Qui se souvient encore du Landwind CV9 ? C’était l’une des premières voitures chinoises à avoir débarqué sur notre continent. Et on ne peut pas dire que son arrivée fût glorieuse, car les résultats désastreux obtenus au crash-test de l’Euro NCAP (2 étoiles) avaient vite scellé le sort du modèle : il avait purement et simplement disparu.
Mais, comme on le sait, quinze ans plus tard, les constructeurs chinois sont méconnaissables. Ils ont évolué à une vitesse étonnante comme en atteste d’ailleurs la présentation faite par Geely la semaine dernière au reste du monde. À Ningbo, dans la baie de Hangzhou au sud de la Chine, le groupe a ouvert le plus grand centre de sécurité du monde. Avec ce mégaprojet qui pèse pour un investissement de près de 250 millions d’euros, Geely entend non seulement développer des voitures plus sûres, mais aussi envisager d’explorer la façon dont le monde envisagera la sécurité automobile dans les années à venir, notamment pour les voitures électriques et connectées.
Plus que des crashs-tests
Absolument gigantesque, ce complexe détient déjà cinq records du monde au Guinness book, dont celui de la plus grande installation de crash-tests dont la superficie dépasse les huit hectares. Le centre abrite par ailleurs des installations jusqu’ici inédites dans le secteur. Il comprend par exemple une piste d’essai (donc de crash) couverte de près de 300 m de long sur laquelle les véhicules sont projetés à grande vitesse les uns contre les autres ou contre des obstacles, le tout dans des conditions parfaitement contrôlées. L’infrastructure dispose également d’une énorme soufflerie dans laquelle on peut simuler des conditions pluvieuses, neigeuses ou, au contraire, un soleil de plomb et même des vents soufflant jusqu’à 250 km/h. Ces installations permettent à Geely de tester la résistance des voitures aux phénomènes météorologiques extrêmes, un aspect qui est aussi de plus en plus important compte tenu de ce que les voitures sont de plus en plus complexes technologiquement.
Publicité – continuez à lire ci-dessous
Cela dit, ce qui rend le centre vraiment unique, c’est qu’il va bien au-delà des essais de collision classiques. Geely évoque même le terme de « Comprehensive Safety 2.0 », un concept qui dépasse l’objectif de simplement survivre à un accident et qui englobe quatre autres finalités : n’enregistrer aucun décès, aucun risque pour la santé, aucun dommage matériel et aucune fuite de données issues du véhicule. Cela signifie que la cybersécurité, la protection des données des conducteurs et même la qualité de l’air dans la voiture sont aussi évaluées de manière approfondie.
« Golden Nose »
Le centre de Geely compte plus de soixante mannequins de crash-tests, de toutes tailles et de toutes les morphologies possibles afin de mesurer le plus précisément possible l’impact des collisions sur les hommes, les femmes et les enfants. L’un des modèles de mannequin les plus avancés – et appelé en interne « Kevin » – vaudrait même plus d’un million et demi d’euros. Et pour couronner le tout, il y a aussi une équipe de spécialiste surnommée « Golden Nose » et qui est chargée de détecter non seulement les mauvaises odeurs, mais aussi les substances potentiellement toxiques présentes dans l’habitacle.
Mais qu’on ne s’y trompe pas : si Geely a pu mettre sur pied un centre d’essai dédié à la sécurité aussi avancé, c’est en grande partie grâce à sa marque occidentale Volvo qui possède une expertise et une réputation en la matière tout simplement unique au monde et qui s’exerçait jusqu’ici dans le centre ultramoderne de Göteborg (Suède). Le savoir-faire de Volvo a évidemment joué un rôle clé dans la conception des infrastructures chinoises. Le grand patron de Geely, Li Shufu, a déjà laissé entendre à plusieurs reprises qu’il souhaitait faire bénéficier à l’ensemble du groupe de l’ensemble de l’expertise de Volvo en matière de sécurité. Chose intéressante : Geely laisse ces installations aussi ouvertes à d’autres constructeurs ainsi qu’à des institutions orientées vers la recherche comme des universités.
Remède à la guerre des prix
Mais ce qui a sans doute étonné le plus, c’est la raison première qui a motivé l’investissement de Geely dans ces installations. Selon Li Shufu, ce centre est surtout une réponse à la violente guerre des prix qui sévit toujours sur le marché automobile chinois. Geely refuse en effet de participer à cette course à la réduction des coûts et soutient que la sécurité deviendra d’ici peu l’un des premiers arguments de vente pour les voitures.
Le groupe refuse donc de faire des économies sur la sécurité tandis qu’il essaie aussi de se refaire une réputation. Car la marque Geely a été éclaboussée par plusieurs accidents mortels qui trouveraient leur origine dans un problème de poignées de porte rétractables qui n’auraient pas fonctionné et auraient empêché les occupants de s’extraire des véhicules électriques. Suite à ces incidents, le gouvernement chinois a d’ailleurs durci sa législation. Mais qu’un géant automobile chinois investisse aussi massivement dans les technologies de sécurité prouve une nouvelle fois le niveau de maturité de ces industriels.
À la recherche d'une voiture ? Cherchez, trouvez et achetez le meilleur modèle sur Gocar.be