Payer pour rester à l'arrêt sur l'autoroute : un pays européen dit enfin stop

Des dizaines de milliers de Belges prendront la route cet été vers l'Italie lesquels devront s’acquitter de péages. Mais depuis ce 1er juin 2026, une règle inédite en Europe oblige les exploitants d'autoroutes à rembourser les conducteurs qui restent bloqués dans les bouchons. La bonne affaire ? Attention, il y a des conditions...

Publié le 4 juin 2026
Temps de lecture : 4 min

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Payer pour rester à l'arrêt sur l'autoroute : un pays européen dit enfin stop

Chaque été, des dizaines de milliers de Belges prennent la route vers l'Italie. L'itinéraire classique passe par la France où ils devront déjà s’acquitter de péages, puis il emprunteront le tunnel du Mont-Blanc à 56,40 euros l'aller simple pour une voiture particulière avant d'attaquer les autostrade dès la sortie de Courmayeur. Les péages s'accumulent ensuite kilomètre après kilomètre à raison de 7 centimes en moyenne par kilomètre parcouru, un tarif parmi les tarifs les plus élevés d'Europe.

De Milan à San Gimignano, haut lieu de la Toscane et étape prisée des vacanciers belges, le compteur affiche 32,80 euros de péage selon le simulateur Michelin. Et pour Milan–Rome, c'est 53,10 euros. Payer autant pour rouler, ça se comprend. En revanche, les automobilistes pestent – et à raison – lorsqu’ils se retrouvent à l’arrêt dans les embouteillages. Car payer autant pour rester à l'arrêt, c'est évidemment une tout autre histoire.

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Une nouvelle logique

C'est précisément le raisonnement qui a guidé l'Autorité italienne de régulation des transports, l'ART : si les automobilistes paient pour un service, ce service doit être rendu. S'il ne l'est pas, un remboursement doit avoir lieu. De ce fait, depuis le 1er juin 2026, les concessionnaires d'autoroutes italiens sont tenus d'indemniser les conducteurs qui resteraient bloqués dans un embouteillage. Le dispositif doit être pleinement opérationnel en décembre 2026. C'est une première en Europe et Matteo Salvini (Lega), ministre des Transports, n'a pas manqué d'y voir un « tournant » dans la défense des droits des automobilistes. Vrai ? En réalité, les associations de consommateurs sont, elles, nettement plus réservées, et pour cause...

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Le barème

Que prévoit cette disposition. Sur un tronçon de moins de 50 km, un droit au remboursement naît dès dix minutes de retard. Sur des tronçons plus longs, quinze minutes suffisent. Au-delà, le barème du remboursement augmente : 50 % pour un blocage d'une à deux heures, 75 % entre deux et trois heures et 100 % au-delà. Les demandes pourront être introduites via une application unique regroupant l'ensemble des concessionnaires privés. Dans un premier temps, la réglementation ne s'applique qu'aux tronçons entièrement gérés par un seul exploitant, mais à partir de décembre 2026, elle sera étendue aux tronçons multiconcessionnaires

Ce qui est non couvert

Si le principe séduit et semble ramener un peu d’honnêteté dans le système, il faut toutefois nuancer l’initiative. En effet, la mesure ne couvre que les bouchons provoqués par des travaux planifiés. Ce qui signifie donc que les accidents, les chantiers d'urgence et les perturbations météorologiques sont exclus. Cette liste réduit donc considérablement le champ d'application, surtout en été, où les incidents sont légion. 

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© ASTM

L'application unique doit permettre à tout conducteur, étranger ou non, de soumettre sa demande, mais actuellement, aucun applicatif n’a encore été identifié par les journalistes du Corriere della Sera. Et la disponibilité en d'autres langues que l'italien n'est pas non plus confirmée. Pour un vacancier belge coincé sur l'A1 entre Florence et Rome, voilà qui risque d’être compliqué...

La poche gauche et la poche droite ?

En Italie, les associations de consommateurs s'inquiètent de ce nouveau dispositif. En fait, elles n’y croient pas et elles pensent que les concessionnaires vont compenser les compensations versées via de futures hausses tarifaires. De ce fait, ce serait donc l'automobiliste qui financerait lui-même son propre remboursement. Et le risque est tout à fait réel, car les tarifs kilométriques sont révisés périodiquement en tenant compte de l'inflation et des gains des concessions. Et rien n’interdit non plus que le coût des indemnisations soit compensé par des hausses tarifaires.

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En Belgique, on ne paie pas les autoroutes, mais ça arrivera prochainement avec la vignette routière belge. Elle sera aussi payante pour les automobilistes étrangers, mais a priori gratuite pour les Belges, car elle sera intégrée à la taxe de circulation annuelle. On attend un accord entre les trois régions pour cet été.

Évidemment, dès que les automobilistes belges franchissent la frontière française, le compteur tourne et on se dit que ce principe d’un service dégradé et d’un prix ajusté mériterait d'être universel. Si seulement…

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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