Vignette routière belge : le projet déjà freiné en Belgique et à l’étranger

Relancé par la Wallonie et soutenu par la Flandre, le projet d’une vignette routière était censé connaître un premier accord en cette fin janvier. Mais ce n’est finalement pas le cas, car, dans la pratique, des premiers freins sont déjà observables. De quoi faire péricliter l’idée ?

Publié le 28 janvier 2026
Temps de lecture : 4 min

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Vignette routière belge : le projet déjà freiné en Belgique et à l’étranger

Faire contribuer les automobilistes étrangers pour leur utilisation du réseau routier n’est plus un sujet tabou en Belgique. En Wallonie, le principe est désormais inscrit noir sur blanc dans la déclaration de politique régionale adoptée en 2024. L’exécutif entend introduire un droit d’usage routier avant la fin de la législature, avec un objectif clair : diversifier les sources de financement d’infrastructures vieillissantes, mais sans augmenter la pression fiscale globale sur les résidents.

La Flandre partage cette vision sur le fond. Le principe d’une vignette annuelle, applicable pour l’usage des autoroutes et les grands axes (routes nationales), figure aussi depuis peu dans les projections budgétaires flamandes avec déjà des recettes attendues dès 2027. Les discussions engagées entre les deux Régions ont donc rapidement pris une tournure opérationnelle sur le modèle des accords de coopération déjà conclus pour la taxation des poids lourds. On parle ici d’une vignette qui coûterait entre 100 et 125 euros et qui pourrait être prise à l’année, mais aussi pour un jour, une semaine, etc. Et donc le coût serait intégré à la taxe de circulation des automobilistes belges. Ce qui nécessitera quelques aménagements, car, pour de nombreux véhicules, la taxe est inférieure à 100 euros par an (pour de nombreuses voitures électriques notamment).

Un échafaudage institutionnel fragile

Si le projet avance techniquement, il reste politiquement exposé. Premier frein : l’équilibre interne au gouvernement flamand. Le parti Vooruit a exprimé des réserves, notamment sur l’architecture fiscale, soit le mécanisme censé rendre cette vignette neutre pour les automobilistes belges. 

Deuxième fragilité pour les socialistes flamands : l’absence de la Région bruxelloise. Faute de gouvernement de plein exercice, Bruxelles ne peut s’engager aujourd’hui formellement à un accord de coopération. Or, même si la vignette ne visait pas prioritairement le réseau urbain bruxellois, l’exclusion de la capitale du processus rendrait les choses plus que complexes et, plus encore, inéquitables pour les citoyens belges.

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Malgré ces tensions, un point reste constant : la Flandre ne remet pas en cause le principe même de la vignette. Le débat porte sur la méthode, le calendrier et les garanties juridiques, mais pas sur l’objectif de faire contribuer davantage les usagers étrangers au réseau.

L’Europe, l’autre mur ?

C’est toutefois à l’échelle européenne que le dossier devient le plus sensible. Il faut se souvenir en 2018 de l’échec du projet allemand, invalidé pour discrimination indirecte envers les conducteurs étrangers et qui sert ici de référence négative. Les autorités belges le savent : toute vignette devra être juridiquement irréprochable et strictement non discriminatoire.

Et sur ce point, c’est déjà mal parti, car nos voisins néerlandais sont déjà montés au créneau. Depuis La Haye, le ministre démissionnaire des Infrastructures, Robert Tieman, a clairement indiqué à la presse vouloir tenter d’effacer le projet belge de la table. Il n’y a pas encore de notification officielle à ce stade, mais les Pays-Bas s’inquiètent de l’impact direct de cette vignette sur leurs automobilistes très présents sur le réseau belge, notamment en Flandre. Il semble évident que, même informelle, cette opposition pourrait peser lors de l’examen du dossier par les instances européennes.

Le ministre-président wallon, Adrien Dolimont (MR), et le ministre wallon de la Mobilité, François Desquesnes (Les Engagés), doivent rencontrer leurs homologues flamands ce 29 janvier. Si les deux parties continuent de regarder dans la même direction, on ne s’attend pas à ce qu’un consensus soit dégagé à l’issue de cette réunion. Les intéressés aborderont sans doute plutôt la manière de lever les obstacles qui se dressent progressivement sur leur route. 

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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