Une réforme d'envergure s'annonce pour le contrôle technique à partir du 1er septembre 2026. Mais pas partout. Car la kyrielle de nouvelles règles s'appliquera uniquement en Flandre. Les automobilistes wallons et bruxellois resteront pour leur part soumis au régime actuel. Portée par la ministre flamande de la Mobilité, Annick De Ridder (N-VA), la réforme flamande touche trois domaines : la fréquence des passages obligatoires, les contraintes pour la visite lors d’une revente ainsi que les délais de réparation tolérés après une carte rouge.
Fréquences revues à la baisse
Parlons chiffres. Les voitures de plus de 10 ans ou dépassant les 160.000 km ne passeront plus au contrôle chaque année, mais tous les deux ans. Une mesure qui concerne une large part du parc roulant. Les taxis et ambulances, jusqu'ici convoqués tous les six mois, n'y seront plus astreints qu'une fois par an. Les bus passent d'un rythme trimestriel ou semestriel à une visite annuelle.
Les camionnettes et utilitaires légers basculeront eux aussi progressivement vers un contrôle bisannuel entre 2026 et 2028. Le montage d'un attelage n'imposera en outre plus aucune visite spécifique. Certes, moins de passages, c'est indéniablement moins de contraintes administratives et accessoirement des centres moins engorgés, un vrai problème au nord du pays. Mais ça signifie aussi moins de vérifications sur des véhicules qui vieillissent. Et, forcément, la question de la sécurité sur la route se pose.
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Stop aux contrôles lors de la revente
C'est sans doute le volet le plus surprenant de cette réforme : le contrôle approfondi pour la revente d’une voiture sur le marché de la seconde main disparaît pour toutes les transactions réalisées entre acteurs belges. Il reste toutefois d’application pour les véhicules importés. Or, il faut reconnaître que cette inspection approfondie constituait aussi un filet de sécurité qui pouvait protéger l'acheteur contre les mauvaises surprises mécaniques. Sa suppression porte donc préjudice au consommateur. C’est un fait.
Le Car-Pass reste bien entendu obligatoire, mais il faut rappeler qu’il ne certifie que le kilométrage, pas l'état réel du véhicule même s’il reprend les opérations de maintenance.
Enfin, il faut aussi noter des changements lorsqu’on reçoit un carton rouge. Le délai de réparation passe de 15 jours à 2 mois, conformément aux directives européennes. C’est évidemment un délai très long qui n’est pas d’application en Wallonie ou à Bruxelles où les conducteurs ont toujours deux semaines pour se représenter. Et ça semble normal. Car certaines avaries mettent directement en danger les occupants ou les autres usagers de la route. Allonger le délai ne peut que rendre le problème insignifiant aux yeux des automobilistes moins regardants.
L’air de rien, le fossé continue de se creuser entre les différentes régions du pays. On peut raisonnablement estimer que la Flandre devient plus laxiste, sauf sur les contrôles relatifs aux émissions des moteurs Diesel. D’ailleurs, en 2025, la Flandre n’a jamais délivré autant de cartes rouges au contrôle technique et essentiellement pour des filtres à particules défectueux (ou en fin de vie). Ce qui pousse d’ailleurs de nombreux détenteurs de Diesel flamands à venir en Wallonie pour passer le contrôle technique. D’ailleurs, on ne peut s’empêcher de penser que si la Flandre se montre plus coulante sur d’autres aspects, des conducteurs wallons pourraient eux aussi être tentés de passer la frontière pour obtenir plus facilement une carte verte...
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