez le meilleur modèle sur Gocar.be