Depuis cet automne 2025, les conducteurs pris en flagrant délit d’utilisation de GSM au volant en Flandre orientale ont le choix : payer une amende – 174 euros minimum et hors frais administratifs – ou suivre la formation « Afleiding achter het stuur » (« distraction au volant »). Cela dit, ce choix n’est pas laissé à tout le monde. En effet, il n’est proposé qu’à ceux qui sont pris pour la première fois et donc pas aux récidivistes. Logique.
Mais pourquoi laisser ce choix ? Tout simplement parce que les autorités constatent que frapper au portefeuille ne suffit plus. Enfin, a-t-on envie de dire... « Une amende seule ne change pas les mentalités », soulignait la substitut du procureur Cindy Reynders à nos confrères de la VRT. L’objectif est de confronter les conducteurs à la réalité des risques liés à la distraction. Car, comme on le sait, cet usage persiste sur nos routes et c’est un fléau, car il est responsable de nombreux accidents et décès chaque année. Les années de campagnes de prévention ne semblent donc rien changer.
Une expérience déroutante ?
La formation se déroule en petits groupes de douze personnes maximum, sur deux demi-journées, pour un coût de 235 euros. C’est certes plus cher que l’amende de base (174 euros). Mais il ne faut pas oublier que celle-ci peut être majorée. Elle peut ainsi atteindre jusqu’à 4.000 euros en cas de circonstances aggravantes tandis qu’un retrait de permis peut aussi être ajouté – c’est d’ailleurs d’office le cas dans certaines provinces.
L’approche est donc originale, mais aussi pour la formation proprement dite. Car au cours de celle-ci, les participants ne se contentent pas d’écouter des exposés : ils participent à des exercices pratiques démontrant à quel point le multitâche est impossible au volant. Ceux-ci estiment d’ailleurs qu’il est très déroutant de constater une réactivité presque triplée en cas de distraction. En fin de parcours, chaque conducteur établit un plan d’action personnel pour modifier durablement son comportement. Suivre la formation permet aussi d’éviter toute inscription de cette infraction au casier judiciaire. Et pour les conducteurs qui refuseraient l’option de la formation, ils retombent alors sur des poursuites classiques.
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Des résultats encourageants
Le programme, encore récent, affiche déjà des résultats prometteurs. Cinq formations ont été menées à bien en 2025, dix d’ici la fin de l’année, et 45 sessions sont déjà planifiées pour 2026, soit jusqu’à 500 participants attendus.
Selon les autorités, les premiers retours sont très positifs : la majorité des participants jugent l’expérience intéressante et même révélatrice dans certains cas. Si l’impact sur la récidive reste naturellement à mesurer, les forces de l’ordre y voient déjà un outil plus efficace que la répression pure.
Vers une généralisation en Flandre et en Belgique ?
L’initiative va-t-elle faire des émules ? C’est bien possible. Car des magistrats venus de du Brabant flamand et d’Anvers ont assisté à certaines séances pour en observer le fonctionnement. La ministre flamande de la Mobilité, Annick De Ridder (N-VA) estime que c’est la bonne approche, car on agit plus tôt et de manière plus ciblée.
Si l’expérience menée en Flandre orientale est concluante, elle pourrait bien inspirer d’autres provinces et, à terme, devenir une référence dans la lutte contre la distraction au volant. Bon, évidemment, un élargissement à toute la Belgique est prématuré à ce stade. Mais si ça marche, pourquoi pas ?
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