Flandre : la réforme du contrôle technique menace 500 emplois et la sécurité routière

Dès septembre 2026, la Flandre réforme en profondeur son contrôle technique. Si certains automobilistes voient dans les assouplissements moins de contraintes, il y aura néanmoins un prix à payer : la suppression de 500 postes et plusieurs millions d’euros de moins pour la sécurité routière.

Publié le 23 mars 2026
Temps de lecture : 5 min

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Flandre : la réforme du contrôle technique menace 500 emplois et la sécurité routière

La réforme du contrôle technique flamand est en marche et bientôt d’application. C'est Lydia Peeters (Anders) alors ministre flamande de la Mobilité, qui en a posé les premières bases dès 2023. Sa successeure, Annick De Ridder (N-VA), lui a donné sa forme définitive et elle a acté cette semaine le changement des règles. Dès le 1er septembre 2026, la suppression du contrôle obligatoire pour les voitures et motos d'occasion entre en vigueur tout comme la disparition du contrôle annuel des attelages, l'allongement du délai accordé pour corriger les défauts constatés et la fin de la vérification des attestations d'assurance.

À partir de fin 2027, chaque Flamand pourra librement choisir entre un garage agréé et un centre de contrôle traditionnel. L'objectif est de désengorger un système jugé trop contraignant et de réduire les temps d'attente dans les centres de contrôle. Et a priori, l'effet sera radical : selon la note de la ministre, on dénombrera 1,4 million de contrôles en moins en 2027 par rapport à 2024 et 1,7 million en 2028. Annick De Ridder juge ces ajustements indispensables et affirme que les investissements en sécurité routière resteront prioritaires dans ses budgets. Ah oui ?

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© GOCA

Presque 500 emplois

La réduction du nombre de contrôles va en réalité avoir d’autres impacts. Notamment au niveau de l’emploi. Les projections du cabinet tablent sur 498 postes supprimés dans les centres de contrôle d'ici 2030. La chronologie est assez précise : 121 emplois perdus dès septembre 2026, 323 en 2027 puis 54 techniciens supplémentaires en 2028. Ces chiffres ne tiennent compte que de la baisse brute du nombre de contrôles, pas d'un éventuel transfert de certains contrôles vers les garages agréés, ce qui pourrait encore alourdir le bilan.

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Interrogé par la VRT, Dirk Snauwaert de la fédération sectorielle GOCA, a exprimé son amertume concernant des travailleurs formés aux exigences de l'État et aujourd'hui remerciés pour services rendus. Même son de cloche du côté du syndicat ACV Puls cité par HLN et qui pointe le paradoxe financier : les centres opèrent sous convention de gestion, ce qui signifie que la Région flamande couvre leurs pertes. Le coût des licenciements dépasse ainsi les 32 millions d'euros, une somme supportée en grande partie par le contribuable. Rappelons que les recettes des centres s'élevaient à plus de 222 millions d'euros en 2025 et qu’ils pourraient reculer d'environ 100 millions d'ici 2030 – contrôles en moins obligent.

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© GOCA

Le fonds saigné

L’emploi n’est pas le seul impact. Il y a aussi une incidence sur le Fonds flamand pour la Sécurité routière. Ce fonds finance les projets et le matériel dédiés à la sécurité des routes et il est notamment alimenté par les amendes de roulage perçues en Flandre, dont celles infligées aux conducteurs dont le contrôle technique est périmé. Or, moins de contrôles obligatoires signifie moins d'infractions détectées, donc moins d'amendes encaissées et moins de rentrées pour le fonds. Selon les estimations, le manque à gagner atteindra 14 millions d'euros dès 2026 et jusqu'à 85 millions cumulés d'ici 2030 selon le cabinet De Ridder. GOCA estime pour sa part cette perte à 129 millions.

Mais au gouvernement, on aime le principe des vases communicants. Et pour boucher le trou, les autorités misent sur un déploiement accru de caméras ANPR chargées de repérer les conducteurs sans assurance ou avec un contrôle technique expirée. Et comme le tarif des amendes en perception immédiate va être relevé de 10% d’ici peu. Dès 2027, jusqu'à 33 millions supplémentaires par an seraient ainsi générés grâce aux caméras ANPR. Dans les colonnes de HLN, le syndicat ACV Puls crie au scandale et estime que le citoyen va payer deux fois. D'abord avec une protection réduite sur la route et ensuite en raison d’une pression fiscale alourdie.

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© Autoveiligheid

Un parc qui vieillit

Le syndicat ACV Puls n’a pas tort. Car il faut se souvenir que pour la première fois de l’histoire, l'âge moyen des voitures belges franchit la barre des dix ans. Un véhicule sur cinq dépasse désormais les quinze ans. Forcément, les véhicules plus anciens ont besoin de plus de maintenance. Sauf que les Belges sont assommés par les prix. Une étude récente montrait en effet que les coûts de réparation ont bondi de près (ou plus) de 30% entre 2021 et 2025. Les prix sont tels que de plus en plus d’automobilistes reportent déjà leurs entretiens faute de moyens. Ou ils les font eux-mêmes. On ne sait pas si c’est pour un mieux – et probablement pas.

Cette réforme du contrôle technique pose donc énormément de questions. Du côté des autorités, on présente le tableau sous son meilleur jour : moins de contraintes et moins d’attentes pour les automobilistes. Mais de l’autre, on se rend compte qu’avec la réalité d’un parc belge vieillissant, il y a peu de chance qu’on aille vers un mieux pour la sécurité routière et ce alors que le gouvernement a toujours l’objectif d’arriver à zéro mort en 2050. La situation semble totalement paradoxale, mais aussi très utopique. Non ?

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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