Les informations clés :
Le contrôle technique flamand s'allège dès le 1er septembre 2026 : deux mois au lieu de quinze jours pour réparer, fin de l'attestation d'assurance et du passage après pose d'un attelage.
La Flandre supprime tout plafond d'âge et de kilométrage pour la biennale, là où Wallonie et Bruxelles le maintiennent : l'écart se creuse sur les voitures les plus âgées.
Touring valide l'intention mais craint des routes moins sûres et réclame les mêmes règles partout en Belgique.
Le 1er septembre prochain, le contrôle technique flamand entre dans une nouvelle ère. Le gouvernement régional veut réduire les contrôles superflus, la paperasse et les coûts qui pèsent sur les propriétaires de véhicules. Sur le principe, l'automobiliste devrait donc y gagne du temps et de la tranquillité. Mais sur le fond, l'intention fait aussi naître un malaise, car alléger la surveillance d'un parc automobile ne se fait jamais tout à fait sans conséquences.
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Ce qui change concrètement
Le changement le plus tangible concerne les réparations. Un conducteur recalé pour une défaillance majeure, des freins qui répondent mal par exemple, disposait de quinze jours pour réparer et repasser. Il aura désormais deux mois, même la remise en état doit rester « la plus rapide possible ». L'attestation d'assurance ne devra par ailleurs plus être présentée au contrôleur, beaucoup d'automobilistes ne gardant plus de version papier depuis que la preuve numérique est admise. C’est un contrôle de moins et c’est probablement dommage aussi à l’heure où les conducteurs sans assurance se multiplient en raison du coût de celle-ci. La pose d'une attache-remorque n'obligera par ailleurs plus à un passage séparé. Et le certificat temporaire de trois mois, délivré en cas de simple manquement administratif, disparaît au profit d'une attestation à validité normale. À charge pour le conducteur de régulariser ses documents.
Le sujet qui fâche
L’organisation automobile Touring a son avis sur la question et elle garde ses réserves pour la suite du calendrier. Car au 1er janvier 2027, les choses vont encore évoluer pour la vente d'un véhicule en Belgique qui ne nécessitera plus de contrôle technique, sauf pour les véhicules importés. Pour l'organisation, ce choix affaiblit la protection du consommateur et fait peser un risque sur quiconque achète sans garantie légale. L'acheteur d'une occasion a tout intérêt à disposer d'un état des lieux récent, or celui-ci pourra bientôt remonter à près de deux ans. D'où le conseil de Touring de ne pas se fier à la seule validité du certificat et de faire examiner la voiture par un professionnel indépendant avant l'achat. Le Car-Pass, lui, reste obligatoire, garde-fou toujours essentiel contre la fraude au compteur.
Un pays, trois régimes
Mais la situation est absurde. Nous l’avons déjà pointé tout comme Touring le fait actuellement : chacun demeure libre de choisir la région où il présente son véhicule, sans obligation de le faire là où il est immatriculé ou domicilié. Les règles vont donc diverger fortement d'une région à l'autre, à commencer par la durée de validité du certificat. La Wallonie accorde déjà un certificat de deux ans aux voitures de moins de 8 ans et 110.000 km, Bruxelles aux moins de 6 ans et 100.000 km. La Flandre, elle, fait sauter tout plafond : dès le 1er septembre, la biennale vaudra pour toute voiture particulière encore en règle au moment du contrôle, même la plus âgée. Voilà le vrai décalage et il se joue précisément sur les véhicules les plus usés. Touring s'attend à un véritable « tourisme du contrôle technique », avec à la clé un déséquilibre entre les organismes régionaux. La Flandre perdra peut-être d’ailleurs tout le bénéfice de sa réforme si les Bruxellois et les Wallons optaient pour le système flamand, plus tolérant. Cela dit, la vraie inquiétude est ailleurs et elle concerne la potentielle hausse du nombre de véhicules dangereux sur les routes, et donc des accidents.
La demande de Touring
La conclusion de Touring tient en une ligne et, avouons-le, elle est difficile à contredire. Il n'est ni logique ni souhaitable qu'une même voiture obtienne un certificat valable un an dans une région et deux ans dans une autre. L’organisation plaide donc pour une harmonisation des règles pour tous les véhicules immatriculés en Belgique. La sécurité d'un freinage, la fiabilité d'une vérification ne devraient pas dépendre du panneau qu'on vient de dépasser. On ne peut pas lui donner tort, même si en Wallonie, on sait déjà que la porte est fermée à d’éventuels aménagements.
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