La séance de ce mardi en Commission wallonne de la Mobilité ne ressemblait pas aux précédentes. Le ministre wallon François Desquesnes (Les Engagés) a officiellement confirmé que les trois régions du pays négociaient désormais ensemble un dispositif commun de vignette routière, ce qui, il y a quelques mois encore, était très hypothétique. Il faut rappeler que l’idée d’une vignette titille le gouvernement depuis plusieurs années déjà. La Wallonie avait annoncé sa volonté de mettre en place cet outil en juillet 2024, un projet rejoint quelques mois plus tard par la Flandre.
Seul Bruxelles a longtemps fait obstacle à ce projet, la région préférant la mise en place d’une taxe kilométrique, un système plus coûteux, mais aussi moins populaire. Mais ça, c’était avant l’arrivée du nouveau gouvernement bruxellois qui s’est manifestement rangé du côté de la Wallonie et de la Flandre.
L'équation se simplifie
L'objectif politique n'a pas changé d'un iota : les autorités visent toujours une vignette opérationnelle en 2027 couvrant tout le territoire. Pour l'automobiliste qui traverse plusieurs régions au quotidien (et ils sont nombreux), c'est une vraie bonne nouvelle. Tout le monde sera logé à la même enseigne et on évite ainsi l'asymétrie qui aurait pu créer des situations kafkaïennes aux frontières régionales. François Desquesnes a précisé que les discussions « se poursuivent au niveau interministériel afin d'aboutir à un dispositif commun qui soit à la fois cohérent, efficace et juridiquement sécurisé. » L'accord formel pourrait même tomber avant la fin juin, juste avant les vacances parlementaires. C’est en tous cas l’objectif.
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200 millions ?
Sur le tarif, les montants qui circulent n'ont pas évolué. On évoque toujours 100 euros pour une vignette annuelle et 125 euros pour les véhicules de plus de vingt ans. Le format serait numérique (merci les caméras ANPR) et décliné en plusieurs durées pour s'adapter aux usages occasionnels et ne pas rebuter les touristes étrangers.
Côté finances publiques, il semblerait que les projections aient été revues à la hausse. Selon le cabinet du ministre, la vignette pourrait rapporter plus de 200 millions d'euros nets par an à l'ensemble des trois régions (130 millions à la Flandre, entre 50 et 100 à la Wallonie et 30 à Bruxelles), soit un peu plus que les estimations initiales. Le ministre a indiqué que ces recettes seraient directement réinvesties dans l'entretien des infrastructures routières. C’est nécessaire, d’autant que les besoins sont colossaux tant au nord qu’au sud du pays. Mais cette fois, les automobilistes étrangers contribueront directement à ce financement.
La question européenne
Il reste toutefois une inconnue. Toute compensation fiscale réservée aux résidents belges pour atténuer le coût de la vignette pourrait être jugée discriminatoire envers les conducteurs étrangers. C'est précisément ce qui avait fait tomber le projet de vignette fédérale allemand devant la Cour de justice de l'Union en 2019. Le cabinet de François Desquesnes l'assure : les règles européennes seront respectées et la jurisprudence prise en compte. À suivre.
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