Après plus d’une décennie de débats, le dossier de la vignette routière revient au premier plan. Wallonie et Flandre ont décidé de travailler ensemble autour de ce sujet et de privilégier cette approche plutôt que celle d’une taxe au kilomètre, plus complexe à mettre en œuvre et qui serait aussi forcément moins populaire. Une réunion politique est programmée fin janvier entre les deux exécutifs régionaux (Bruxelles est toujours absent) avec pour objectif de dégager un accord de principe dans les mois à venir.
Le calendrier évoqué semble de plus en plus clair : une entrée en vigueur autour de 2027. Rappelons que les discussions portent sur une vignette unique, valable sur les grands axes structurants des deux régions avec un tarif harmonisé. Bruxelles pourrait rejoindre le dispositif ultérieurement, mais sans conditionner l’avancée du projet.
Rendement budgétaire
Côté finances publiques, la vignette n’est plus une perspective, mais une presque réalité. En Flandre, les recettes attendues sont déjà inscrites dans les perspectives budgétaires pluriannuelles avec un rendement estimé à environ 130 millions d’euros par an dès l’horizon 2027. La Wallonie évoque également des montants significatifs (50 millions d’euros), mais selon plusieurs sources, ce montant aurait déjà été revu à la hausse : les décideurs tableraient aujourd’hui sur le double de rentrées.
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Pourquoi ces montants à la hausse ? Peut-être parce que le montant de la vignette aurait lui aussi été revu. Car il s’éloignerait assez du modèle suisse qui coûte environ 45 euros (40 CHF). Désormais, le montant qui circule serait de 100 euros et même de 125 euros pour les voitures qui auraient plus de 20 ans. Qu’en est-il ? Ce sera probablement évoqué lors de la prochaine réunion.
Un tel montant est important. Et cela pose aussi question sur l’attractivité de notre territoire pour les étrangers. Ces dernières années, la Belgique connaît des saisons touristiques toujours meilleures et il ne faudrait donc pas tuer ce secteur avec une vignette. Et c’est pour cette raison que plusieurs formules de plus courte durée sont à l’étude afin de s’adapter aux usages occasionnels. Autre question qu’il faudra trancher : le traitement des véhicules électriques flamands immatriculés avant ce 1er janvier 2026 et qui n’ont jamais du payer de taxe. L’introduction d’une vignette remettrait ce régime en question.
Neutralité fiscale, un problème ?
Pour les gouvernements régionaux, la vignette ne pourra pas se traduire par une hausse globale de la pression fiscale pour les automobilistes belges. Ce serait trop impopulaire, c’est évident. La piste privilégiée reste donc celle d’une refonte de la taxe de circulation pour compenser tout ou partie du coût de la vignette.
Mais c’est précisément là que le bât blesse. Toute compensation directe réservée aux résidents expose le dispositif à un risque juridique majeur au regard du droit européen. L’exemple allemand reste dans tous les esprits : en 2019, la Cour de justice de l’Union européenne a invalidé le projet de vignette fédérale (130 euros et calculée en fonction des émissions du véhicule), car il a été jugé discriminatoire à l’égard des conducteurs étrangers. L’Allemagne n’a eu aucune autre option que de se ranger à cette décision. Et ça pend au nez des autorités belges. Les Régions belges devront donc concevoir un mécanisme juridiquement inattaquable. Mais y parviendront-ils ? Car cela créerait un précédent qui permettrait aux autres pays – dont l’Allemagne sans doute – de revenir à la charge. Dès lors, même si un accord politique semble possible entre la Wallonie et la Flandre, de nombreux paramètres restent susceptibles de faire dérailler le projet.
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