En raison de la guerre en Iran, le prix du diesel à la pompe reste à un niveau record. Depuis dimanche dernier, le prix maximum pour un litre s’élève à 2,2 euros. Les automobilistes qui roulent au diesel et les transporteurs observent avec une inquiétude croissante les panneaux de prix dans les stations-service. D’autant plus que le gouvernement a indiqué qu’il n’y avait malgré tout aucune marge pour une intervention.
Une demande soutenue
Si le diesel dépasse l’essence en prix, ce n’est pas un hasard. L’Europe dépend davantage des marchés étrangers pour cette énergie et, à la base, il s’agit aussi d’un carburant plus coûteux à produire. Le processus de désulfuration nécessite de l’hydrogène, lui-même majoritairement issu du gaz naturel. Or, parmi les combustibles fossiles, c’est le prix du gaz qui a le plus augmenté.
La demande joue également un rôle clé. Le diesel reste le carburant de secteurs qui peinent à se tourner vers des alternatives, comme le transport routier ou le transport maritime. Si un automobiliste peut encore opter pour le vélo ou les transports en commun, ce n’est pas une option pour les entreprises. La demande reste donc élevée, ce qui influence les prix. Par ailleurs, les tensions militaires dans le détroit d’Ormuz entraînent une hausse des coûts de transport et des primes d’assurance.
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Une couleur rouge, une grande différence
Il existe une alternative séduisante au diesel classique, mais elle n’est pas sans risques. Le gasoil de chauffage coûte actuellement environ 1,4 euro par litre (pour une commande inférieure à 2.000 litres). L’écart avec le diesel à la pompe atteint ainsi plus de 85 centimes par litre. Même pour un petit réservoir de 40 litres, cela représente déjà près de 35 euros d’économie.
Le colorant rouge ajouté au fioul pour décourager la fraude n’a cependant pas d’effet dissuasif sur certains automobilistes.
Même avant la guerre et la flambée des prix, l’augmentation du coût de la vie avait déjà entraîné une hausse des abus. Les chiffres du SPF Finances montrent que 1.099 conducteurs ont été sanctionnés en 2025 pour avoir roulé au diesel rouge, contre 857 amendes en 2024. Il faut dire que les douanes utilisent des équipements de plus en plus performants, comme les caméras ANPR pour repérer les récidivistes.
Des amendes loin d’être légères
En cas de contrôle, l’amende de base est de 500 euros. Mais ce n’est qu’un minimum. Pour une quantité inférieure à 300 litres, elle peut atteindre 750 euros, et au-delà 1.250 euros.
La présence d’un réservoir dissimulé dans le véhicule est encore plus sévèrement sanctionnée : l’amende grimpe alors directement à 5.000 euros. En cas de récidive, ce montant peut également être appliqué.
Certains tentent de diluer le diesel rouge avec du diesel classique, mais cela ne constitue pas une solution. Le diesel rouge laisse des traces très persistantes, notamment grâce au marqueur Accutrace utilisé par les douanes depuis deux ans.
Faire ses achats à l’étranger et revenir avec plusieurs jerricans est également illégal et sanctionné par une amende d’au moins 625 euros. Dans des cas aggravés, des peines de prison allant de quatre mois à un an peuvent être prononcées.
En définitive, lorsque la fraude est découverte, tout avantage financier disparaît immédiatement. Aujourd’hui encore, un quart du parc automobile belge roule au diesel.
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