À partir du 1er avril 2026, la Chine appliquera un cadre réglementaire inédit sur le recyclage des batteries de véhicules électriques. Officiellement baptisées « mesures provisoires pour la gestion du recyclage et de l’utilisation des batteries de traction en fin de vie » (il faut le dire vite), ces règles changent profondément la gestion des accumulateurs lithium-ion sur le premier marché automobile du monde.
Le principe est simple : au moment de la mise au rebut du véhicule, la batterie ne peut plus être extraite pour suivre une filière indépendante. Cette règle ne concerne ni la maintenance, ni la réparation, ni le remplacement des batteries durant la vie du véhicule. Elle vise exclusivement la fin de vie industrielle pour éliminer les circuits parallèles, les reventes non tracées et les démontages à risque. Pékin entend ainsi reprendre le contrôle alors que les volumes de véhicules électriques augmentent. L’objectif semble évident : encadrer les flux pour sécuriser les matières premières et imposer des standards qui, à terme, dépasseront très certainement les frontières chinoises.
Traçabilité totale et normalisation industrielle
Le dispositif repose sur une plateforme nationale de suivi des batteries qui sera pilotée par le ministère de l’Industrie et des Technologies de l’information (MIIT). Chaque batterie y sera tracée sur l’ensemble de son cycle de vie : fabrication, vente, maintenance, remplacement, démontage et recyclage.
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Cette traçabilité s’accompagne d’une normalisation accrue. Les fabricants et importateurs devront utiliser des matériaux à faible toxicité et conçus pour un recyclage facilité. Chaque batterie devra être identifiée selon un standard technique national tandis que les constructeurs devront fournir des données détaillées sur les procédures de démontage et de traitement. En réalité, la chine ne fait rien d’autre que poursuivre ce qu’elle a commencé. L’an dernier, Pékin avait déjà édicté des règles très strictes autour des incendies de batteries.
Ce qui change pour les constructeurs
On apprend par ailleurs que la responsabilité du recyclage est directement transférée aux industriels. Ce qui signifie que les fabricants de batteries, les constructeurs automobiles et les importateurs devront mettre en place des points de collecte dans les zones où leurs produits sont commercialisés et accepter l’ensemble des batteries arrivées en fin de vie. Toute activité de recyclage ou de réutilisation sans validation réglementaire sera interdite.
Cette stratégie tranche avec l’approche actuellement poursuivie en Europe. Bruxelles travaille bien à un nouveau cadre ambitieux sur la conception, la réparabilité et la fin de vie des véhicules, avec l’objectif de renforcer la circularité de l’ensemble du parc automobile. Mais cette réforme reste transversale : elle concerne tous les véhicules, thermiques comme électriques et elle agit en amont sur l’éco-conception, le démontage et l’intégration de matériaux recyclés. La Chine consolide son avance sur la batterie et impose progressivement ses standards à l’échelle mondiale. En outre, la Chine organise aussi sa filière de recyclage des minerais des batteries et pour lequel l’enjeu économique est énorme. Rappelons qu’on 2025, le marché du recyclage des batteries électriques en Chine représentait déjà l’équivalent de 78 milliards de dollars.
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