Les centres de contrôle technique flamands affichent complet depuis des années. Les files s’allongent, les délais de rendez-vous s’étirent et la divergence croissante entre régions pousse des milliers d’automobilistes à traverser la frontière linguistique pour trouver un créneau. C’est le phénomène que le secteur appelle le « tourisme du contrôle technique ».
La récente réforme a réduit les contraintes sur les automobilistes. Pêle-mêle, les nouveautés tiennent dans le contrôle biennal généralisé (toutes les voitures particulières passent au contrôle tous les deux ans, sans plafond d’âge ni de kilométrage), la suppression du contrôle technique lors de la revente d’une voiture, l’introduction de délais de réparation allongés ou encore dans certains allègements administratifs (plus d’attestation d’assurance à présenter). Ces évolutions visent bien entendu à réduire la pression sur les centres de contrôle technique.
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Cela dit, la Flandre n’a pas attendu cette grande réforme de 2026 pour chercher des solutions. Depuis 2012, un projet-pilote a vu le jour sous un nom que peu d’automobilistes connaissent : le KOV, pour Keuring Op Verplaatsing, le « contrôle en déplacement ».
Né pour les camions
Le KOV a d’abord été conçu pour les poids lourds et les véhicules utilitaires de plus de 3,5 tonnes, ces flottes de transport dont l’immobilisation coûte cher à chaque passage au centre. Lancé comme expérience pilote en 2012 par voie de circulaire ministérielle, le dispositif a été ancré dans la réglementation flamande en janvier 2017 par un arrêté du gouvernement flamand. Or en juin 2024, un nouvel arrêté flamand a élargi le champ d’application aux voitures particulières et aux utilitaires légers, soit les catégories M1 et N1. Un élargissement qui est d’ailleurs largement passé sous les radars.
Mais qu’on ne s’y trompe pas : le KOV n’est pas un camion d’inspection itinérant qui se déplacerait de parking en parking. C’est en réalité une ligne d’inspection fixe, équipée exactement comme dans un centre classique avec un banc de freinage, des appareils de mesure, une fosse et un pont élévateur), mais installée dans les locaux d’un tiers. Dès lors, pour autant que les volumes le justifient, une entreprise ou un garage peut accueillir une ligne de contrôle technique. L’investissement est à leur charge et ce sont les inspecteurs de l’un des quatre organismes d’inspection agréés en Flandre (AIBV, Groep Autoveiligheid, KM ou SBAT) qui se rendent sur place pour réaliser les contrôles dans les mêmes conditions réglementaires qu’en centre. Aujourd’hui, la Flandre compte 31 sites KOV actifs en complément des 43 centres fixes.
Passer le CT dans un garage
La possibilité existe donc qu’un concessionnaire ou un garage indépendant propose le contrôle technique à ses propres clients, par exemple en complément de l’entretien courant. Ça existe déjà et c'est un inspecteur de l'un des quatre organismes d’inspection agréés en Flandre qui réalise l’inspection selon les règles appliquées dans les centres, comme nous l’a confirmé Dirk Snauwaert, porte-parole de GOCA Vlaanderen. Le tarif d’inspection reste identique à celui du centre fixe, soit 40,90 euros, mais le garage peut facturer un service complémentaire pour la prise en charge ou couvrir certains frais.
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L’initiative d’étudier l’implantation d’une ligne KOV vient généralement du client et non de l’organisme d’inspection. Mais la réglementation exige un niveau minimal de rentabilité. Il faut donc pouvoir garantir un certain volume de véhicules par demi-journée d’ouverture. La fréquence varie d’un site à l’autre : certains fonctionnent quotidiennement et d’autres de manière plus ponctuelle.
Rien de tel au sud
En Wallonie, un « contrôle délocalisé » figure aussi dans les textes, mais il est strictement réservé aux véhicules lourds. Aucune extension aux voitures particulières n’est actuellement prévue. Et à Bruxelles, le dispositif n’existe pas.
Le KOV reste donc une spécificité flamande. Reste à savoir si elle perdurera, car le gouvernement régional a toujours comme projet d’élargir encore la réforme et de permettre aux garages de délivrer une carte verte pour voitures recalées pour de petits défauts. Ce n'est qu'un projet, mais il est toujours sur la table. Mais ce pas supplémentaire pose évidemment une question : celle de l’indépendance du contrôle puisque le réparateur devient aussi celui qui valide. De ce strict point de vue, le KOV reste pour l’heure la seule solution fiable pour la sécurité routière.
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