Réparations automobiles : +30% en quatre ans et la Belgique paie encore plus cher

Une étude française portant sur 1,4 million de sinistres le confirme : la facture chez le carrossier a bondi de près de 30% depuis 2021. C’est trois fois plus vite que l'inflation. Une tendance structurelle qui touche toute l'Europe. Et la Belgique  n’y échappe pas.

Publié le 20 mars 2026
Temps de lecture : 6 min

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Réparations automobiles : +30% en quatre ans et la Belgique paie encore plus cher

Imaginez une facture de garage qui aurait progressé trois fois plus vite que l'inflation depuis quatre ans. C'est pourtant la réalité que documente l’étude de l’Observatoire annuel des sinistres de collision publiée par l'organisme SRA (Sécurité et Réparation Automobiles). Elle a passé au crible 1,4 million de rapports d'expertise établis en France en 2025. Le verdict est sans appel : le coût moyen d'une réparation après collision a progressé de 29,9% entre 2021 et 2025 alors que l'indice général des prix n'a grimpé que de 13,5% sur la même période. Mais ça, c’est pour la France. En Belgique, selon nos recherches, la montée générale des prix est bien plus marquée encore et elle avoisinerait les 23% selon les données du Bureau du Plan.

Mais revenons à l’augmentation des prix des réparations en carrosserie. Le premier responsable est bien connu des professionnels : les pièces détachées, qui représentent aujourd'hui 52 % de la facture totale, ont vu leur coût exploser de 33,4% en quatre ans. Et ce n’est pas étonnant, car les véhicules modernes embarquent tellement de capteurs, de modules électroniques, de matériaux composites et de systèmes d'aide à la conduite que réparer une pièce endommagée n’est souvent plus possible. Il faut remplacer. Et c’est aussi le cas en France puisqu’en 2025, 72% des composants touchés lors d'un sinistre ont été remplacés intégralement plutôt que réparé.

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L'heure de la main-d'œuvre

Si les pièces ont longtemps été le seul moteur de la hausse, deux autres postes pèsent aussi désormais dans la balance. Le coût de la main-d'œuvre aurait progressé de 25,1% depuis 2021 avec une accélération en 2025 (+6,2%). La raison tient à la fois à la revalorisation des taux horaires et à l'augmentation du nombre d'heures facturées par sinistre et qui est liée à la complexité croissante des interventions. Les travaux de peinture coûtent aussi plus cher : +30,6% en quatre ans et +6,9 % rien qu’en 2025.

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L'électrique, prime de risque

L'électrification des véhicules rajoute aussi une couche sur la facture. Les véhicules 100% électriques coûtent en moyenne 15,4% de plus à réparer que la moyenne toutes motorisations confondues. Les hybrides affichent un surcoût de 13,4%. C’est le fait de l’utilisation de matériaux spécifiques, de protocoles de mise en sécurité de la batterie haute tension et de l’orientation quasi systématique vers des réseaux agréés qui pratiquent des tarifs horaires plus élevés. Chaque sinistre survenu sur une voiture fortement électrifiée prend plus de temps, nécessite plus d'expertise et d'équipements spécifiques. Et cette tendance ne fait que s'installer. En 2025, 414.771 voitures neuves ont été immatriculées en Belgique et 53% d’entre elles étaient des modèles électrifiés (dont 34,7% de 100% électriques).

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La Belgique doublement exposée

Ces données françaises sont largement transposables à la Belgique et avec probablement un impact plus marqué encore. Dès 2019, FEBELCAR, la fédération belge des carrossiers, documentait déjà une hausse de 18,4% du prix des pièces sur les cinq années précédentes (entre 2013 et 2018). Mais c'était avant la pandémie, avant la guerre en Ukraine, avant les crises énergétiques et les ruptures d'approvisionnement mondiales qui ont frappé de plein fouet. On imagine sans peine ce que ces cinq nouvelles années de turbulences ont produit sur une courbe encore plus orientée à la hausse.

La tendance est donc structurelle. Et elle est sans doute encore plus marquée chez nous en raison de plusieurs facteurs aggravants. En effet, l'indexation automatique des salaires, spécificité du modèle social belge, fait mécaniquement progresser les coûts horaires en atelier plus vite que chez nos voisins. Par ailleurs, la taille plus réduite du marché belge pèse aussi sur le prix des pièces détachées par rapport à des pays comme la France ou l’Allemagne.

Et à cela, il faut ajouter une autre dimension : depuis 2017 en France, les réparateurs ont l'obligation légale de soumettre deux devis à leurs clients, dont un intègre des pièces de réemploi (donc des composants d'occasion en bon état) qui peuvent être selon le cas entre 30 et 70% moins chères que les neuves. En 2025, plus d'une réparation sur cinq analysée en France incluait déjà au moins une pièce de ce type. En Belgique, aucune obligation comparable n'existe. L'automobiliste belge se retrouve ainsi privé d'un levier direct de maîtrise des coûts, dans un pays où, rappelons-le, le parc automobile dépasse les dix ans d'âge moyen.

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Nous avons contacté TRAXIO, la fédération du secteur automobile et des secteurs connexes. L’organisation ne dispose pas de données à jour qui permettent de quantifier l’augmentation des prix comme le fait l’étude française SAR. Cela dit, pour Filip Rylant, porte-parole de la fédération, la Belgique suit certainement la même courbe de progression des prix. Il met en avant les mêmes arguments que l’étude SRA, tout en y ajoutant d’autres. Le spécialiste pointe l’inflation inédite depuis 2020 (prix des matériaux, énergie, main-d’œuvre).

Filip Rylant pointe aussi les technologies : « les capteurs d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec ceux d’hier. Tout comme les optiques LED qui sont horriblement chères à remplacer ou réparer. Et il y a autre chose encore : la technologie des voitures a aussi un impact sur les ressources humaines des garages et concessions. Les techniciens doivent aujourd’hui présenter des compétences plus pointues que précédemment. » Et ça aussi, ça se paie forcément plus cher. En définitive, les automobilistes belges n’ont donc pas le choix : ils doivent accepter des prix nettement plus élevés que précédemment pour faire réparer leur voiture et même pour l’entretenir, tout simplement. C’est probablement pour cela que de plus en plus de Belges effectuent eux-mêmes nombre d’interventions sur leur véhicule.

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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